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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Ibrahim. 40 ans. N’djamena (Tchad)

Ibrahim est Tchadien. Il est marié et père de trois enfants. Ibrahim venait de franchir la frontière au moment où nous l’avons rencontré. Il menait une vie plus ou moins paisible à N’djamena. « J’étais commerçant », dit-il. Ce qu’il l’a poussé à partir ? La guerre intestine qui a secoué le Tchad ces dernières années.


En 2006, le régime du président Idriss Déby vacillait et manquait de chuter sous les coups de boutoir d’une opposition armée. « Il y avait une atmosphère de guerre », raconte Ibrahim qui se retrouvera d’emblée mêlé aux affrontements qui déchiraient son pays. « Le gouvernement s’en est pris aux miens, à ma famille.

Mon propre père a été tué. Il était combattant au sein d’un parti qui revendiquait la démocratie. » Ibrahim prend ainsi le maquis. « Nous combattions au nord du Tchad.


J’ai ainsi passé deux ans au maquis, dans l’opposition armée », confie l’ancien activiste tchadien, avant de préciser : « Quand le coup d’Etat a échoué, j’ai quitté le Tchad le 13 avril 2006. » Direction : le Cameroun. De là, il franchit les frontières du Niger. « J’ai passé un an au Niger, puis je suis entré en Algérie. »


Ibrahim transite nécessairement par Tamanrasset où il reste six mois en vivotant des chantiers de la ville « Après, je suis monté à Alger clandestinement et y suis resté une année. Je vivais des chantiers de construction pour un salaire de 500 DA/jour. Je logeais dans une carcasse près de Dély Ibrahim. Un jour, j’ai pris le train pour Oran, et de là-bas, je suis parti à Maghnia, et de là, je suis entré à Oujda. »


Comme la plupart des migrants subsahariens, Ibrahim végète sur un terrain vague attentant au campus de l’université Mohammed 1er. Il dort dans des « tranquillos » comme on les appelle ici. « Je n’ai pas de travail.


Je suis sans nouvelles de ma femme et de mes enfants depuis plus de deux ans. Je ne sais même pas s’ils sont en vie », affirme Ibrahim. Son plan ? « Trouver de l’argent, quitte à contracter un crédit auprès d’amis tchadiens qui vivent en Europe. Je veux partir à tout prix ! La dureté du trajet ne me décourage pas.. Qui ne risque rien, n’a rien. On ne fuit pas la mort, c’est ton destin. »