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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Et si demain on gagnait la guerre, que servirons nous aux jeunes !

 

Dans un article envoyé à www.tchadforum.com le 10 Avril 2009, M. Enoch Djondang, ancien membre du gouvernement et militant infatigable de Droit de l’Homme a soulevé une question sur l’Emploi des jeune tchadiens. M. Enoch se demandait : Ou trouver des emplois pour les jeunes tchadiens ? Une question qui en effet, n’eut été notre culture de violence au Tchad aurait suscité un débat ; mais hélas ! M. Enoch n’a pas parlé de la guerre moins encore de la puissance de feu de chaque groupe ou chaque famille. Il a parlé de l’emploi, un sujet peut-être peu important puisque ce ne sont pas tous les tchadiens qui y sont concernés ; certains ayant le permis dès la naissance d’aller tout droit là ou le travail les attendait pourvu qu’ils aient une glaive, une arme ou une récompense pour un militantisme bien accompli.


Comme ce privilège n’est pas accessible à tous les jeunes tchadiens, avions nous décidé de remettre la question sur la toile pour encourager un autre type de débat que celui auquel nous avons fini par nous y habituer ?


Le Tchad étant un pays toujours en guerre, provoquer un tel débat serait à mon avis chercher à créer des conditions essentielles à l’éradication de la frustration et partant consolider la paix. Pourtant, le temps nous est toujours insuffisant d’aider nos jeunes frères et sœurs a une réorientation vers l’entrepreunariat et surtout à les faire comprendre qu’ils peuvent être eux aussi employeurs de demain. Le temps pour la construction de la haine et la division est celui qui ne nous manquons jamais.


Combien faut-il de temps et de têtes pour encourager les jeunes et les sensibiliser aux initiatives de développement en créant des débats sur nos sites qui peuvent guider à la création du minimum vital afin d’éviter la discrimination à l’obtention d’emploi dans les services publics ? Nous avons fini par toujours voir le mal chez l’autre en nous distançant de la responsabilité commune. Si ce n’est la faute de Ngar, c’est donc celle de Moussa mais nous manquons toujours de temps de baliser les solutions alternatives pour l’avenir.


De toutes les guerres que le Tchad ait connues, aucune ne peut être comparée à celle du Rwanda, de la Somali ou encore celle de la Côte d’Ivoire mais les chemins de la paix ont été proposés et, les adversaires d’hier ont sablé selon leur religion la boisson de leur choix à chaque rencontre. Les jeunes tchadiens doivent avoir la chance d’apprendre un autre langage que celui de la guerre. Nous devons les aider à ne pas négliger leur développement personnel comme la voie pour eux de sortir des épreuves que chaque jour la guerre leur impose. Nous devons éviter de leur remplir la tête des tragédies qui éveillent souvent des sentiments régionalistes et surtout d’admiration de ceux qui s’y sont conduits en héros dans toutes les guerres que le Tchad ait connues. Une bonne manière de parler de l’histoire de ce pays est celle qui peut contribuer à nous rapprocher et nous faire prendre conscience de l’importance de la vie humaine et de son caractère précieux.


Le Tchad, disons le encore ; est un pays ou le langage de la guerre occupe la moitié du temps que les hommes et les femmes ont pour se parler. C’est un pays ou la télévision nationale a cessé d’être un support d’éducation en faisant défiler les outils dangereux du matin au soir. C’est un pays ou un homme peut monter sur la tribune officielle et traiter ses compatriotes de tous les noms sous des applaudissements nourris de la foule. Nous sommes dans un pays ou un enfant voit rarement un autre objet d’art qu’une arme posée comme un objet d’ornement au chevet du lit de son papa.


Et, quand à tous les recoins de la ville, un engin de la mort barre la route de l’école aux enfants ou celle du marché aux femmes et commerçants, il y a lieu de s’inquiéter du devenir de la population et commencer à penser au « comment faire ».


Un enfant qui grandit dans un tel contexte, développe dans sa tête que les hommes perchés sur des engins de la mort sont des hommes forts qui attendent d’abattre d’autres hommes et de ce fait, il finit par se faire une idée que tuer un semblable que lui est un signe d’honneur, de gloire et de force. Il nourrit désormais une ambition, voire une obsession de tuer lui aussi un jour et attend qu’on lui montre l’autre qui serait son adversaire demain ou celui de tout le temps ou il finit par en créer un lui-même. Les jouets qu’il fabriquera durant son adolescence avec ses amis dans la rue désormais, ne seront que le résultat des images qu’il a gardé dans son esprit.


Si ce Tchad nous intéresse tous. Si ce Tchad est celui pour lequel nous nous battons. Si ce Tchad est celui que nous voulons céder demain à une autre génération, nous devons cesser de nous comporter comme ceux de l’autre côté qui dansent devant les corps sans vie des hommes qui hier étaient à leur côté et qui étaient aussi cousins, frères, amis et surtout tchadiens.


Nous savons tous que de tels événements tragiques peuvent profondément affecter et émouvoir un esprit de vengeance. Et si notre rôle est celui de construire ce pays et l’extirper du cycle infernal des guerres de clans, alors chers frères et sœurs, nous devons éviter de créer aussi de notre côté des conditions d’angoisse en contribuant à diminuer l’anxiété que notre adversaire commun engendre pour garder son pouvoir en adoptant un comportement responsable dans nos liens personnels et dans nos liens avec notre audience.

Portons-nous tous dans la Paix.

Dr. Felix Ngoussou
info@tchadforum.com