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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

       Où étaient-ils, les amis de Bongo, les fidèles des mauvais et des derniers jours ? Pourquoi sa chambre d’hôpital à Barcelone ne ressemblait-elle pas à la suite du Crillon, lors que le président gabonais descendait à Paris ? S’y pressait alors en procession recueillie, la cohorte des « amis d’Afrique », droite et gauche confondues, ministres, élus, opposants, hommes d’affaires, barbouzes, intrigants.

L’objet de leur visite, l’ex-président Giscard d’Estaing, plutôt débiteur, lui, de Bokassa, l’a brutalement révélé, le 9 juin, sur Europe 1. C’est plus une « aide financière » que la chaleur d’une amitié que Jacques Chirac et tant d’autres attendaient du monarque pétrolier. Voilà qui donne à tous ces hommages et ces messages de deuil tricolores une sonorité si métallique.

Mais entre Omar et la France il n y avait que l’argent de poche. Base militaire, investissements bancaires et industriels et surtout exploitation pétrolière ont soudé quarante ans de liens. Sans trop de violences intérieures, mais aussi -  c’est une curiosité – sans que le Gabon y gagne un train de vie à la saoudienne comme le promettait son sous-sol. Sur le papier, son PIB divisé par le nombre d’habitants – un gros million – lui garantit un revenu individuel équivalant à celui de l’Argentine, or la pauvreté y est générale et l’espérance de vie stagne à 56 ans.

La famille Bongo, elle, a accumulé une fortune colossale, et l’enquête sur les « biens mal acquis » suscitée en France par l’association Transparence internationale n’en a identifié qu’une faible partie. Classée à deux reprises par le parquet, cette enquête risque fort d’être enterrée une troisième fois. Ce qui facilitera sans doute nos relations avec les héritiers d’Omar. Car son fils Ali, qui dirige la Défense, ou sa fille Pascaline, qui tient les Finances, ont des chances non négligeables de compter parmi les dirigeants du Gabon de demain.

Avec la mort d’Omar, c’est peut-être un compte qui se clôture, sans doute pas une page qui se tourne.    J.-F.J.

« Le canard enchaîné » - mercredi 10 juin 2009.