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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Déclaration du Député Ngarlejy Yoronga à Cape Town (Afrique du Sud) en mars 2009

République du Tchad Unité-Travail-Progrès
Assemblée Nationale
yorongarn@yahoo.fr
yorongar@gmail.com
www.yorongar.com
Fighting Impunity and International Promoting justice African Regional Conference Questionnaire
24-25 Mars 2009
The Culliman-Southern Sun
Cape Town (Afrique du Sud)
Si Idriss Déby Itno n’avait pas ourdi un coup d’Etat militaire en République Centrafricaine (RCA) et s’il n’avait pas créé des rebellions du Darfour soudanais (Mls, Mje et Mnrd) sur le dos du régime soudanais, il y n’aurait certainement pas les inculpations du Président Oumar Al Béchir du Soudan et du Sénateur Jean-Pierre Bemba de la République Démocratique du Congo (RDC) par la Cour Pénale Internationale

Monsieur le Président,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les Participants,

Sans plus tarder, il y a lieu de vous rappeler qu’Idriss Déby Itno est l’auteur principal des massacres massifs des populations civiles sous le régime d’Hissein Habré ainsi que sous le sien propre. Rappelez-vous que le Tribunal de Dakar (Sénégal) n’a ainsi reconnu Hissein Habré que comme complice. Ce qui suppose qu’il y a un principal auteur. Il s’agit ici d’Idriss Déby Itno.

Idriss Déby sous le régime d’Hissein Habré (1979-1989) [1]

Après avoir procédé aux massacres de masse des populations civiles au Tchad sous le régime d’Hissein Habré en tant que Commandant en Chef des Forces Armées Tchadiennes de 1979 à 1990, Idriss Déby Itno et Hassan Djamous ont tenté de renverser Hissein Habré en avril 1989. Cette tentative de coup d’Etat ayant échoué par la faute d’ Idriss Déby originaire en partie du Darfour soudanais et Hassane Djamouss ayant des affinités tribales au Soudan se sont réfugiés au Soudan d’où ils ont organisé la rébellion armée. Grâce à l’aide massive du Président Oumar El Béchir du Soudan ; Idriss Déby Itno est arrivé au pouvoir à N’Djaména en éliminant au passage Hassan Djamouss

Idriss Déby Itno sous sa propre administration (1990 à nos jours) [2]

C’est ainsi qu’Idriss Déby Itno a conquis le pouvoir à N’Djaména, le 1er décembre 1990, en chassant Hissein Habré. Il créera une commission d’enquêtes sur ses propres crimes perpétrés sous le régime d’Hissein Habré. Seuls les fosses communes préalablement choisies par lui-même sont visitées par ladite commission. Par conséquent, le travail effectué par cette commission a le goût d’inachevé. C’est ainsi que les régions de l’est du Tchad à laquelle il est originaire, du nord, du centre et de N’Djaména sont explorées à des fins de propagande de politique internationale pour se laver la conscience tandis que les autres régions où il a particulièrement sévi avec une violence inhumaine ne l’ont pas été ou presque (viols des femmes, des gamines, et des vieillardes, des femmes enceintes égorgées et les bébés qu’elles portent sont extraits et publiquement égorgés à leur tour, des sexes des hommes coupés et bourrés dans leur bouche, des seins des femmes coupés et enfoncés dans leur bouche, des villages et églises entièrement effacés de la carte du Tchad pour en faire des exemples afin de dissuader toutes velléités de contestations contre le régime dont il est le rempart etc.

Donc, la commission créée par Idriss Déby pour le besoin de sa propre cause a effectué naturellement un travail inachevé, je dirais un travail orienté préalablement par lui. Sous sa propre administration en tant que chef de l’Etat de 1990 à nos jours, il est également coupable des pires crimes tant au Tchad que dans la sous région.

A propos du Darfour soudanais [3] : Si Idriss Déby Itno n’avait pas conspiré contre Oumar El Béchir du Soudan par la création des rébellions du Darfour soudanais, ce dernier ne serait pas sous le coup du mandat d’arrêt internationale de la Cour Pénale Internationale

La communauté internationale est manipulée par Idriss Déby Itno par des propagandes mensongères. Comment Idriss Déby Itno en est-il arrivé à créer, de toutes pièces, les rébellions du Darfour soudanais ?
Quand, le 1er avril 1989, une tentative de coup d’Etat contre le régime de M. Hissein Habré a échoué, Idriss Déby et Hassane Djamouss ont décidé de fuir vers le Darfour soudanais dont le père de M. Idriss Déby est originaire. M. Idriss Déby lui-même y était d’ailleurs né et y a vécu jusqu’à l’âge de sept ans avant de mettre les pieds, pour la première fois, au Tchad.

En effet, c’est à partir de ce Darfour soudanais que MM. Hassane Djamouss et Idriss Déby avaient organisé la rébellion armée qui emmena celui-ci au pouvoir, le 1er décembre 1990. Blessé par une balle amie tirée dans des conditions troubles, capturé par les hommes d’Hissein Habré, ramené à N’Djaména, Hassane Djamouss est torturé avant d’être abattu dans sa cellule, le 1er décembre 1990, jour où Hissein Habré a pris la fuite devant les hommes d’Idriss Déby Itno assistés dans cette marche victorieuse par les militaires soudanais mis à sa disposition par le Président Oumar El Béchir et par les mercenaires de Bob Denard venus de Moroni et financés par la société française ELF. En succédant à Hassan Djamouss à la tête de la rébellion en 1989-1990, faut-il rappeler qu’Idriss Déby Itno avait eu des aides massives en armements et surtout en hommes de la part de M. Oumar Al Béchir, Président du Soudan. Comme on l’a vu, ce dernier a mis à sa disposition des militaires réguliers de l’armée soudanaise tels M. Minawi, devenu aujourd’hui président du MLS, Dr Khalil, aujourd’hui, président du MJE etc.

C’est ainsi qu’Idriss Déby a conquis le pouvoir, le 1er décembre 1990, à N’Djaména. La suite est connue : Hassane Djamouss est trouvé mort dans sa geôle. Idriss Déby Itno s’est autoproclamé Président du Tchad. A cette occasion, il a déclaré : « Je ne vous apporte ni or ni argent, mais la liberté et la démocratie... ». Cette liberté et cette démocratie seront chèrement payées par le sang des Tchadiens jusqu’à nos jours. Le palme d’or de sang lui est décerné par M. Ngarlejy Yorongar dans son livre intitulé consacré au Tchad, le Procès d’Idriss Déby, témoignage à charge, Editions l’Harmattan, septembre 2003. Ce livre qui n’est autre que la déposition de l’auteur devant le Tribunal de la grande instance de Paris est validé par cette instance judiciaire française dans un procès intenté par Idriss Déby Itno contre feu François-Xavier Verschave, auteur de Noir silence, qui arrêtera la Françafrique, Editions Les Arènes, 2000, procès qu’il a perdu en première instance comme en appel.
Tous les militaires soudanais qui ont amené M. Idriss Déby étaient intégrés dans l’armée tchadienne, dans les services de sécurité et les éléments civils dans la haute administration du Tchad jusqu’au jour où les Américains ont poussé la rébellion de John Garang du sud soudanais vers un règlement pacifique de la guerre qui fait également beaucoup de victimes comme au Tchad.

Voyant que la paix au sud Soudan avec M. John Garang allait permettre aux populations chrétiennes du sud soudanais de profiter de la manne pétrolière qui vient de jaillir des entrailles du sol soudanais, Idriss Déby a mué les soldats soudanais mis à sa disposition par le Président Al Béchir en rebelles contre ce dernier. Il va les former, entraîner et armer grâce aux 25 millions de bonus pétrolier que lui a consenti, en 2000, le consortium avec l’accord de la Banque Mondiale pour tester sa capacité de gestion des revenus pétroliers, et ce, avant que ne coule le pétrole tchadien dans les pipelines Tchad-Cameroun.

Faut-il noter que la raison essentielle de l’implication de la Banque Mondiale dans le projet pétrolier tchadien est de faire de la gestion de ces mannes pétrolières, un projet-test de la lutte contre la pauvreté. Mais, sous les propres yeux et à la barbe de celle-ci, Idriss Déby a détourné, sans gêne, ce bonus pétrolier pour acheter des armes, des munitions, véhicules etc. en Ukraine pour équiper les rébellions du Darfour dont il lancera les premières opérations sur le terrain à partir du 1er décembre 2003.

En effet, sous prétexte de fêter l’anniversaire de sa prise de pouvoir à Tiné-Tchad qui est séparé par Tiné-Soudan par un Wadi (fleuve intermittent), Idriss Déby Itno a réuni les chefs traditionnels du Darfour soudanais et tchadiens pour leur demander leur soutien pour parvenir à ses fins dans l’intérêt de toute la région du Darfour sans frontière. A l’issu de cette fête, il se retira de Tiné-Tchad à Abéché pour lancer les premières opérations militaires des rébellions du Darfour soudanais qu’il a patiemment mises sur pied.

Une fois les armes et matériels de guerre achetés en Ukraine avec l’argent du bonus pétrolier par MM. Ismaël Shaïbo, directeur actuel de la police politique et Adouma, son homme lige sont stockés en territoire soudanais à l’abri des yeux indiscrets. A la suite d’une demande d’extradition formulée contre des responsables des rébellions du Darfour soudanais par Oumar Al Béchir, M. Adouma sera arrêté, torturé (sa langue sectionnée afin qu’il ne fasse des révélations), jugé, condamné de manière expéditive et exécuté. Alors que Oumar Al Béchir a demandé l’extradition d’une douzaine de soudanais qui ont trempé dans la création du MJE et du MLS, Idriss Déby Itno l’endort en lui offrant Adouma sur un plateau d’argent.

Nous vous rappelons à toutes fins utiles que ces militaires soudanais venus dans la soute d’Idriss Déby Itno ont, au Tchad, commis de décembre 1990 à octobre 2003, les pires génocides, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, barbaries des plus inimaginables4.
Comme un pompier pyromane, Idriss Déby qui allait être emporté par sa sordide stratégie se pose en victime alors que c’est lui qui :

 créa les Djandjawide du Darfour soudanais d’abord pour commettre des pires barbaries dans cette partie du pays d’Oumar Al Béchir pour ensuite les imputer aux milices de ce dernier

 inventa, dans l’est du Tchad les Toroboro (Djandjawide version tchadienne) dans le seul dessein de faire massacrer les populations civiles tchadiennes habitant le long de la frontière entre les deux pays pour faire croire à la communauté internationale que ce sont des Jandjawid soudanais qui traversent la frontière pour commettre ces crimes gratuits au Tchad 

 remplit les camps des réfugiés soudanais par les Tchadiens pour faire croire à la communauté internationale qu’il s’agit bel et bien des réfugiés soudanais alors que ces derniers ne représentent que 1% des réfugiés tchadiens transformés en réfugiés soudanais,

 recruta les enfants soldats dans ces camps de réfugiés aussi bien pour son armée que pour le compte des rébellions du Darfour soudanais etc.
Le système des Nations-Unies, les pays qui incarnent la communauté internationale au Tchad, les humanitaires sont parfaitement au courant de ces pratiques révoltantes.

Force est de relever que les rebelles soudanais :

 suppléent l’armée nationale tchadienne ;

 déambulent dans les villes comme Abéché, Biltine, Adré, Goz-Beida, Tissi, Am-Timane, Mongo, N’Djaména etc. au vu et au su de tout le monde ;

 font la guerre contre les rebellions tchadiennes en lieu et place de l’armée nationale tchadienne qui n’existe que de nom ;
Itno à N’Djaména au vu et au su des représentants de la communauté internationale
 assurent la sécurité personnelle d’Idriss Déby etc.

Monsieur le Président,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les Participants,

 

C’est depuis le 16 septembre 1963 à Fort-Lamy devenu N’Djaména que les premiers coups de feu ont été tirés au Tchad par des ressortissants tchadiens originaires du nord du pays pour revendiquer des postes de responsabilités politiques. Deux ans plus tard, le 22 juin 1966, une rébellion armée dénommée, le Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) est créée à Nyala au Soudan. Depuis lors, le Tchad est devenu le centre africain d’expérimentation des revendications politiques par les armes à partir du Soudan (MM. Hissein Habré, Idriss Déby etc.) et le champion d’Afrique noire francophone des guerres civiles, d’interventions étrangères, des moult négociations et signatures d’accords sectoriels de paix, négociations et accords qui n’ont jamais mis fin à ces interminables guerres fratricides jusqu’à date soit quarante neuf (49) ans durant.

La communauté internationale incarnée par les Nations-Unies s’était employée à mettre autour de la même table, les belligérants de Sierra-Leone et du Libéria en vue de régler, par la voie pacifique, les conflits meurtriers et sanglants qui sévissent dans ces deux pays.
Oui, la même communauté internationale avait tenté le règlement pacifique du conflit congolais (RDC) par un dialogue inclusif regroupant autour d’une même table, les rebellions armées et l’ensemble des partis politiques de l’opposition démocratique, règlement pacifique ayant abouti à un accord générateur de la paix et à des élections démocratiques et transparentes.

Oui, la même communauté internationale a tenté de mettre les belligérants soudanais (tous les rebelles sans exclusive et le gouvernement) autour d’une seule et même table à Abuja (Nigeria) en vue de parvenir à un accord de paix global du conflit sanglant du Darfour. Mais, s’agissant du Tchad, pourquoi, cette même communauté internationale interdit tout dialogue avec les rebelles tchadiens en vue d’un règlement du conflit tchadien qui fait tant de victimes et qui n’a que trop duré ?

Pourquoi deux poids deux mesures pour le règlement des guerres civiles de même nature ? Pourquoi la communauté internationale refuse-t-elle aux Tchadiens ce qu’elle accorde aux ressortissants d’autres pays ?
Auteur des trafics divers avérés comme ceux de Noriega, ancien Président du Panama qui moisit présentement en prison aux Etats-Unis, Idriss Déby Itno s’en sort à bon compte alors qu’il est coupable notamment de :

 100 kg de drogues saisis à l’aéroport international de Düsseldorf (Allemagne) sur son dealer et conseiller spécial, M. Djamal Aganaye, qui moisit présentement en prison en Allemagne (20 ans de prison ferme) ;

 l’équivalent de 2 milliards FF en fausse monnaie de l’Etat de Bahreïn saisis, en juillet 1998, à l’aéroport Charles De Gaulle de Paris (France) sur ses complices, à savoir, son conseiller spécial, M Hassane Fadoul Kittir et ses amis chargés de sales besognes à savoir Idriss Outman, Directeur général de la banque de Développement du Tchad (depuis décrété Député de la République par son mentor) et Pédro Lazare, homme d’affaires et porte-valises qui, après quelques jours au commissariat seront libérés sans procès par les hautes autorités françaises pour raison d’Etat ;

 plusieurs dizaines de milliards de faux FCFA à Abidjan (Côte d’Ivoire), à Lomé (Togo), au Nigeria etc. ;

 pierres précieuses lors de ses interventions militaires auprès de l’armée de Mubutu au Zaïre puis auprès de celle de Kabila en République Démocratique du Congo ;

 de diamants et autres en RCA lors de ses interventions militaires en RCA ;

 divers faux monnayages à travers le monde notamment au Liberia ;

 des mercenaires (Togo, Rwanda, Irak de Saddam Hussein etc.).

Le problème posé ici est celui de l’équité et de la justice. Si le Président Oumar Al Béchir doit répondre de ses actes dans le Darfour, Idriss Déby Itno doit répondre également des siens. Autrement dit, cette justice à deux vitesses encourage l’impunité et anéantit du coup l’espoir que la création de a Cour pénale Internationale a suscité en Afrique, terre de prédilection des impunités.

C’est pourquoi, il est souhaitable que la vérité des faits et gestes d’Idriss Déby soit sue afin que la communauté internationale soit objective dans ses analyses, ses décisions lors qu’il s’agit de ce drame qui se joue au Darfour soudanais et tchadien.

S’il n’y avait pas de coup d’Etat militaire perpétré par Idriss Déby contre Ange Félix Patassé en République Centrafricaine, il n’y aurait pas l’inculpation de Jean-Pierre Bemba, sénateur de la République Démocratique du Congo par la Cour Pénale Internationale (CPI)

Si Jean-Pierre Bemba est intervenu en RCA, c’est parce qu’Idriss Déby Itno utilisait sa propre armée régulière pour tenter de renverser le régime d’Ange Félix Patassé de la RCA.

Exfiltré par l’armée tchadienne qui se trouvait à Bangui dans le cadre de l’accord de paix en RCA parrainé par les chefs d’Etat de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), le Général Bozizé est installé par Idriss Déby à Sarh, à la frontière du Tchad et de la RCA. Il mettra à sa disposition des militaires de l’armée régulière tchadienne pour la conquête du pouvoir à Bangui. Voyant le danger venir, le Président Ange Félix Patassé demanda à Jean-Pierre Bemba d’intervenir à ses côtés pour sauver son régime. C’est ainsi que celui-ci est intervenu en RCA avec l’appui aérien de l’armée libyenne. Si Idriss Déby n’intervenait pas en RCA, M. Jean-Pierre Bemba serait resté dans sa RDC natale.
Aussi, faut-il le rappeler, les militaires tchadiens se sont comportés exactement sinon pire en RCA que ceux de Jean-Pierre Bemba. Il suffit d’une enquête indépendante pour vérifier le bien fondé de cette allégation.

Pourquoi deux poids deux mesures ?

Pourquoi, Oumar Al Béchir du Soudan qui a été épinglé comme Idriss Déby dans le même rapport des experts indépendants diligenté par le Conseil de Sécurité a-t-il été inculpé par la cour Pénale Internationale et pourquoi pas Idriss Déby ? Pourquoi avoir cédé au puissant lobbying d’Idriss Déby Itno en expurgeant purement et simplement son cas de ce rapport accablant pour permettre l’inculpation de Oumar Béchir seul ? Pourquoi, la Cour Pénale Internationale inculpe-t-elle Thomas Lubanga alors qu’Idriss Déby recrute également des enfants soldats aussi bien pour sa propre armée que pour les rébellions du Darfour ? Pourquoi, la Cour Pénale Internationale inculpe-t-elle Jean-Pierre Bemba pour génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre perpétrés par ses hommes en République Centrafricaine (RCA) et pourquoi pas Idriss Déby dont les militaires commettent les mêmes sinon les pires crimes dans ce pays ? Pourquoi Charles Taylor et pourquoi pas Idriss Déby ? Pourquoi MM. Thomas Lubanga Dyilo, Katanga, Ngudjolo et Bosco Ntaganda et pourquoi pas Idriss Déby ? Pourquoi les Ministres d’Oumar El Béchir et pourquoi pas les responsables des Toroboro (Djendjawide) d’Idriss Déby qui ont perpétré ces mêmes crimes au Tchad ainsi qu’au Soudan ? [4]

Pourquoi alors deux poids deux mesures ?

Monsieur le Président,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les Participants,

Au risque de décevoir les Africains et singulièrement les Tchadiens, la Cour Pénale internationale (CPI) dont la création est saluée, applaudie et considérée comme étant le seul moyen de lutter efficacement contre l’impunité en Afrique ne peut pas juger Jean-Pierre Bemba pour des crimes contre l’humanité, crimes de guerre et viols massifs des femmes commis par ses militaires en RCA sans juger Idriss Déby pour les mêmes crimes qu’il a également commis dans ce même pays.

Elle ne peut pas non plus juger Oumar El Béchir et ses Ministres à savoir Ahmed Haroun de l’Intérieur et Ali Kosheib responsable des Djendjawid soudanais pour les cinquante et un chefs d’accusation retenus contre eux sans juger Idriss Déby, ses complices, ses protégés en l’occurrence les rebelles soudanais et les pourvoyeurs de fonds et d’armes qui lui ont permis de commettre les mêmes crimes aussi bien au Soudan qu’au Tchad.

De même, la CPI ne peut pas juger Thomas Lubanga, Ngudjolo et Bosco Ntaganda, Joseph Kony, leader de l’armée de la Résistance du Seigneur (LRA) et ses quatre lieutenants (Vincent Otti, Raka Lukwiya, Okot Odhimbo Dominic Ongwen) inculpés de crimes contre l’humanité, crimes de guerre, meurtres, enlèvements et enrôlement d’enfants soldats, viols, esclavage, tortures etc. sans juger Idriss Déby Itno pour les mêmes crimes qu’il a commis lui aussi au Tchad et au Soudan.
Enfin, le Tribunal de sénégalais initié par l’Union Africaine ne peut pas juger Hissein Habré le complice d’Idriss Déby sans juger l’auteur principal en la personne d’Idriss Déby Itno.

Idriss Déby, un « criminel invétéré » doublé de « gourou » sans pitié [5]

Non seulement Idriss Déby émascule ses victimes, coupe les seins des femmes, fait éventrer les femmes enceintes pour ensuite en extraire d’elles des bébés qu’il fait égorger etc., mais il torture personnellement ses adversaires politiques,. Pour preuves, ce cas atypique pour illustrer mon propos.

(…)

Voilà résumée la vraie nature d’Idriss Déby, chef de l’Etat du Tchad. Chacun de vous peut avoir les forces détails dans les livres de Ngarlejy Yorongar et de François-Xavier Verschave etc. [6]

L’impunité est née de l’absence de l’équité et du défaut de la justice en Afrique. Pour corriger cette tare, la Cour pénale Internationale appelée de tous nos vœux doit prendre les taureaux comme Idriss Déby Itno par les cornes quels qu’ils soient et quelle que soit la puissance de leur lobbies

Je vous remercie de votre bienveillante attention.


[1] Ngarlejy Yorongar : Tchad, le procès d’Idriss Déby, témoignage à charge, Editions l’Harmattan, 2003.

[2] Ngarlejy Yorongar : Tchad, le procès d’Idriss Déby, témoignage à charge, Editions l’Harmattan, 2003.

[3] Tchad, le procès d’Idriss Déby, témoignage à charge, Editions l’Harmattan, 2003.

[4] En 1999, invité par l’Assemblée Générale des Nations Unies pour les Droits de l’Homme à prendre la parole au cours de sa session ordinaire à Genève, j’ai, dans ma déclaration, demandé aux Nations Unies de traduire, devant les tribunaux internationaux, les chefs d’Etat comme Hissein Habré et Idriss Déby, qui se sont rendus coupables des génocides, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre, des actes de barbarie…(annexe 1).

[5] François-Xavier Verschave : Noir procès, op. Cit.

[6] Le Tchad, le procès d’Idriss Déby, témoignage à charge, op.cit., Les voyous de l’Arche de Zoé, Editionn, Duboisris, 2008 (www.yorongar.com) ; Chad-Cameroun Petroleum Development and pipeline Project (Loan 4558-CD) ; Menagement Capacity Building Project (Credit 3373-CD) – Panel Report and Recommandation, www.inspectionpanel ;org; Noir silence et noir procès de François-Xavier Verschave, Editions Les Arènes (www.survie.org ou www.arenes.com) ;.