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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 


ENCORE une étourderie de Sarko

A l’occasion du sommet social et de ses tonitruantes déclarations télévisées contre les licenciements, il a oublié de citer en exemple Radio France Internationale(RFI). Un cas pourtant passionnant. Dans cette radio 100 % publique, l’Etat lance, en ce moment même, un plan social ( pardon, « un plan global de modernisation », et il n’y va pas de main forte. Sur un millier de salariés, 206 vont passer à la trappe(ça, c’est pour l’emploi), dont un journaliste sur quatre(ça, c’est le clin d’œil aux Etats généraux de la presse…….).

 

Dans les couloirs de RFI, bonjour l’ambiance. On se croirait à Gandrange.

Chacun se regarde, en attendant des avoir qui montera dans la charrette. Sur le papier, on  compte déjà les points pour choisir les chômeurs : « quatre » au maximum pour les enfants à charge, « cinq » pour parent isolé ou de «  un à douze points » « pour les qualités professionnelles », évaluées, elles, par le chef de service. ça va saigner ! l’atmosphère est telle que la direction du personnel redoute une vague de dépressions. Elle a demandé au médecin du Travail des idées pour remonter  le moral des troupes, l’histoire de « voir les gens partir avec le sourire » (sic). A quand la cellule de soutien psychologique ?

 

Musique relaxante

 

A l’antenne aussi, tout change. On met davantage de musique et on supprime les émissions «  le journal du Proche-Orient ». Sûrement trop « anxiogène », comme il est dit. Mais dans le contexte actuel, le dossier RFI commence à faire désordre. Les deux vedettes de l’audiovisuel extérieur, le pédégé Alain de Pouzilhac et sa lieutenante Christine Ockrent, sont donc priées d’agir vite et le plus discrètement possible.

 

Problème : ils essuient, depuis peu, une vraie contre-attaque. Les salariés de la radio défilent dans la rue et montent de sites Internet au nom guerrier de « RFI riposte ». Les syndicats multiplient les assemblées et pondent des tribunes au vitriol dans les journaux. Sans parler  du comité d’entreprise, qui,  le mars, traîne la direction devant le tribunal pour contester  son plan social. Bref, comme dirait Sarko, cette maison n’est pas tenue.

Pour déminer la situation, Pouzilhac et Ockrent viennent  d’inaugurer  des drôles de réunions. Chaque semaine, ils convoquent  dix salariés à un petit déjeuner. Au cours de ce huis clos, le pédégé et la dirlo vantent leur plan, dégoisent sur les syndicats et au passage repèrent les rebelles. Une amicale mise sous pression appelée « dialogue social ».  Les délégués du personnel ne sont pas conviés à ces sauteries matinales et pour cause : ils accusent les dirigeants de noircir le tableau pour justifier leur réforme au canon.

 

Prise de dette

 

Les docuements relatifs au planc social contrastent en effet singulièrement  avec le bilan  2004-2008 établi par l’ancien patron de RFI Antoine Schwarts parti cet été. Celui-ci avait laissé 3 millions de déficit structurel. Pouzilhac, lui, affirme que c’est 9 millions aujourd’hui !Alors qu’à Bercy on a toujours validé les budgets de la radio sans citer ce gris chiffre.

 

Pouzilhac claironne aussi que RFI coûte trop cher : 3 euros par auditeur et par an, contre 1,1 pour sa concurrente Voice of  America par exemple. Ces deux radios affichaient pourtant les mêmes coûts dans l’étude précédente. Mais il y a mieux : « Un succès d’audience qui ne faiblit pas depuis quatre ans, autour de 45 millions d’auditeurs dans le monde. Avec plus de 25 millions, RFI est la première radio d’Afrique », écrivait Schartz. Mais dans l’argumentaire du plan social, c’est le contraire : « RFI perd des parts de marché dans  toutes les parties du monde, y compris en Afrique francophone, où elle recueille traditionnellement une forte audience. »

 

La directrice déléguée de RFI, Genéviève Goëtzinger, avait jadis négocié une prime indexée sur l’audience de la station en Ile-de-France et en Afrique. On espère pour elle que rien n’a changé depuis l’an dernier, malgré ces basses querelles de chiffres.

 

Christophe Nobili