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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak



C’est décidé, Me Wade et son gouvernement vont montrer à l’opposition significative réunie au sein de Benno Siggil Senegaal qui commande, et de quel bois ils se chauffent. Cela leur apprendra à gagner les élections locales au nez et à la barbe de tout un parti-Etat en ordre de bataille électoral.

 

Alors que ces élections devaient être le point de départ  du projet de succession dynastique prêté à notre Président bien aimé, ces « loosers » du Ps, de l’Afp et des micro-partis de l’opposition ont mis du sable dans le mécanisme, bien involontairement. Car tout était bien parti pour que Me Wade et son parti, comme à leur suspecte habitude, appliquent à ces joutes la formule victorieuse qui leur avait permis de rafler la mise en 2007 à la surprise générale. Une surprise communément partagée si l’on se souvient que le lendemain, Dakar et le Sénégal étaient groggy au même titre que les vainqueurs eux-mêmes, incapables de fêter leur victoire.


Une réalité amère pour les partis de l’opposition qui se retrouvaient classés, au mieux, à des années-lumière en termes de suffrages exprimés du président de la République qui se présentait à sa propre succession. Quant aux micros-partis, ils avaient récolté des poussières de voix qui étaient bien insuffisantes pour redorer l’égo de leur Lider Maximo mis à mal par des années d’opposition sèche et aride en termes d’équation des moyens de lutte politique. Pire, c’est un membre éminent de la famille libérale, autrefois banni par le Pape du sopi, mais jamais trop éloigné de la maison paternelle, qui leur avait tenu la dragée haute en étant consacré par le suffrage universel second après le candidat à abattre. L’échec était vraiment total et amer. Ces populations, dont on ne comprend jamais assez les motivations profondes, s’étaient permis de remettre en selle celui qui les laissait patauger dans les inondations, vivre dans la misère, souffrir les pénuries alimentaires et énergétiques, les poussait à braver dans un dernier sursaut « Barça ou Barxac » (copyright Madior Fall de Sud Quotidien). Il faudrait sans doute un aréopage de savants et de psy en tous genres pour comprendre la complexité de l’homo senegalensis.


C’est sans doute ce que doivent se dire les perdants d’aujourd’hui. Ils auraient eux-aussi bien besoin de comprendre les grilles de lecture des électeurs sénégalais. Pourtant, ils avaient bien tout peaufiné comme d’hab : monopoliser les antennes de la télévision nationale, matraquer à longueur de journée les cerveaux des populations et bourré le crâne des électeurs. Ils avaient même fait intervenir le président de la République, en vrai guest star qu’il est sous, le prétexte d’une campagne électorale déguisée en tournée économique. Ils avaient mis les bâtons dans les roues de leur dernier dissident en date pour minimiser ses gains politiques. Ils avaient confisqué à la compétition électorale une centaine de collectivités locales confiées derechef à des féodalités religieuses dont la règle est : liste unique et uniquement remplie par le Khalife. L’opposition n’avait pas moufté : elle comprend parfaitement ces exceptions à la règle et l’applique à la lettre quand elle est au pouvoir. Ils avaient tenu des réunions secrètes, donné des audiences du soir, recruté tous les charlatans politiques, investi tout le bas de laine de notre Président bien aimé, 4 milliards selon des infos non confirmées et pour cause. Ils ont mené une campagne à l’amerloque, avec badauds, gadgets, autos, hélicos, jets privés et gros lots.


Mais rien n’y fit. Force est restée à la loi du suffrage populaire dont on ne connaîtra jamais assez la sophistication des rouages ni les mécanismes de fonctionnement. Les populations ramenèrent les ex-« loosers » à la vie, réalisant par là le projet cher au Président Abdou Diouf de revitalisation des vallées fossiles. Las ! A peine arrivés au pouvoir et à la tête des collectivités locales les plus visibles et les plus stratégiques, ne voilà-t-il pas que les donneurs de leçons de démocratie, d’éthique, de bonne gouvernance, de bienséance, d’organisation et de méthode à Me Wade et à sa horde libérale s’en vont eux-mêmes s’assoir sur leur morale de bonne dame des œuvres sociales et religieuses, de grenouille de bénitier et de rat de mosquée pour nous montrer le vrai visage de la politique, qu’elle soit de droite ou de gauche, de Sopi ou de Benno.  On en regretterait presque les « au théâtre ce soir » de Sopi 2009, du comité directeur du Pds et les bagarres de la Permanence du Pds sur la Vdn.


Parce qu’eux-au moins, ce n’est pas du chiqué, c’est de la vraie racaille à nettoyer au Karchër ! Cela casse ou cela passe, que le Secrétaire général national soit présent ou pas. On ne s’y contente pas de batailles par presse interposée ni de moulinets diplomatiques ou de fleurets mouchetés. Et puis les bagarres, les xiroo, les ngayo, les tessanté, les xulo, les xeex, les sani xeer, les tocc ndong ak koket, les gémin you tocc, les automutilations et les plaintes mutuelles, on avait l’habitude de les voir que d’un côté. Mais c’est parce que l’on avait une vue partielle et non pas panoramique. Depuis le 22 mars 2009, on sait que de l’autre côté aussi on aime le ngur, on adore le pouvoir au point d’en oublier les fondamentaux : le benno a vacillé devant le seddo. Les compagnons de l’opposition ont fait fi de leurs promesses aux populations et se sont disputés, comme des poissonnières au coin du robinet mbed, les postes et les avantages républicains qui vont avec. Les parties prenantes aux Assises nationales ont semblé avoir oublié leur engagement devant la nation à proposer un autre projet de société plus propre, plus vertueux.


Et que je commande, à peine arrivé, un 4x4 et des meubles sur les fonds rétrocédés par la Senelec aux communes : il n’y aurait pas des besoins plus urgents pour l’intérêt général,  la sécurité, l’assainissement et l’éclairage des populations de Sacré Cœur-Mermoz ? Et que j’attaque, bille en tête, les camarades de coalition qui ont la magnifique idée de soumettre leur patrimoine à l’information de l’opinion publique et à la déontologie de la déclaration. Et alors ? Il n’existe aujourd’hui, en la matière, aucune obligation juridique de le faire NI aucune interdiction non plus. Au sommet également, la cacophonie règne en maîtresse entre le PS et l’AFP, et entre les deux Grands et les autres partis: les gros ont mangé les petits au moment du partage du gâteau et seuls les plus forts en gueule s’en sont sortis. Les sorties au vitriol n’ont pas manqué dans les colonnes de la presse entre alliés, les duels fratricides non plus : Willane/Mata Sy Diallo, Hélène Tine/ Barthelémy Dias, Niasse/Otd, Otd/Khalifa Sall, Madieyna Diouf/Me Bèye. Il y a même eu des alliances avec le « diable » Pds ou Rewmi quand il s’est agi pour un socialiste de brûler la politesse à un allié progressiste ou à un progressiste de lui rendre la pareille.


Si on devait résumer la situation, on pourrait dire «  nous sommes tous des enfants de Me Wade ». Et en matière de Wadisme, il n’y a pas plus compétent que Me Wade lui-même. Le vieux combattant a plus d’un tour dans son sac et il n’abandonne jamais : il a le temps pour lui et plus rien à perdre. Après avoir encaissé la perte des grandes villes, il s’attache maintenant à perdre les nouveaux vainqueurs à la veille des saisons de pluies qui font perdre le sommeil aux maires de la banlieue. Il ne bougera pas le plus petit doigt pour leur venir en aide, ses roquets l’ont dit à suffisance. Il paraît évident qu’à elles-seules et en dépit des promesses de campagne de Benno, les communes gagnées par l’opposition ne peuvent et ne pourront secourir les populations qui vivent dans des poches d’eaux qui ne demandent qu’à se remplir à la faveur du proche hivernage. Elles n’ont pas la compétence juridique de déclencher un Plan Orsec ni n’ont la capacité de venir à bout des millions de mètres cubes d’eaux fétides qui vont pourrir la vie de leurs administrés et la leur, par conséquence.


Quand leur incapacité sera démontrée à suffisance par le chef de l’Etat aux populations désemparées, il sera temps pour Zorro de sonner la cavalerie pour venir enfin au secours des pauvres populations qui se confondront en reconnaissance pour Me Wade. C’est dégueulasse, mais c’est de la politique et c’est de bonne guerre. Toujours, populations, tu dégusteras au milieu des ambitions des hommes politiques qui n’aspirent qu’à te diriger. Pendant ce temps, Amadou Makhtar Mbow, caution morale des Assises, trône sagement, loin de toute cette agitation, montrant la voie de la vertu à toute une génération d’hommes politiques jeunes ou vieux.



Dié Maty Fall