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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Responsabilité de la france dans le processus de retour à l’autoritarisme

À la lecture de toutes ces pratiques produisant un déficit démocratique transparaît déjà le rôle majeur de la France. Sa politique africaine a été toujours très sinueuse : fondée en théorie sur la légitimité du pouvoir et sur le respect de la souveraineté nationale. En théorie, car la pratique vécue au Tchad est loin des principes proclamés.

Citons Roland Marchal du CERI : « La France n’a pas eu une véritable politique d’aide, elle n’a pas travaillé à rompre ce cercle vicieux par lequel la transition politique n’existe que par la violence et de tout faire pour que le départ d’Idriss Deby du pouvoir se fasse dans les règles prévues par une Constitution légitime, au terme d’une consultation populaire respectant les normes internationales. Depuis 2003, du côté français, telle n’a pas été l’ambition, ni la pratique comme l’illustrent les déclarations de Xavier Darcos félicitant le président tchadien d’une réforme de la Constitution qui lui permettait de postuler une troisième fois, au poste de chef de l’État, et plus encore l’appui si clairement formulé à la récente élection présidentielle de mai 2006, caricature s’il en fallait encore, de ce qu’un vote truqué peut être. »

Il apparaît aujourd’hui au grand jour que l’on a affaire à un régime clanique qui a colonisé l’État dans ses moindres recoins (armée, douanes, impôts, régie de recettes…). Le soutien de la France à Deby, malgré cette situation, a été sans faille. Appui financier, appui politique et dissuasion militaire, tout a été mis en œuvre pour le soutenir et le maintenir au pouvoir. La cassure survenue au sein du clan depuis la fin de 2003 (décision du parti de Deby de modifier la Constitution en novembre 2003) a surpris la France, qui espérait pérenniser celui-ci avec l’appui de l’armée clanique.

Au-delà du Tchad, le régime Deby, par son rôle déstabilisateur, sert d’une certaine façon les intérêts français : les interventions militaires au Togo, en République démocratique du Congo ou en République centrafricaine où Bozizé a été porté au pouvoir en sont des illustrations.

Le mécontentement vis-à-vis d’Idriss Deby a commencé très tôt dans les années 90 et s’est radicalisé pour atteindre un point de non-retour lors du congrès de son parti, le Mouvement patriotique de salut (MPS), en novembre 2003.Avant même qu’il ne manifeste en 2003 sa volonté de se représenter pour un troisième mandat et de changer la Constitution, trahissant ainsi une promesse maintes fois répétée, de nombreux Zaghawa ont critiqué de façon acerbe Deby pour son incapacité à « partager », sa gestion dilettante de l’appareil d’État et son aveuglement politique parce qu’incapable de faire des compromis avec ses opposants. Deby mettrait ainsi en danger la pérennité des acquis zaghawa.




Source: cairn.info