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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 
A la recherche des stratégies pour désamorcer le cocktail explosif !   Par Djimé Adoum, tchadnews, sahelien@hotmail.com


Nous avons parlé du cocktail explosif dans notre parution du 8 février 2009.  Pour soutenir ce concept, nous avons évoqué un certain nombre d’hypothèses accompagnées de quelques questions.  Pratiquement une journée plus tard, un Monsieur du nom Faradj Djalloul en a suivi avec quelques réflexions et nous posa la question de savoir si « nous avons découvert le cocktail explosif ? »  Si, oui, « il ne reste plus qu’à le désamorcer avant qu’il n’explose ».  Monsieur Djalloul d’ajouter « qui veut bien s’en charger ?

Nous ne pensons pas avoir trouvé des réponses adéquates à ses inquiétudes mais il nous semble opportun de signaler qu’il existe des initiatives allant dans le sens du desamorcement du cocktail.  Si celles-ci arrivaient à se matérialiser, elles contribueraient significativement à cet objectif.  Nous citons quelques unes parmi tant d’autres : celle de Libreville pilotée par l’ancien Président Goukouni Weddei, celle de la société civile pilotée par Me Delphine Djiraibe, celle de la CIDI pilotée par Djimé Adoum, et la toute récente initiative du Docteur Moungar qui l’a conduit à Ndjamena et à Khartoum.  Une lecture minutieuse de ces initiatives révèle qu’elles cherchent à contribuer à désamorcer la crise que traverse le pays mais que les efforts éparses risqueraient de prendre beaucoup de temps pour y arriver.  Nous estimons qu’il est bon temps que ces initiatives convergent pour rendre plus efficace leur concours dans la recherche de la paix. 

Cependant la recherche de la paix est rendue plus difficile à cause d’un certain nombre de facteurs.  Voyons ensemble de quoi s’agit-il ?  Le problème émane du fait que l’engrenage dans lequel se trouve le Tchad date de longtemps.  Il faut de la persévérance et une forte dose de bonne foi pour jeter les bases d’un Tchad nouveau.  Or il s’avère que les intérêts et l’égoïsme personnels des tchadiens enfoncent le pays.  Les données de Transparency International, de la Banque mondiale, des Nations unies, du sondage de tchadforum corroborent l’état de délabrement du Tchad.  Les récits de Djondang (qui est libérateur ?), du Dr Ngoussou (de quel état s’agit-il ?)  de Bourma (les racailles de la république), les petits dieux du Dr Lyadish Ahmed, et les questions environnementales et catastrophiques évoquées par Sew de Séwé Delaville démontrent à suffisance que les tchadiens s’en soucient bien du devenir de ce pays.  Ce ne sont pas ceux qui tournent autour de la chose publique ou les guérilleros qui en diront le contraire.



En plus du fait que les initiatives et tentatives de paix ci-haut évoquées n’ont pas encore convergé, le comportement des gouvernants est lamentable.  Lamentable dans la mesure où ceux qui gravitent autour du Président Deby ne lui rendent pas service.  Ceci n’est un secret pour personne.  Ceux-là estiment que les rebelles sont à ignorer à tout prix.  Cette position maintient le pays dans un état permanent de guerre justifiant l’investissement dans l’armement et permettant à ceux qui tournent autour de la chose publique de se servir copieusement du patrimoine national.  Ce n’est pas par hasard que le Tchad se trouve classé parmi les pays les plus ratés de la planète.


Il incombe aux uns et aux autres de finir avec les guerres fratricides.  La mauvaise foi ne mène nulle part (dans les ténèbres).  Il faut œuvrer dans le sens de la raison afin d’éviter au pays le point de non retour.   Tout le monde s’inquiète du devenir de ce pays et comme nous l’avons répété et ne cesserons jamais de le répéter : le temps de gouverner le Tchad sur les bases tribalo-ethniques est révolu quelque soit l’envie mal placée de confisquer le pouvoir.  Arrêtons de nous leurrer et évitons que la jeunesse entrainée dans cette sale guerre perde encore davantage du terrain.  Cette jeunesse n’est pas épargnée dans la mesure ou elle n’a connue que la guerre ou forme les ossatures des différentes rebellions tribales.


De tout ce qui précède et quand à la question de M. Faradj Djalloul, le cocktail explosif existe bel et bien au Tchad.  Mais comment faire pour le désamorcer ?  Nous pensons que le nœud gordien du problème se trouve à ce niveau.  En voici quelques raisons non-exhaustives.

La dernière déclaration du Président Deby et celle de M. Abderaman Koulamallah, porte-parole de la rébellion ne sont pas de nature à favoriser le desamorcement.  Le Président Deby disait « Nous sommes allés à la recherche de la paix mais nous ne l’avons pas trouvé par la faute des mercenaires qui campent sur leur incompréhension. »

M. Abderaman Koulamallah de l’Union des Forces de la Résistance (UFR) contrarie le Président Deby et s’exprime en ces termes : « l’UFR et ses dirigeants ont toujours exprimé leur disponibilité pour une solution négociée ».

Qu’on nous dise exactement les démarches qui ont été entamées par les deux camps et à quel moment ou à quel point les pourparlers n’ont pas aboutis pour que le Président et M. Koulamallah nous tiennent de tels propos ?  Les enseignements qui émanent des réponses a ces questions peuvent aider les tchadiens à harmoniser leurs initiatives et trouver un terrain d’entente pour jeter les bases d’une ère nouvelle.  Ca ne sera qu’un début et ça nous aidera à désamorcer le cocktail explosif!