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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

LETTRE OUVERTE AUX BLOGGERS ET INTERNAUTES TCHADIENS.
 
Abdallah Chidi,
Websmaters de Tchadhanana.

NE VOUS TROMPEZ PAS DE COMBAT NI D’ADVERSAIRES !

 

Vous voudrez bien excuser la liberté que j’ose prendre ici à travers cette interpellation collective ; la raison en est simple : ce que je constate en vous lisant ces derniers temps, sur le net, me donne des frissons. Et je pense qu’il est temps que les uns et les autres fassent un effort de recours à la raison, sinon nous allons tous tout droit au mur.

J’aime mon pays de tout mon être, et je souffre chaque jour qu’Allah Tout Puissant fait, au spectacle du supplice permanent que ma pauvre patrie endure depuis 19 ans.

S’il vous plait, ne me prenez pas pour un objecteur ou un directeur de consciences. Je souhaite tout simplement que chacun de nous, enfants du Tchad, soit libre de penser ce qu’il veut, sans toutefois jamais s’enlever de la tête que notre pays a un problème énorme. Un problème qui se nomme Idriss Deby Itno.

Comme tout problème celui-ci exige d’être résolu.

Mais il faut le dire : l’une des solutions de ce problème est… Idriss Deby lui-même. En effet, il suffirait que l’actuel saigneur (j’ai bien dit saigneur) et maitre du Tchad se range sur la voie de la raison en appelant tous les acteurs politiques – civils et militaires - autour d’une même table aux fins d’un dialogue sincère et constructif pour que notre pays meurtri recommence à vivre.

Mais il ne le fera jamais, car il n’est animé que par un seul instinct : celui de la domination par la loi des armes. Il est arrivé au pouvoir par la guerre, il ne consentira à quitter ce pouvoir que par la force de la kalachnikov et des missiles sol-sol.

Il n’a jamais consenti à octroyer la plus infime concession à ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, ou qui pourraient oser penser que le Tchad pourrait être gouverné autrement. C’est lui seul qui a raison, et a toujours eu raison. C’est lui seul qui est capable de régner sur le Tchad. C’est lui seul qui a le verbe de l’absolu. Et c’est en cela qu’il est dangereux, car un grand philosophe a dit que « celui qui pense qu’il n’a jamais tort n’a, en réalité, jamais raison. »

Si jamais Deby décidait de changer radicalement de politique, s’il réalisait enfin qu’aucune nation ne s’est jamais construite sur la base de l’exclusion ou de l’ostracisme, le Tchad et les Tchadiens pourraient facilement lui pardonner tout le mal qu’il a leur fait depuis ce jour de 1990, où il a déclaré à tout un peuple: « je vous ai apporté la liberté. »

Mais quelle liberté ? Celle de fuir notre propre pays si nous tenons à vivre ? Celle de nous mettre à genoux, de plier l’échine, et lui lécher les orteils faute de quoi nous sommes considérés comme des rebelles ? Celle de nous taire et de supporter ses excès, les abus de ses amis, et les frasques des amis de ses amis ?

Ou encore, mais c’est la plus absurde, la liberté de mourir sur un champ de bataille en protégeant son régime pourri jusqu’à l’os…

 Mais au dessus de tous ces choix que chacun de nous peut opérer en toute liberté, il y a celui qui consiste à dire NON à cette tyrannie grotesque, de faire face et de combattre l’ignominie par tous les moyens – et même au prix du sacrifice de sa vie – pour contribuer à mettre fin à la dictature et à l’asservissement.

Bien évidemment, une autre solution – qui est même LA solution – est que Idriss Deby Itno soit chassé du pouvoir par les patriotes qui ont refusé  de vivre dans l’immense prison qu’est le Tchad, et dont le geôlier en chef n’est autre que notre infaillible général d’armée- président de la République- chef de l’État, son excellence IDI.

Un proverbe africain dit ceci : « si la terre tourne, tu tournes avec elle.» C’est vrai, mes frères. C’est ainsi que si le Tchad va mal, nous nous portons mal avec lui. Quelles que soient les illusions que nous pourrions nous faire.

C’est ainsi que j’en viens alors à la préoccupation centrale de mon interpellation : Je lis matin, midi, et soir le fruit des réflexions, analyses, voire coups de gueules des uns et des autres sur les divers sites et blogs tchadiens qui nous donnent encore la possibilité de garder l’espoir que tout n’est pas totalement perdu.

Mais depuis un petit moment, je constate avec amertume comme une volonté franchement affirmée par certains « bloggeurs » ou animateurs de sites, de semer la confusion, la division, et même le doute dans l’esprit des Tchadiens à travers la toile.

De façon récurrente, ces derniers temps j’ai en effet constaté par ci des éloges trop beaux pour être vrais en faveur de tel mouvement politico militaire ; pendant que dans un autre site un chef militaire d’une faction différente, et non rivale, est taillé en pièces.

Pourtant il est clair, constant, et définitivement évident que la première condition pour le Tchad d’accéder à la liberté ainsi qu’à une option démocratique passe par l’éviction d’Idriss Deby Itno.

Ceci est aussi vrai que ce proverbe Tchadien qui dit que : « même la nuit le lait est toujours blanc. »

 C’est dire que ceux des internautes qui trouvent un malin plaisir à dénigrer les formations, ou leaders politico militaires doivent comprendre que, quels que soient leurs mots aigres vomis sur ces vaillants patriotes, ceux-ci demeurent pour le peuple Tchadien comme le lait, fût-ce au milieu de la nuit la plus noire.

Quant à ces autres internautes qui, parce que profitant de quelques petites prébendes, se complaisent à trouver des qualités au « monarque » en place à Ndjamena, pour ne réserver aux patriotes politico militaires que des quolibets, et des récriminations, je demanderai de méditer sur ce proverbe sénégalais : « avant de médire, tourne-toi pour regarder derrière toi. »

En effet, qu’ils ouvrent bien leurs yeux et s’essayent à l’établissement d’un bilan de la situation de leur pays depuis 19 ans. Qu’ils mesurent tout le mal et tout le gâchis infligés au Tchad et aux Tchadiens depuis deux lustres.

Qu’ils osent seulement constater qu’au lieu de pourvoir nos villes en centrales thermiques pour l’électricité, ou de construire des écoles et des hôpitaux, le colonel – général auto proclamé – Deby préfère acheter des canons, chars d’assaut, avions et hélicoptères dans la seule logique de demeurer militairement le plus armé.

Quelle présomption de bonne foi peut-on accorder à un chef d’Etat qui reste convaincu que personne, dans un pays aussi riche que le Tchad, n’a le droit  de savoir combien rapporte le pétrole ou les autres ressources naturelles ?

Omar Bongo vient de mourir au pouvoir après 41 ans de règne sans partage sur un pays qu’il avait transformé en sa propriété personnelle. Les Gabonais le méritaient peut-être.

En l’espace de 19 ans, Idriss Deby a fait du Tchad un petit territoire sur lequel il a le droit de vie et de mort sur tous les habitants. Et rien ne laisse même seulement deviner qu’il envisage seulement une éventuelle alternance. Les Tchadiens ne le méritent pas.

 Alors que faire face à un homme comme celui là qui rêve de mourir au pouvoir comme Omar Bongo dans 20 ou 25 ans ? Soyons sérieux mes frères, nous n’avons pas d’autre choix que de reporter tous nos espoirs et toutes nos espérances que sur la résistance politico militaire qui, seule, pourra nous libérer d’un homme qui n’aime ni le Tchad, ni les Tchadiens, mais uniquement le pouvoir.

ABDALLAH CHIDI DJORKODEI
      TCHADHANANA