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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 


"S'il le faut, je saute sur Ndjaména!"
avait déclaré Nicolas Sarkozy

LA
France a-t-elle fermé les yeux sur l’enlévement et la  disparition, au Tchad, d'un des chefs de l'opposition? Et Cela au moment où Paris sauvait le régime du président Déby d'une attaque rebelle? A l'occasion du premier anniversaire de cette disparition, c'est l'accusation que lancent parents et amis d'Ibni Oumar Mahmat Saleh, ex-« candidat» à l'élection présidentielle, Un avis partagé par divers acteurs ou témoins des événements de février 2008, consultés par « Le Canard ».


Allié de Déby, Paris considère celui-ci comme un rempart face à l'islamisme soudanais et aux horreurs du Darfour. Disposant d'une base militaire d'un millier d'hommes dans la capitale du pays, l'armée française lui a plusieurs
  fois sauvé la mise, fournissant munitions, assistance technique et renseignement.


Notamment des photos aériennes des insurgés arrivant du Soudan. Ainsi que la transcription d'écoutes téléphoniques... Témoin cette anecdote inédite,
survenue la veille de la visite de Sarkozy au Tchad, le 27 février 2008, soit trois semaines après l'échec de l'attaque rebelle. « J'ai une bonne nouvelle, lance Sarko aux journalistes qui vont l'accompagner. Yorongar (autre opposant dont on est sans nouvelles) est vivant.

- Comment le savez-vous? ", demande un confrère. Réponse :

« Par une interception de sécurité (une écoute) sur son téléphone.

Oups !Je n'aurais pas dû vous dire ça. Ne l'écrivez pas ... "

Une fois arrivé à N'Djamena, le président français s'exprimera sur la disparition d'Ibni Oumar (dont Carla va alors rencontrer l'épouse) et réclamera la constitution d'une commission d'enquête internationale.

Mais il ne donnera aucune suite au rapport de ladite commission qui incrimine la garde présidentielle, évoque le rôle d'officiers français et cite le témoignage de Yorongar affirmant avoir vu un policier français appelé  au chevet d'Ibni mourant.

Autre indice troublant de l'activité des grandes oreilles françaises, cet aveu de Bruno Foucher, ambassadeur à N'Djamena, le 5 février 2008, surlendemain de l'arrestation d'Ibni et des autres: « Je sais qu'il y a eu collusion entre des opposants politiques et les rebelles.

" Pour l'hebdo « Jeune Mrique " (24/2), la révélation de  cette supposée «collusion" (réfutée par les rebelles eux mêmes)  est d'origine tricolore:

« Selon de bonnes sources, Déby aurait décidé de faire arrêter [les

opposants] à la suite d'une information émanant, entre autres, des services d'écoute de l'armée française. "


Même sans auxiliaires en plomberie, nos militaires avaient d'autres moyens de savoir.

Deux officiers français, les colonels Jean-Marc Gadoullet et Jean-Marc Marill, jouent le rôle de très proches conseillers du chef de l'Etat tchadien et  l'ont assisté jusque dans le palais présidentiel encerclé, le 3 février 2008, lorsque les agences de presse annonçaient: « Ndjamena est tombée. " « Comme eux, confie un membre de la commission d'enquête, nombre de militaires français de N'Djamena diabolisent l'opposition et glorifient Déby. » D'ailleurs, dès le début de l'attaque, la sécurité du président tchadien, à qui Paris a proposé une « exfiltration », était en tête des priorités françaises.

Pour les autres, malgré les appels des familles « raflées », pas question de se précipiter.

Ainsi Hervé Morin, ministre de la Défense, déclarait, le 5 février 2008, à Paris: «Laissez-nous vingt-quatre ou quarante-huit heures avant que nous n'abordions ces questions. " Message bien reçu par les ravisseurs d'Ibni. Conclusion d'un témoin des événements: « Comme dans l'affaire Ben Barka, les barbouzeries françaises n'auront servi qu'à consolider un régime de terreur et de corruption. " Les coups de pouce de Sarko n'ont donc pas de contrepartie démocratique?


 

Jean-François Julliard