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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

L'ancien président du Tchad, le général Félix Malloum est mort. Il laisse derrière lui un pays  exsangue, un pays aux abois, une situation sans issue dans les mains du général Déby, son frère cadet d'armes. Il faut dire qu'en ce moment le Tchad est comparable à un véhicule conduit par un chauffard, qui a pris une voie sans issue, avant de s'embourber dans le sable ou dans la boue. Impossible d'avancer, impossible de faire demi-tour. Le chauffard coupe la tête de tout passager qui ose broncher.

Quel a été le rôle de Félix Malloum dans cette situation catastrophique que nous vivons aujourd'hui ? C'est à cette question que nous allons tenter d'apporter une réponse qui n'engage que nous. Avril 1975 : le général a été sorti de prison par les militaires qui se sont emparés du pouvoir laissé vacant à la suite de la mort de Tombalbaye. Du coup, après moults tergiversations, Félix Malloum a été désigné contre toute attente, comme le successeur de Tombalbaye.

Les premières intentions du présidents Malloum étaient louables : la réconcilication nationale était l'objectif primortidiale. La rébellion du nord du pays allant grandissant, était désormais connue du monde entier avec l'affaire Claustre, du nom d'une ethnologue Françaises enlevée par les rebelles d'Hissein Habré. U n militaire Français, le commandant Galopin a été envoyé en négociation.20Il a été capturé, torturé et tué par Hissein Habré. Il fallait donc s'activer à réunir les Tchadiens mécontents du règne du dictateur Tombalbaye. La deuxième mesure louable prise par Malloum et qui lui a coûté très chère par la suite, est d'avoir demandé et obtenu le départ des troupes françaises du Tchad. Giscard ne le lui pardonnera jamais, allant jusqu'à appuyer Hissein Habré en février 1979 à l'éclatement de la guerre civile. Il s'agit pourtant, là, d'une initiative louable quand on sait le rôle déterminant que ces troupes étrangères françaises ont joué dans la discorde entre Tchadiens. L'accord de défense a été revisée et remplacée par un accord d'assistance technique.

Dans le cadre de la politique de la réconciliation nationale, la main a été tendue dans un premier temps à Goukouny Weddeye. Ce dernier, sûr de son soutien libyen, a refusé cette main tendue. Hissein Habré, qui s'était entre temps séparé de Goukouny, a accepté, du moins du bout des lèvres, et non d'un bon coeur, la proposition de paix de Malloum. C'est ainsi que le tandem Malloum-Habré a vu le jour. Mais dès sa prise de fonction en tant que Premier Ministre, Habré a entrepris une série d'actes diaboliques qui allaient nous plonger dans la=2 0situation cahotique que nous connaissons aujourd'hui. Malloum parlait de paix, Habré pr=C 3parait une guerre civile nord-sud : l'ex-rebelle a d'abord refusé d'intégrer ses FAN dans les rangs de l'armée nationale comme le stipulaient clairement les accords de Khartoum. Première violation des accords de réconciliation nationale qui n'a pas attiré l'attention du Président de la République, Félix Malloum. Les premiers mois qui ont suivi son arrivée à N'Djaména, Hissein Habré était gardé par des gardes-corps envoyés par le présient de la République. Ces gardes-corps étaient originaires de toutes les régions du Tchad. Un beau matin, Habré les a tous renvoyés pour s'entourer uniquement de gardes-corps FAN. Un acte de plus qui n'a toujours pas attiré l'attention du président sur les intentions cyniques du premier ministre Habré. Ce dernier s'est permis un jour de se rendre dans les locaux de la radio Tchad pour arracher le micro à un speaker Sara. Hissein Habré avait décidé de ne plus entendre la langue sara sur les antennes de la radio Tchad. A la place du sara, on devait parler l'arabe, langue unitaire des musulmans du nord. Geste odieux qui n'avait toujours pas réveillé Malloum de son sommeil. Et  quand Habré s'est rendu compte que son Président était de nature a tout laisser passer, il a décidé de passer à la vitesse supérieure : une campagne d'intoxication a ét=C 3 déclanché dans les quartiers nords de N'djaména. Pour Habré, "les Sudist es ne sont pas des Tchadiens. Ils sont des immigrés au Tchad. Ils sont les esclaves des Nordistes Ils ont usurpé le pouvoir qui revient de droit aux Nordistes, vrais Tchadiens. Tombalbaye est le symbole des sudistes esclaves. Tombalbaye a persécuté les Nordistes pendant son règne et il est temps que les Nordistes se vengent des Sudistes dont Tombalbaye est le symbole. Il y a trop de sudistes dans l'administration. Il faut les élimner et les remplacer par des Nordistes... etc. etc." Ce discours a trouvé un large écho auprès des jeunes. C'est ainsi que sous le règne de Habré, les exactions au sud ont été bénies depuis la présidence à N'djaména. Des villages entiers ont été brûlés, les habitants, paysans, abattus comme des chiens, ou ligotés jusqu'à ce que mort s'en suive par asphyxie. Le Moyen Chari, dont est originaire Tombalbaye a payé le plus lourd tribut: tous les cadres ont été exécutés sur ordre de Habré à l'occasion d'une opération minutieusement préparée et baptisée "Septembre Noir". Puis Habré s'est retourné vers ceux qui l'ont amené au pouvoir : Hadjérayes, Zagawa, ont été tour à tour pris pour cibles... La suite se passe de commentaire.

Quand on demande purquoi tout cela, les habréistes ont une seule et même réponse : sous Tombalbaye, i l y avait pire. Il faut dire franchement, qu'en accédant au pouvoir, Habré n'avait a ucun programme politique, autre que la vengence. En huit ans de règne, il n'a pas laissé le moindre centimètre de goudron, ni le moindre dispensaire, ni la moindre école. Par contre, les veufs, les veufs et les orphelins de Habré se comptent par dizaine de milliers au Tchad.

Aujourd'hui, les habréistes tentent en vain de faire passer ce genre de discours anti sudistes sur des sites internet dédiés à leur maître Habré qui a eu le temps de leur transmettre le virus de la rage. Ils s'en prennent aux défenseurs des droits de l'Homme devenus leur boucs émissaires par excellence. Je dis tout simplement aux habréistes : "constituez des dossiers contre tout criminel ou soupçonné comme tel au Tchad et saisissez n'importe qu'elle juridiction dans le monde. Justice doit être rendu au peuple Tchadien. Mais en attendant, commençons par Habré. On dispose des preuves accablants contre lui".

Pour en revenir à notre sujet principal, c'est Félix Malloum qui nous a plongé dans cette situation. en aucun moment, il n'a pris ses responsabilités pour dire halte à Habré. A maintes reprises, on lui a demandé d'arrêter Hissein Habré ou au moins, de le démettre de ses fonctions de Premier Ministre. Mais il faisait savoir à quiconque que s'il arrêtait Habré, c'est tout le processus de réconcilitation natio nale qui était remise en cause. Il croyait à cette réconciliation, mais il avait e n face de lui un chien enragé. Que fait-on d'un chien enragé au Tchad ? On l'abat pour éviter qu'il ne propage la rage.

Aujourd'hui, on se rend compte que Malloum avait l'occasion de donner une autre direction à l'histoire du Tchad. Si Habré avait été arrêté et condamné à l'époque, le Tchad y gagnerait beaucoup. Il n'y aurait pas eu plus de 40 000 morts parmi lesquels beaucoup de cadres du Nord comme du Sud. Il n'y aurait pas eu simplement un Idriss Déby à la tête du Tchad. Si Habré a été arrêté à temps, le Tchad serait aujourd'hui un pays avancé en toute matière. 

Mais en définitive, on ne peut en vouloir indéfiniment à Malloum malgré tout. Il a voulu à sa manière, éviter toute effusion de sang au Tchad en 1979. Mais il n'a pas été compris par la partie adverse, Hissein Habré, qui, lui avait soif du sang.

Que la terre soit légère à Félix Malloum.

BELEMGOTO Macaoura