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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Dimanche  22 mars 2009: Cocktail explosif – suite…..  



Djimé Adoum, tchadnews.info
sahelien@hotmail.com

 

Nous savons bien que le Tchad va mal et selon toutes vraisemblances, il y a encore du chemin à parcourir pour que le pays des Sao puisse retrouver son équilibre.  Ce qui se pointe à l’horizon n’augure rien de bon.  Les guerres interminables sont loin de nous ramener la paix tant souhaitée par la grande majorité des tchadiens.  Au moment ou nous mettons sous presse, des échos recueillis çà et là font état d’un préparatif de guerre sans précédent.  Les sites proches de la rébellion armée en ont suffisamment parlé.  Il suffit de les visiter pour en savoir plus. 

 

Nous avons aussi signalé à maintes reprises que le gouvernement et la rébellion sont armés jusqu’aux dents (les deux camps le signalent eux-mêmes) et il ne leur reste qu’à engager les hostilités pour verser le sang et endeuiller les familles tchadiennes.  Nous leur avons rappelé aussi que la guerre ne résout aucun problème et  qu’il faudra faire preuve de retenue et dépasser les haines personnelles qui alimentent le dégout de l’autre et le désir fervent d’en finir avec celui-ci ou celui-là.  Les uns et les autres s’entêtent et prennent le reste du pays en otage.  Le risque de guerre grandit et nous estimons que les dégâts qui en découleront risqueraient d’enfoncer davantage le pays dans le néant.

 

Bien que certains trouvent leur compte dans l’état actuel des choses, nous estimons que la reprise des hostilités pose de sérieux problèmes tant pour les tchadiens que pour la sous région tout entière, et cela à plusieurs niveaux.  Au niveau du Tchad, le risque de déchirement intercommunautaire n’est pas à minimiser.  Il n’est pas à écarter que des règlements de compte puissent avoir lieu bien que les tchadiens, contrairement à d’autres peuples en Afrique, n’aient pas l’habitude de massacrer femmes, enfants et vieillards par pure vengeance.  Malheureusement cette propension à éviter une guerre tribale rangée s’est détériorée ces dernières années à cause de l’effritement du tissu social, la mal gouvernance et l’état de délabrement très avancé du pays.  Le manque de justice sociale, l’atomisation avancée et le repli identitaire sciemment promus par les tenants du pouvoir,  et l’état de misère dans lequel sombre le paisible citoyen nous font craindre que les frustrations accrues ne débouchent sur des massacres inter-ethniques découlant des règlements de compte.

 

Quant au niveau sous régional, l’impact négatif peut être très significatif vu que le Tchad est un pays enclavé et partage ses frontières avec les six pays limitrophes.  Bien que tous les pays ne puissent pas être affectés proportionnellement, le Cameroun, le Soudan et la République Centrafricaine risqueraient de supporter le plus les afflux de réfugiés tchadiens, une fois encore.  L’expérience amère de ces dernières années est là pour en témoigner.    

 

Il n’est aussi un secret pour personne que le Tchad et le Soudan entretiennent leurs rebellions respectives.  Personne n’est en mesure de jauger le degré d’enlisement qu’engendrerait la reprise des hostilités.   Chaque pays pourra évoquer le droit de poursuite pour entrer dans le territoire voisin.  Ceux qui doutent de cette hypothèse nous livrerons des communiqués et des contre communiqués appelant les deux états à la retenue, oubliant la haine qui anime les quatre composantes du conflit armé (le tandem Président Deby-Khalil et Président El-Bachir-Timan). 

 

Des efforts de paix sont entrepris de part et d’autres mais tardent à se matérialiser pour de raisons purement subjectives.  Certains partenaires estiment que les outils déjà disponibles (Accord du 13 Août et l’Accord de Syrte du 25 Octobre) sont largement suffisants pour permettre aux tchadiens de finir avec la guerre.  Ce que ces partenaires semblent ignorer, c’est que des haines personnelles et très profondes animent les acteurs de la crise tchadienne.   Quant aux relations entre les deux états, les partenaires trouvent que le Cadre de l’Accord de Dakar est largement suffisant pour permettre au Tchad et au Soudan de trouver une solution politique à leur différend.  Ce cadre permettra aussi aux deux pays le rétablissement des relations diplomatiques, de bon voisinage et de rompre avec leur propension à se faire la guerre par procuration.  Le hic c’est que les deux présidents ont perdu tout respect mutuel et n’arrivent plus à dépasser leur haine personnelle. 

 

Ce qu’il y a de faire :  l’union africaine, l’union européenne, les Etats- Unis, la Chine et la Russie doivent peser de tout leur poids pour réactualiser les différents outils, les préciser de concert avec les parties intéressés et s’assurer de leur mise en œuvre dans le cours, moyen et long terme pour sortir la sous région de l’impasse.  Ca nous évitera les déclarations fantaisistes du Conseil de Sécurité au moment des hostilités et épargnera, pour une fois, le sang tchadien de couler.