Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Puisqu'on est sommé désormais d'être prudent et de nous exprimer avec les réserves qui s'imposent pour ne pas froisser les sensibilités, je précise d'ores et déjà que je n'ai aucune intention de déstabiliser "la résistance nationale". Je m'interroge seulement sur une situation qui suscite l'interrogation. Ahmat Hassaballah Soubiane n’est pas dans l’UFR. Une vérité qui n’est plus vraiment à démontrer, diraient certains milieux avertis sans avancer le moindre élément probant concluant à cette thèse. Néanmoins, pour soutenir l’assertion selon laquelle le FSR coexiste avec l’UFR et s’en démarque donc, on se fonde sur un réseau complexe d’aveux que l’analyse aurait tort de négliger.

Question : dans la jungle, des politico-militaires, contrôlée par des chefs de guerre puissamment armés et commandant des milliers de soldats, suffit-il de s’appeler Timane Erdimi pour être propulsé à la tête d’une grande organisation des forcées unifiées de « résistants » et s’attendre ainsi à une allégeance de tous les prétendants à la magistrature suprême ? Cette première interrogation ne s’est pas installée dans mon esprit de façon insidieuse et sournoise. Elle nous a été assenée, à tous, par l’attitude très curieuse d’Ahmat Hassaballah Soubiane et Mahamat Nouri qui, selon toute vraisemblance, se refusent toujours à faire partie de l’UFR malgré l’affirmation contraire de Timane Erdimi, président de cette nouvelle organisation. Le Président de l’UFR prétend, dans une interview publiée dans la presse soudanaise qui s’interrogeait notamment sur l’absence dans la direction du mouvement des grandes figures de l’opposition, que « Soubiane et Nouri sont tous membres fondateurs de l’UFR et le fait qu’ils ne soient pas membres du bureau exécutif ne veut pas dire qu’ils ne sont pas membres de l’UFR ». Venant du souverain lui-même, voilà qui est rassurant, se dit-on ! Timane Erdimi ne peut que dire la vérité.

Sauf que cette affirmation semble démentie par un communiqué du FSR (Soubiane) en date du 6 février qui annonce la suspension des deux membres de cette organisation après que ceux-ci aient été désignés à la direction de l’UFR. Désapprouvant, en des termes pour le moins laconiques, « un "tel saut dans l'inconnu" sinon que pour des intérêts égoïstes et personnels » le communiqué précise que « ce choix n'est pas le choix du FSR » et conclut par la décision de « la suspension des deux camarades de leurs fonctions au sein du FSR ». Face à un tel désaveu et au regard d’une sanction aussi grave que la suspension des cadres d’une organisation pour n’avoir pas respecté les consignes de la hiérarchie en conformité avec les souhaits de la base, il faut être d’une mauvaise foi inqualifiable pour oser affirmer que « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » des « résistants ». Sauf, bien évidemment, si l’intention erdimiste est d’arrondir les angles pour mieux offrir ses charmes aux plus résistants de la bande de Djimezé Hamra.

Mais pendant que Timane Erdimi cherche à faire taire les rumeurs, un aveu indiscutable de la résistance de Soubiane à l’Union des Forces de la Résistance est livré entre ces lignes écrites par un certain Mohamed Abdelkérim et publiées nulle part ailleurs que sur Tchadactuel (ceci, explique peut-être cela). Dans un billet au vitriol qui dénonce « les déçus de l’UFR », notre « illustre anonyme » qui prêche certainement pour sa paroisse dit d’abord ne pas s’expliquer les raisons de ce qu’il appelle « l’opposition anti-UFR (qui) s’organise, (et) se met en place » avant de fulminer que pour ces « déçus » de l’UFR, « les rares personnes de l’opposition armées qui tergiversent sur l’union pour des raisons hautement subjectives sont déjà devenues leurs nouveaux héros ». En lisant entre ces lignes, une seconde interrogation s’est imposée à moi, sans que je n’aie déployé un quelconque effort pour la susciter. Premier bout de la question : qui sont ces « rares personnes qui tergiversent sur l’union pour des raisons subjectives » ? L’allusion à Ahmat Hassaballah Soubiane (et dans une moindre mesure à Nouri) est limpide comme l’eau de source. Second bout de la question : qui sont ces rares personnes qui tergiversent sur l’union et qui sont « déjà devenues (les) nouveaux héros » des « déçus de Timane Erdimi » ? Même réponse.

Ainsi une grande figure de l’opposition armée a préféré, sans nous en expliquer les raisons, le statut de « résistant » face à l’« union des forces de la résistance ». Il ne s’en est pas expliqué, disais-je. Mais lui a-t-on vraiment donné l’occasion de nous éclairer sur les raisons de ce refus ? En attendant que l’occasion se manifeste et que des raisons objectives soient avancées par l’intéressé, je voudrais quand même rappeler à l’autocrate en herbe qui s’essaye déjà dans le jeu malhonnête et trouble de « confusion de personne aux fonctions de chef de l’Etat », que l'UFR ne saurait se fondre dans la personne de Timane Erdimi. Tout au long de son discours contre les « déçus de l’UFR », il n’avait cessé de vouloir faire entrer dans nos « cervelets embrouillés » que UFR=Timane Erdimi. Pour l’instant, on admet volontiers que Timane Erdimi incarne l’UFR. Mais, attention à ne pas chercher à reproduire, à la tête de l’Etat, ce qui est possible à la tête d’une organisation de quelques individus. Tout en soutenant le dirigeant de l'UFR, nous prévenons quiconque que nos « cervelets embrouillés » s’éclairciront à la moindre tentative de nous imposer l’équation T.E x T.E = E.T (état tchadien) « démocratique, libre et prospère ».



Abdelkérim Mohamed
Rumi Bahri
Soudan