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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Témoignage au Président de la République Gabonaise, Son Excellence Monsieur Omar Bongo Ondimba et condoléances à sa famille et au peuple gabonais

Le Député Ngarlejy Yorongar En traitement actuellement à Bruxelles (Belgique) Yorongarn@yahoo.fr , yorongar@yahoo.fr


Son Excellence Madame Rosse Francine ROGOMBE, Présidente de la République Gabonaise A Libreville

Excellence Madame la Présidente,


Objet : Témoignage au Président de la République Gabonaise, Son Excellence Monsieur Omar Bongo Ondimba et condoléances à sa famille et au peuple gabonais

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Son Excellence El Hadj Omar Bongo, Président de la République Gabonaise.

J’ai rencontré deux fois le Président Gabonais, El Hadj Oumar Bongo Ondimba dans le cadre de ma fonction de Directeur de l’Institut International de Yaoundé (IIA) une institution panafricaine qui comprend douze Etats africains et la France.

Ma deuxième rencontre avec lui avait lieu en 2004 grâce à mon ami Jean-Paul Tedga, Directeur de la revue Afrique Education. Toujours en 2004, en séjour à Washington aux Etats-Unis d’Amérique, je suis saisi par son Directeur Adjoint de Cabinet pour me dire d’attendre sur place le Président Omar Bongo Ondimba pour me faire part des préoccupations du Président Jacques Chirac face à la situation qui prévaut dans le Darfour.


Depuis que je suis entré dans la vie politique active au Tchad, le regretté Président Omar Bongo Ondimba m’a, à plusieurs reprises, sauvé la vie sous le régime d’Idriss Déby notamment :

 En avril 1991, lorsque j’ai été arrêté sur ordre d’Idriss Déby qui s’apprête à recevoir le prix Umberto Biancamano des mains des dirigeants de la Fondation du même nom pour l’avoir dénoncé qu’il a les mains pleines de sang ;

En juillet 1996, quand j’ai été arrêté sur ordre d’Idriss Déby et torturé par son Conseiller spécial, M. Madjimbang Mbaïtelda et le sous-préfet Jacob Ngarboudjim le jour du scrutin du second tour de l’élection présidentielle l’opposant à M. Kamougué Wadal Abdelkader que j’ai soutenu ;

Le 3 juin 1998, j’ai été arrêté pour avoir dénoncé la mauvaise gestion du dossier pétrolier, condamné à trois ans de prison pour une prétendue diffamation et libéré grâce aux efforts conjugués des Présidents Omar Bongo Ondimba, Bill Clinton des Etats-Unis d’Amérique, Abubakar du Nigeria et plus de trois cents Associations des Droits de l’Homme à travers le monde ;

En mai 2001, lorsque j’ai battu Idriss Déby à l’élection de 2001, le Président Oumar Bongo Ondimba est intervenu pour proposer un second tour comme le préconise la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour éviter l’insurrection, proposition rejetée par Idriss Déby. Mieux, le Président Omar Bongo Ondimba a, de concert avec le Président Ange-Félix Patassé de la République Centrafricaine, offert sa médiation entre Idriss Déby et moi-même, médiation également rejetée. . Au contraire Idriss Déby m’a fait arrêter et torturer de ses propres mains ; là également le Président Omar Bongo était le premier des hautes personnalités notamment le Président de la Banque Mondiale, Monsieur James Wolfensohn et les Organisations des Droits de l’Homme qui sont promptement intervenues auprès d’Idriss Déby en ma faveur ;

Le 3 février 2008, quand j’étais enlevé pour être éliminé physiquement par la garde présidentielle d’Idriss Déby, le Président Omar Bongo Ondimba a, par téléphone, saisi celui-ci dans les minutes qui suivent, grâce à mon ami Jean-Paul Tedga qui était la dernière personne avec laquelle j’ai parlé au téléphone au même moment où je devais être enlevé pour l’en informer. Le Président Omar Bongo Ondimba qui a réagi promptement en téléphonant à Idriss Déby pour le mettre en garde contre le dérapage. Malgré l’évidence, Idriss Déby nie m’avoir enlevé tout comme, la main sur le cœur il a aussi menti au Président Nicolas Sarkozy etc.



Lorsque, Dieu merci, j’ai échappé à la mort au cimetière de Ngonmba, le Président Omar Bongo était le tout premier à être informé de mon séjour à Maroua au Cameroun. C’est lui qui est intervenu personnellement auprès des Présidents Paul Bya du Cameroun et Nicolas Sarkozy. La suite est connue.



Je lui ai dédié un livre que j’ai consacré aux enlèvements, séquestrations et assassinats du 3 février 2008 par la garde présidentielle, livre en fabrication, mais malheureusement, il n’aura plus l’occasion de le lire comme mon dernier livre édité en 2003 que je lui ai dédicacé et remis en mains propres.



Avec la disparition de l’illustre Président Omar Bongo Ondimba, l’Afrique et singulièrement le Tchad perdent en lui un médiateur doué d’un sens aigu pour les règlements des conflits qui poussent comme des champignons dans notre continent.



Par la présente, je tiens à présenter de tout cœur mes condoléances les plus émues à la famille et au peuple Gabonais. Puisse Dieu accepter son âme et consoler le cœur de chacune et de chacun.

J’invite le peuple gabonais et ses dirigeants à tirer les leçons des conflits fratricides au Tchad, au Soudan, en Côte d’Ivoire, au Libéria, en République Démocratique du Congo, au Siéra Léone, en Somalie, en République Centrafricaine etc.



Madame la Présidente,



Toute erreur de la part des dirigeants en particulier et des Gabonais en général plongera le Gabon, l’Afrique Centrale et toute l’Afrique dans le chaos, car on sait seulement quand commencent les conflits, mais on ne sait pas quand ils s’arrêtent.



Pour la petite histoire qui a plongé le Tchad dans une guerre sans fin, je rappelle qu’en 1963, à la demande du Vatican, une subvention de 80.000 000 F CFA est accordée par le gouvernement du Président François Tombalbaye comme contribution du Tchad pour la construction de la Cathédrale de N’Djaména. Mais, cela a provoqué le mécontentement des Ministres et Députés musulmans originaires du nord du pays qui exigent respectivement la contre partie de la subvention pour les Mosquées, le partage des postes ministériels et les bourses d’études à parts égales entre les Chrétiens du sud et les musulmans du nord etc. C’est ainsi qu’a éclaté, le 16 septembre 1963, une guerre fratricide qui n’en finit pas jusqu’à date.

Je prie, sans cesse, Dieu pour que cela n’arrive pas au Gabon.
Veuillez agréer, Excellence Madame la Présidente, l’assurance de ma profonde émotion et de ma considération déférente.
Bruxelles, le 9 juin 2009



Le Député Ngarlejy YORONGAR,



Auteur du livre : Tchad, le procès d’Idriss Déby, témoignage à charge, Editions L’Harmattan, 2003.
Un des auteurs de Tchad, conflit Nord-Sud,mythe ou réalité ? Edité par Centre Al-Mouna,



Coordinateur Exécutif Fédéral de FAR/PARTI FEDERATION ; BP 4197 N’Djaména et Président de la Fondation pour le Respect des Lois et Libertés (FORELLI) BP 137 N’Djaména (République du Tchad).