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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak



UFR : les hommes d’Adouma Hassaballah risquent de claquer la porte

L’information est de la plus haute importance. L’UFCD du colonel Adouma Hassaballah est sur le point de claquer la porte de l’Union des Forces pour la Résistance (UFR). La direction du commandement militaire de l’UFR en serait la cause.

En effet, depuis quelques jours, des rumeurs font état de la désignation au poste du Chef d’Etat Major de l’UFR d’un membre de l’UFDD, en l’occurrence le Général Tahir Wodji. Cette rumeur a été confirmée hier par plusieurs sites internet, notamment Tchadactuel, repris par Tchadoscopie. Or, selon un haut responsable de la rébellion qui a tenu à garder l’anonymat, « l’UFCD exige sans conditions le poste du CEMGA de l’UFR » au même titre que l’UFDD du général Mahamat Nouri.

« Si le poste du CEMGA est confié à un autre mouvement que l’UFCD, cette dernière quittera assurément l’UFR » a ajouté ce chef rebelle pour qui « l’importance numérique de l’UFCD dans l’UFR en termes de militaires de carrière ne doit pas être escamotée ». Ce chef rebelle a précisé que « l’UFCD n’est pas en concours sur ce poste avec l’UFDD et n’entend pas laisser à cette dernière le choix de lui imposer son chef d’Etat major, Tahir Wodji ». En d’autres termes, « le poste du CEMGA doit revenir sans discussion à l’UFCD et un communiqué suivra en ce sens en début de semaine prochaine » a voulu résumer le chef rebelle.

Interrogé sur l’identité de la personne qui pourra être proposée au poste du CEMGA par l’UFCD, l’interlocuteur s’est limité à annoncer que « des hommes comme Tounissi et Mouhadjir ont des capacités certaines à occuper le commandement militaire de l’UFR » avant de rappeler qu’en aucun cas, « la personnalité de Tahir Wodji n’est en cause dans cette affaire ». Pour le chef rebelle, « il s’agit simplement que s’assurer que le poste du CEMGA revienne à l’UFCD », sans quoi « l’UFR fera son chemin sans l’UFCD » a-t-il insisté.

Après la bérézina de février 2008 dont l’une des conséquences a été la dislocation de leur coordination militaire unifiée, les dirigeants de la rébellion ont planché durant 5 mois sur leurs problèmes internes. À l’issue de leurs travaux, ils ont réussi à mettre sur pied l’UFR à la tête de laquelle a été désigné Timane Erdimi. Mais la nouvelle union fait face à de nombreuses protestations, notamment au sujet de sa composition. Timane Erdimi est contesté dans sa présidence par Ahmat Hassaballah Soubiane ; lequel est allé jusqu’à suspendre de son mouvement, les cadres du FSR (Ali Gadaye, etc.) qui ont accepté d’être nommés au bureau exécutif de l’UFR. Un autre cadre politique (Guinni Korei : UFDD) a dû démissionner de son poste après les vives protestations suscitées par sa nomination. Adouma Hassaballah, vice-président de l’UFR est lui-même contesté par sa base pour avoir accepté d’être nommé à un « poste symbolique » à l’UFR alors même que son mouvement l’UFCD est « la plus importante dans l’UFR » selon les propres termes de Timane Erdimi.

Face à ces grognements, il faut reconnaître que l’UFR est plus que jamais au bord de l’implosion. L’union armée est déjà très affaiblie par des suspicions entre leaders rebelles (le cas de Soubiane accusé par tchadactuel de vouloir se dévoyer ; des rumenrs faisant état de l’exclusion de Tollimi de l’UFDD pour avoir accepté d’être le SG de l’UFR ; des protestations au sein de l’UFDD-F, etc.) et des protestations des « déçus de l’UFR » qui s’inquiètent d’un risque de confiscation éternelle du pouvoir au Tchad par une même famille. Dans ces conditions, une offensive vers N’Djamena n’est pas pour demain, et cela ne fait que faire gagner du temps à Déby.

Alors, l’opposition armée ne gagnerait-elle pas à se saisir de l’opportunité que lui offrent des organisations comme la CSARP (Me Delphine Djirabé) et la CIDI (Dr Djimé Adoum) pour engager des discussions non-violentes en vue d’une réconciliation nationale globale suggérées aussi bien par la communauté internationale que par les ONG comme OXFAM ? Si toutefois, les rebelles croient qu’ils ont des chances de renverser le régime de N’Djamena, ne doivent-ils alors pas laisser de côté, pour l’instant, les questions de répartition des postes politiques et militaires afin d’attaquer N’Djamena plus sereinement ? Tahir Wodji est un général de l’armée apte à diriger les combats de l’UFR comme il l’a déjà fait avec l’UFDD qu’il a menée jusqu’à N’Djamena. Tounissi et Mouhadjir sont aussi aptes à conduire les forces de l’UFR jusqu’aux casernes de N’Djamena. Ce qui est important, pour les Tchadiens, c’est d’abord la chute du régime au plus vite. Mais peut-être que d’autres considérations inavouées procèdent de cette guerre du leadership politique et militaire de l’UFR. Les dirigeants rebelles sauront-ils démentir les soupçons de « maffia de la rébellion » qui pèsent sur eux ?

Tahir Mouhadjir Adam
Shaeria - Soudan