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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Alors que vient d'être découvert au Soudan une tentative de coup d'état impliquant des officiers de l'armée et des services secrets (dont Salah Abdallah Gosh [Bosch]) en collaboration avec le MJE et le régime tchadien, et que le MJE affronte l'armée soudanaise et que l'armée tchadienne est rentrée au Soudan mais mise en déroute par l'armée et le SLA de Minni Minawi, il est utile de publier une interview datant de 1997. Cette interview d'un agent secret soudanais avait été faite par al wihda. A cette époque, Omar el Bechir était encore grand ami d'Idriss Deby, Hassan al Tourabi et Khalil Ibrahim. Et Erdimi et Nouri était encore au service de Deby. Important à lire pour comprendre les relations entre le Soudan et le Tchad.

 
COMMENT LES AGENTS SOUDANAIS S'INFILTRENT AU TCHAD? LES AVEUX DU CAPITAINE NASRELDINE BABIKIR ABALKHEYRAT,AGENT DU SERVICE DE LA SECURITE EXTERIEURE DU SOUDAN S'EXPLIQUE.

Question : Veuillez décliner votre nom et prénom ?
Réponse : Nasradine Babikir Abalkheyrate Bosch
Q : quel est votre âge ?
R : j'ai 32 ans
Q : Quel est votre lieu de naissance ?
R : je suis né dans la prefecture de Zalingué en 1965
Q : de quelle natioanlité êtes-vous ?
R : Je suis de nationalité soudanaise
Q : Avez-vous une autre nationalité ?
R : J'ai seulement une carte d'identité tchadienne mais pas une nationalité.
Q : quel est votre rapport avec le Tchad pour obtenir un tel document?
R : Je suis de mère Zakhaoua et il très facile pour nous d'obtenir de tel document qui nous facilite le passage d'un pays à un autre .
Q : quel est votre profession ?
R : Je suis capitaine dans le service des renseignements généraux soudanais
Q : quel était votre ancienne profession ?
R : j'étais caporal chef dans les forces armées populaires
Q : parlez- nous de votre vie scolaire ?
R : Je suis né et grandit à Zalingué . j'ai quitté la ville quand j'ai abandonné l'école (la 1ère ) pour venir à Khartoum en 1981. En 1982 j'ai rejoint les forces armées soudanaises .En 1984 , je suis affecté de Khartoum à la prefecture du Haut Nil où je suis resté jusqu'en 1989 puis affecté à l'Ouest du Soudan (Niala) jusqu'en 1991 date de ma retraitre anticipée conformement à la demande de ma famille pour remplacer mon oncle <>< chef de canton >> tué. Chef de canton (oumda),j'ai crée un grand camps militaire pour "la défense populaire " dans la région de Dahab charo . En juillet 1991, j'ai eu l'ordre de ratisser les montagnes de Nouba.Effectivement,j'ai commencé le ratissage de Kadougli à Talouchi lieu des rebelles où je suis blessé à la jambe gauche et évacué à l'hopital de Khartoum. A l'hopital,j'ai reçu la visite du gouverneur Aboufatima Abdallah et d'autres hautes personnalités . ( C'était le premier contact )

Q : Combien de jours avez-vous passé à l'hopital ?
R : 18 jours et puis,après trois jours de convalescence, j'ai été convoqué au siège des renseignements généraux.
Q : Qui vous a convoqué ?
R : j'ai été surpris par la visite ,chez moi,de mon oncle Amir Bississi accompagnées d'autres personnes étranges et conformement à leur demande,nous sommes tous allés au siège du service des renseignements généraux.Etaient présents au Siège Ateib Ibrahim Mahamat Kheir,Abdallah Aboufatma,Salah Bosch,Dr. Nafi Ali Nafi,Dr. Khazi Salahadine.Ils m'ont tous exprimé leur admiration et m'ont remercié d'avoir fondé un camps militaire exemplaire .Ils ont en quelque sorte apprecié mes activités et
les hommes que j'ai entraînés. Conformement à mes efforts,ils m'ont proposé de travailler avec eux ,dans le service.
Q : Avez-vous accepté l'offre ?
R : Je suis obligé d'accepter et immédiatement puisque je n'ai pas d'autre choix .
Q : Alors,ce n'était pas par conviction ?
R : Sans vous mentir ,je l'ai accepté malgré moi au debut mais par la suite ,c'est à dire après avoir subi l'entraînement et le lavage de cerveau auquel je suis soumis,j'ai senti une conviction extrême et même un regrèt en moi de n'avoir pas servi le régime islamique durant tout ce temps.
Q : C'était à quelle date ?
R : le 10 septembre 1991 et je suis allé à Andraba pour une formation jusqu'au 1er janvier 1992 .
Q : Y avait-il aussi des étrangers dans ce camps ?
R : nous étions 38 Moudjahidines dont 18 soudanais et le reste est étranger: egyptiens,Algeriens,Palestiniens,Iraniens,Erytréens,Tchadiens.
Q : Peux -tu citer les noms des étrangers ?
R : Je peux me rapeler de quelques uns comme l'egyptien Hamza Mustapha un des coupables de la tentative d'exécution du Président egyptien Hosni Mubarak à Addis et Ali Mustapha,Tarik Mahamadene. Parmi les palestiniens,je cite Masira Suleyman,Islam Salama et hassan Arif. Des algeriens comme Mohamed Saleh,Rabi Hassan,Habib Rabeh et des tchadiens : Mht Ali ,Izadine Hissene,Abdel-Ilah,Adam Abdelhadi,Adelrahim,Ahmad Chia.Salahdine iranien..Abdelsalam est Erytréen et Président du service de la sécurité des Mudjahidines érytréens.
Q : vos collègues soudanais sont-ils des officiers ?
R : oui,ils sont tous des officiers
Q : Vous vous rappelez de leurs noms ?
R : Ils sont tous des capitaines : Mahir Ateïb Ahmat (il fait partie du groupe infiltré ) Tijani Oumar,Oumar Saad,Maawya Almukhid,yassir Jaafar,Anouar Ishagh,Abulgassim Hassan,Khalid Abubakar,Yussuf Hissene,Wadal-Oumda,Ousama Altourabi,Taha Mht Taha,Ahmat Adam Ahmat,Al-Amine Youssuf,Alhaj Isa Cherif.
Q : Ousama Altourabi est le fils de Dr. Hassan Altourabi ?
R : oui, c'est bien le fils du Cheikh Hassan Altourabi mais,exclu de notre groupe
pendant l'entraînement à la "Résistance aux tortures".Il a pleuré avec des sanglots.
Q : Comment vous a-t-on apprit à résister aux tortures pendant les interrogatoires?
R : Il y a plusieurs sortes des tortures dont les jeudis sont consacrés pour l'apprentissage. Une fois,nous étions surpris par l'arrivée d'un camion chargé des soldats qui hurlaient : trahison..trahison..trahison..complot,complot..vous voulez tué Cheikh Hassan Altourabi.Nous
avons été tous attachés puis sauvagement torturés : battus,enterrés,depourvus de l'eau et de manger jusqu'au soir.Les séances des tortures se sont poursuivis jusqu'au huitième jour,date de notre libération suivie d'un cours d'explication,après une démoralisation complète. Le fils de Hassan Altourabi a été exclu dès le deuxième jours de notre détention puisqu'il a craqué.Personne n'a cru un seul un instant que tout ce scénario n'était qu'une manière de nous apprendre à résister aux tortures .
Q : Pendant votre détention,avez-vous été interrogés ?
R : Bien sûr que oui. On nous a dit qu'il y avait parmi-nous des anti-islamistes,des comploteurs voulant assassiner Dr. Hassan Altourabi.Ils veulent savoir qui est le cerveau de ce complot ? et comment a été préparé le complot ? et qui est derrière ce complot ? et après huit jours de tortures,on nous a revèlé -à notre grande resurprise-que c'est une manière de nous apprendre à résister aux tortures au cas où..
Q : Quel était votre grade après la formation et quel était votre responsabilité au service ?
R : Nous avons tous obtenu le grade de lieutenant dans les forces armées populaires.J'ai été affecté à la direction de la sécurité du service et à la direction de la sécurité des opérations spéciales.
Q : Qui dirigeait la direction de la sécurité du service ?
R : Le colonel Salah Bosch.
Q : qui dirigeait la direction du service des opérations spéciales ?
R : Le colonel Ahmat Almustafa et j'ai travaillé à la direction de la sécurité extérieure sous la direction du colonel Aboubakr Charafeldine Ousmane et j'ai aussi travaillé à la direction de la sécurité des détentions.
(Détails concernant les différents services)

Q : Quelles sont les missions que vous avez eues pendant votre travail à la direction de la sécurité extérieure ?
R : En 1994,j'ai été chargé d'une mission au Tchad .
Q : parlez-nous de votre mission au Tchad ?
R : notre service a eu des informations faisant état de la présence d'une opposition soudanaise au Tchad avec un flux de réfugiés Sud-soudanais. Je suis chargé d'aller vérifier l'information sur place avec une fausse idendité et une fausse profession: commerçant. On m'a donné une somme de six million de livres soudanaises et une lettre de facilité de passage destinée aux autorités compétentes de Jeneina. Je suis entré au Tchad avec un camion chargé de 200 sacs des dattes.
Q : étiez-vous seul à effectuer ce voyage ?
R : j'étais accompagné du caporal Sami Al-Amine que j'ai laissé à Abeché chez mon proche Ismaïl,un commerçant..Moi,j'ai continué jusqu'à N.djamena où notre service est très bien implanté avec plusieurs collaborateurs tchadiens haut placés dans l'armée comme dans la politique et même dans la Présidence de la République. Il m'a été très facile de collecter toutes les informations qui démentent la présence de l'opposition soudanaise au Tchad. Tout ce qu'il y avait ,c'est la présence de quelque réfugiés sud soudanais venus au Tchad du Kenya ,d'Ouganda et du "Zaïre". Ces réfugiés ne représentaient aucun danger pour le Soudan et exercent le commerce informel. Au fait,ils sont très loin de la politique.Une fois ma mission accomplie,j'ai quitté N.djamena pour Khartoum en avion .
Q : Pourquoi êtes - vous designé pour cette mission ?
R : Puisque je suis de la région de Darfour,une région frontalière du Tchad .Je peux dire même que je peux passer pour un tchadien sans attirer l'attention des autorités compétentes.
Q : Vous dites que vous avez laissé le Caporal Sami chez votre proche à Abeché ?
R : Oui,j'ai laissé Sami chez mon proche à Abeché ?
Q : votre proche est soudanais ?
R : Non, il est tchadien et commerçant à Abeché . Il est non seulement mon proche mais mon oncle direct c'est à dire le frère direct à ma tente,la soeur à ma mère.
Q : Alors,vous avez une origine tchadienne ?
R : pas exactement .Vous savez c'est un peu compliqué pour nous même de savoir la réalité exacte de nos origines . Avant la colonisation,il n y avait pas de frontière mais des tribus éparpillées partout surtout au long des frontières et il est difficile à les identifier. C'est pourquoi,je ne peux pas affirmer maintenant que je ne suis pas tchadien.
Q : et Sami ?
R : Sami lui est d'origine tchadienne,d'une tribu à cheval entre le Tchad et le Soudan. Il reconnait son appartenance. D'ailleurs,une grande partie de ses parents se trouve au Tchad.
Q : Avez-vous signalé votre mission aux autorités tchadiennes ?
R : Je ne crois pas mais nous avons des agents de la Sécurité tchadienne qui travaillent pour notre service ;Ces agents peuvent nous aider dans des telles missions à l'insu même des autorités supérieures au Tchad . D'ailleurs, cela est un jeu reconnu dans les services des renseignements.
Q : des agents travaillant au sein du service de la sécurité tchadienne?
R : ce n'est pas étrange à mon avis .
Q : Vous avez donc rencontré au Tchad des agents c'est à dire vos agents ?
R : le Tchad est un pays fluide pour la sécurité soudanaise puisqu'il n'existe pas un Etat réel .Il existe un groupe familial qui dirige le pays,pas de patriotisme et il suffit de soudoyer n'importe quel agent de sécurité pour faire tout ce qu'on veut .
Q : Ta direction était-elle convaincue de ton rapport ?
R : oui,j'ai remis mon rapport et le service était convaincu et satisfait. Ce n'est pas la première fois que je viens au Tchad,un pays que je connais bien.
Q : Est-ce-que tu as accompli d'autre mission au Tchad ?
R : entre 94 et 96 ,j'ai accompli sept missions au Tchad : deux à N.djamena, une à Adré, une à Faya, une à Abéché,une à sarh et une auprès du maquis du FNTR .
Q : Quel était ta mission à Adré ?
(..)
R : J'étais reparti au Tchad le 15 novembre 1995 peu avant l'attaque de la ville tchadienne d'Adré par les rebelles tchadiens . Nous avons eu des informations faisant état des deux accrochages de nos forces avec les rebelles tchadiens dans les montagnes de Mornia et de jeben . Le premier accrochage a eu lieu avec une de nos forces mobiles appartenant aux "forces de réserve". Nos forces ont subi une perte de 21 personnes. Le bilan avait irrité les autorités à telle enseigne que l'information avait été étouffée et le bataillon 494 est dépêché sur place avec pour résultat une deuxième perte de 18 personnes. Mais,nos forces ont menti quand elles avaient déclaré avoir anéanti les rebelles tchadiens sans présenter la moindre preuve de cadavre. En plus,nous avons reçu des informations nous indiquant la présence des rebelles soudanais dans la région,avec des dollars falsifiés dans le but d'affecter l'économie locale. Je me rappelle que je me reposais chez moi quand j'ai été appellé d'urgence. Ma direction m'a chargé de diriger une force pour aller dans la région de Jeneina.Cette force est composée des mudjahidines dotés d'une formation spéciale. Nous avons été envoyés à Jeneina le 17 novembre en Hercules. A partir du bureau des opérations dirigée par le général Mht Yassine,nous avons fait le point ,étaient présents le général Hadi alwassila,le commandant du régiment 22 Ibrahim Hassan Jalaleldine,le général Hassan Salehe commandant de la sécurité . On nous a souvent fait comprendre qu'il n y a pas des rebelles tchadiens dans cette région mais une bande armée soudano-tchadienne qui opère pour voler du bétail c'est à dire des bandits armés. Nous avons été pris de cours, Adré est attaqué le 20 novembre 95 par les rebelles tchadiens. Cet évènement nous a fait découvrir la réalité. Dans cette région, existaient plusieurs mouvements rebelles : le CNR de Adam Sandal que nous lui avons conclu sous préssion un accord de paix avec le Président Idris Deby,le FNT de Dr. Alharis qui s'est décomposé et s'est transformé par la suite en FNTR dirigé par Ahmat Yacoub ,l'ANTD de l'ex-ministre Mahamat Garfa qui s'est crée à la fin de 1994 ..Le Soudan soutient Idris Deby et les instructions soudanaises aux forces de l'ordre dans la région frontalière sont claires à savoir l'utilisation de tous les moyens possibles pour supprimer toute trace de rébellion tchadienne hostile au président Deby.
Q : comment procèdez-vous à la suppression de toute rébellion ?
R : cette mission relève de la compétence de tous les services de sécurité et des forces de l'ordre.Chacun procède à sa manière. En général,il existe trois procèdés appliqués : abattre toute personne armée , incarcérer toute personne suspecte et remettre tout opposant non armée au sevice de sécurité tchadienne.
Q : A ce titre,le Soudan aurait extradé beaucoup d'opposants au régime du Président Idris Deby?
R : Nous sommes au service de la politique et les instructions sont claires.Idris Deby et Ange Patassé demeurent les seuls amis "frontaliers" de notre régime.
Q : Mais Ange Patassé n'est pas musulman ?
R : La R.C.A est un pays francophone et le Soudan est lié par des accords avec la France. Deby même n'a rien à voir avec l'islam, c'est un délinquant. Il n'a même pas de principe. J'ai pitié pour les tchadiens. Notre service est bien informé au vu des rapports qui nous parviennent de N.djamena,de l'entourage même,les plus proches. Pourtant,à chaque occasion Deby affirme son soutien le plus formel au régime islamiste. Aux américains, il dit autre chose et aux libyens,il change de musique. Patassé comme Deby,leur seul but est de se maintenir au pouvoir et nous leurs aidons dans cette tâche pour se protéger des ennemis du Soudan selon les instructions.
Q : Le Soudan avait aussi soutenu Hissène Habré ?
R : C'était au début. Habré,il faut reconnaître ,est un vrai chef d'Etat d'une très forte personnalité ,ce n'est pas la même chose que Deby .
Q : pouvez-vous nous affirmer que votre pays avez remis des opposants tchadiens au régime de Mr. Idris Deby ?
R : Pour nous service de sécurité, les instructions étaient clairs et nous ne faisons qu'exécuter ces instructions de notre gouvernement.
Q : combien des opposants tchadiens avez-vous extradé vers le Tchad ?
R : j'ignore le nombre puisque la statestique ne relève pas de ma compétence et aucun service ne peut savoir le nombre exact. l'arrestation et les extraditions se font quotidiennement et à chaque moment où cela s'avère necéssaire surtout à partir de la ville de Jeneina où les forces de securité tchadienne sont omniprésentes .Elles collaborent étroitement avec les nôtres qui sont informées de toute personne douteuse. Nos forces effectuent l'arrestation et remet le collis aux forces de securité tchadiennes Q : avez-vous participé à de telles opérations ?
R : je n'ai jamais participé à de telles opérations mais je suis la situation à partir des rapports qui parviennent à la directions. En revanche,j'ai participé à deux coups de forces contre les rebelles tchadiens du CNR en 1994 où nos forces ont poursuivi un groupe d'une cinquantaine des combattants qui ont déserté un camp de regroupement à 5O km de Jeneina . Nous l'avons convaincu de signer un accord avec le régime tchadien . Quand ils ont remarqué que les choses ont traîné pendant deux mois,ils ont décidé de quitter le camp de regroupement en assassinant deux policiers soudanais qui montaient la garde . Nos forces les ont poursuivi jusqu'à cent kilomètres en direction de leur maquis d'origine. treize combattants étaient éliminés lors de la chasse et 21 autres avaient été capturés puis fusillés sur place. En juillet 96, nos forces ont tué douze combattants des rebelles appartenant au FNTR de Ahmat yacoub.En Août 96, nos forces ont arrêté et extradé un groupe de cinq officiers apparrtenant à l'ANTD de Mahamat Garfa.
Q : Est-il normal d'extrader de personnes sans arme ?
R : C'est contraire au respect des droits de l'homme mais partout au monde où il y a des accrochages militaires ,les bavures n'en manquent pas. Logiquement,Il est regrettable d'etouffer toute vie humaine. Quant aux arrestations et aux extraditions,nos forces ne font qu'exécuter les ordres des autorités supérieures. D'une part,c'est regrettable et d'autre part,le gouvernement soudanais a ses raisons de pourchasser les rebelles tchadiens . Il se trouve que le régime tchadien arrive à influencer notre gouvernement par des allibis généralement infondés à savoir présenter les rebelles comme étant des bandes des voleurs armées qui menacent la securité des deux pays. De fois,on nous fait croire que ces rebelles sont anti-islamiste,pro-américain ou ils coopérent avec l'opposition soudanaise.
(..)
Q : parlez-nous plutôt de votre mission après l'attaque de Adré par les rebelles tchadiens?
R : L'ordre m'a été donné de diriger mes forces pour porter secours aux forces gouvernementales tchadiennes. A cinq kilomètres de la ville,j'ai appris que les forces rebelles tchadiennes se sont retirés et j'ai regagné avec mes forces , en alerte ,à Jeneina .
Q: D'après vous à qui appartient ses forces rebelles?
R: Ils appartiennent à une coalition de l'ex-FNT et de l'ANTD
Q : Y a t-il eu des pertes dans les rangs des forces rebelles ?
R : Nous ne les avons pas affronté mais du côté des forces tchadiennes,nous avons appris que les pertes étaient énormes.L'attaque rebelle était une surprise pour les forces tchadiennes qui avaient cedé sans resistance laissant la ville et son contenu à l'ennemi. Tout est emporté.Des voitures militaires,des armes lourdes etc... Les rebelles ont eu le temps de commettre des viols et du pillage dans la ville .
Q : connaissez-vous les bases de ces forces rebelles rebelles ?
R : Ils se déplacent en petit groupe,changeant de temps en temps de base au Soudan comme au Tchad .
Q : comment vos services de sécurité n'arrivent pas à localiser les bases de ces rebelles?
R : Je vous dis que ces rebelles sont en mouvement permanent .Il y a eu même deux de nos agents qui avaient rallié des mouvements rebelles dans le but de localiser avec précision leurs bases . Malheureusement, le premier est tué deux mois après dans des affrontements opposant les forces rebelles à celles du gouvernement tchadiens. Le deuxième est revenu, trois mois après, sans résultat précis. Selon son rapport ,les rebelles ne font pas confiance au nouveau rallié surtout s'il n'appartient pas à une famille tribale reconnue. Les références de tout nouveau rallié ou recruté sont importantes pour son intégration définitive.Il faut dire que les rebelles sont généralement issues du même clan, de la même tribu, de la même région et l'identification de toute personne est chose facile. Notre agent était membre d'un comité de recherche des solutions aux disputes des villageois se trouvant dans la zone de passage des rebelles. L'objectif étant de le contrôler et de le surveiller à travers son langage etc...C'est pourquoi,au lieu de surveiller les forces des rebelles,lui même était l'objet d'une surveillance.
Q : Le Soudan et le Tchad ont formé une brigade mixte ?
R : La brigade mixte avait pour objectif de combattre les bandits armés et nous avons réalisé par la suite que nos forces sont exploitées pour combattre des rebelles tchadiens.
(..)
Q : Crois-tu que les soldats soudanais ignorent la réalité de ce qui se passe à l'Est du Tchad?
R : Je ne suis pas certain parce qu'ils sont rélèvés systèmatiquement. Et même s'ils sont au courant, un soldat est au service des ordres de ses supérieurs. Généralement, une fois sur place la réalité n'échappe à personne.
Q : Extradtions et exécutions de tchadiens, des journaux en ont parlé? que dis-tu?
R : Les faits sont exacts, je les regrète maintenant. Le Soudan n'a jamais eu du respect pour l'être tchadien. Nous avons couvert Déby et ses crimes. Actuellement de milliers de réfugiés tchadiens surtout des ouaddaïens se trouvant dans des conditions difficile au Soudan mais notre pays a voulu étouffer la situation pour ne pas ternir l'image du régime qu'il protège.
Q : Toi même, t'as eu l'occasion de participer à l'arrestation et l'extradition d'opposants tchadiens?
R : Malheureusement oui. L'exmple de Adam Acyl, Brahim Aldaris etc..il ya un service qui s'en ocuppe d'arrestations, d'intimidation et d'extraditions dirigé par le général Moutrif.
(..)
Q : Où en êtiez-vous avec la présence de l'opposition soudanaise avec des faux billets verts?
R : Après des enquêtes,le service est convaincu que l'information était infondée et qu'il n'existe aucune présence de l'opposition soudanaise dans la région.
Q : Avez- vous accompli d'autres missions en dehors du Tchad ?
R :une mission en République centrafricaine , une autre au Cameroun ,une mission au Gabon.
Q : Pourquoi l'Afrique centrale précisement?
R : Avant ma mission de l'Erytrée, j'appartenais à une équipe chargée de l'Afrique centrale mais il y a d'autres équipes chargées d'autres régions ( pays du Golfe,la corne de l'Afrique,le
Maghreb arabe,l'Asie , l'Amérique ,la région pharaonique..
Q : c'est quoi la région pharaonique ?
R : nous appelons la région pharaonique,l'Egypte et la Libye .
Q : Quel était le but de votre mission en République centrafricaine ?
R : En république centrafricaine, précisement la route de Ouber pour couvrir la visite du maréchal Oumar El Bechir .Je suis entré à Bangui par voie terrestre sous l'étiquette de commerçant avec un gros camion chargé des marchandises . C'était pour préparer la visite du Président Elbéchir qui doit arriver en février 96 et en même temps prendre contact avec notre antène en RCA .
Q : votre service dispose d'une antène en RCA ?
R : elle est composée d'une antène composée des soudanais généralement des commerçants et liée avec un agent à l'ambassade du Soudan en RCA, puis une sous antène composée des centrafricains haut placée liée à un seul agent de l'antène et qui pratique le commerce . Notre service est très actif dans cette région .
Q : quel est l'intérêt du Soudan en RCA ?
R : les forces soudanaises n'avaient pas attaqué les forces rebelles soudanaises à partir de la RCA ? Voilà un des intérêts soudanais .
Q : Combien des jours avez-vous passé en Centrafrique ?
R : Presque un mois,du 5 ème jour de ramadan au 3ème jour de la fête de ramadan.
Q : Qu'est-ce-que vous avez fait après le retour de Bangui?
(..)
R : On m'a parachuté à la direction des opérations spéciales et j'étais membre du conseil d'interrogatoire des auteurs de coup d'Etat du 5 mars dirigé par le colonel Awadalkarim Alnagr?
Q : Quel était le nombre des personnes arrêtées ?
R : Environ 12 ou 13 détenus dans la prison de Kober parmi lesquels Mounir Abaro,Samir Abaro,le général Babikir Khalif Aljali,colonel Mht ousman,Ousama Khandi,Assad Tajalsir, Mubarakalmahdi..
Q : les auteurs du coup d'Etat ont-ils été torturés ?
R : Oui.
Q : Quels sont les tortionnaires ?
R : ceux qui dirigent l'interrogatoire et les tortures sont Yassir Jaafar et Maawya Albakhit.
Q : comment les torture t-on ?
R : Nous leurs faisons subir plusieurs sortes des tortures comme la suspension à une fenêtre,les priver de dormir etc..ils finiront par craquer et parler ,quelque soit la résistance .
Q : est-ce-que vous avez fait une formation dans le domaine du terrorisme ?
R : j'ai eu une formation terroriste de trois mois en 94, après mon retour de ma mission du Tchad.
Q : qui dirigeait la formation au terrorisme ?
R : quelqu'un qui s'appellait Cheikh Hissène directeur des opérations du centre de l'économie et de l'information de Hamas à
Khartoum. Cheikh Hissene n'était autre que le terroriste Carlos. J'ai decouvert cette réalité seulement en janvier 1995 soit après son incarcération.
Q : Qu'est-ce-que tu as apprit dans ta formation terroriste ?
R : D'abord,on nous a bien défini le terrorisme dont nous croyons légal, pour exercer des pressions sur les régimes anti-islamistes. Le terrorisme fut exercé depuis la nuit des temps .Exemple le terrorisme des indiens contre les americains,celui des irlandais contre les britaniques. Nous avons apprit qu'il y a 4 sortes de terrorisme,l'explosion,l'assassinat,l'enlèvement et les accidents de circulation. Chacun des 12 officiers doit présenter son projet pratique pour évaluer sa compétence dans le terrorisme.
Q : quel était ton projet pratique?
R : Mon projet était d'abattre le Président Oumar Ebéchir.ça impressionner ma direction qui m'a demandé d'aller jusqu'au bout de mon planning.Effectivement,j'ai démontré que je pourrai bien abattre le Président à partir de la Socièté Arabe d'Investissement se trouvant en face du Haut Commendement.La socièté est un immeuble de 4 étage. J'ai lié une amitié avec un des habitants de l'immeuble,ce qui m'a facilité l'accès au toit de l'immeuble. La cible était à 925 mètres de l'immeuble. Pour préparer et exécuter le projet,j'ai demandé un microscobe(télescope),2O mille livres soudanaises,un fusil JM3 pliant . Le deuxième jour,j'ai avisé ma direction que je suis déjà prêt.Une équipe de plusieurs services de sécurité a effectué le déplacement . Sur le toit de l'immeuble,nous y sommes placés le matin de 7H55' à 8H35' heure à laquelle le président a fait son apparition .Au moment où son
chauffeur lui ouvrait la portière de sa voiture.,j'ai remis le telescope au colonel Adil Hamad Alnil (service de sécurité) en lui disant : tenez patron,voilà la cible . C'est bien Elbéchir a répondu le colonel. La cible a bien ébahi les responsables et j'ai été félicité. Le cheikh Hissene en personne a rencontré le Président dans la soirée pour lui annoncer son "assassinat" en lui expliquant la tentative. En guise de remerciement,j'ai eu mon diplôme avec mention excellent,on m'a offert une maison au Quartier Almazad à côté de la pharmacie populaire et une somme de 2OO millie livres.
Q : Tout cela pour avoir reussi ton projet?
R : et je suis devenu le cadre N° 169 du front Islamique.......(Détail)
Q : et puis ?
R : je suis affecté au siège de la sécurité extérieure et chargé de ceux qui assure les déplacements du Président à l'extérieure,puis à la direction des détentions en 1996 ..(Détail) . C'est en travaillant dans cette direction que la mission de l'Erytrée m'a été confiée.Pourtant,j'ignorais l'Erytrée et j'ai commencé à collecter des informations surtout,auprès des connaisseurs comme Lougmane Albadawi déserteur de l'opposition soudanaise.
Q : qu'est-ce-que tu as pu obtenir de Lougman ?
R : Lougman nous a tout raconté et tout était vrai sauf deux choses : 1) il a dit que tout officier soudanais se ralliant à l'opposition ,sera tout d'abord acheminé à Asmara avant de l'intégrer.2) le Président erythréen Asyas Aforgué se rend visite fréquement au siège de l'Alliance nationale démocratique soudanais (NDA) à Asmara puisqu'il est l'ami personnel du général Abdel-Aziz Khaled.
Q : Qui ,précisement t'a donné la mission ?
R : c'était Mahamat Ahmat Aldabi de la direction du service de la sécurité extérieure.
Q : Quelle est la nature de la mission et commbien êtes-vous pour son exécution ?
R : Nous étions trente cinq personnes .
Q : Qui a désigné les personnes ?
R : sincèrement,j'ignorais cela . Avant la mission,Je ne connaissais même pas les gens désignés excepté un seul ,Fadil Altijani un de nos chauffeurs. Le planning était préparé à mon insu.
Q : et la mission ?
R : nous avons des différentes missions. moi, ma mission était de rallier l'opposition avec pour objectif d'assassiner le Président erytréen au siège de l'Alliance à Asmara . La mission des 34 autres personnes était d'infiltrer l'opposition à partir des trois axes : Kourmouk,Alguallabatte,Kassala avec pour objectif de collecter des informations.
Q : quand avez-vous quitté Khartoum?
R : nous avons quitté Khartoum jeudi 14 novembre 1996 pour arriver à Madani où j'ai embarqué Sami Alamine..
Q : Sami était avec toi dans la mission?
R : oui,j'ai préferé qu'il soit avec moi pour deux raisons,d'abord puisqu'il m'aide beaucoup dans le lavage et le repassage de mes habits et parce qu'il aura une parcelle de terrain à construire et des moyens finançiers dès notre retour au Soudan. Il y a 4oo parcelles attribuées à notre service et tout candidat à cette offre doit au moins avoir le grade de caporal chef.Or,Sami ne méritait pas parce qu'il est seulement caporal.
Q : Sami était au courant de la mission ?
R : Non, Sami ignorait totalement la mission et il ne s'est pas empêché de me poser la question ,d'ailleurs plusieurs fois,à Madani,à Kassala et à Sawa,à chaque fois,je luis demander de s'en abstenir jusqu'au moment venu.A Sawa,il m'a fait voir un document que les tchadiens appellent " Laissez-passer", j'ai très vite arraché et déchiré. (détails)
Q : connaissais-tu déjà le général Abdel-aziz Khaled (commandant de la Zone Est de l'armée de l'Alliance ) ?
R : avant de bouger,on m'a fait visionner beaucoup de ses photos surtout quand il était lieutenant et colonel dans l'armée de l'air soudanaise.
Q : quelle somme a t-on prévu pour la mission?
R : chacun des 34 personnes a eu 250 dolars et 750 000 livres S. En ce qui me concerne, j'ai touché pour l'opération sept millions de livres et mille dolars.
Q : c'était donc pour assassiner le Président erytréen ?
R : oui, ma mission était de le tuer.
Q : après Kassala que s'est-il passé ?
R : De l'Hôtel Kassala où je suis logé,je rassemblais les informations avec l'aide de Mahir et de Sami. Mahir faisait la liaison entre moi et le service de sécurité de la ville où il y avait ,selon Mahir, des commerçants qui désirent obtenir des autorisations d'entrée en Erythrée. Je ne vois Mahir que dans la nuit pour faire le point (...) le 17 matin,j'ai demandé à Sami de me devancer avec l'argent et ma valise. Le même jour,j'ai quitté pour se rendre au bureau de l'Alliance nationale àTisney .
Q : comment et avec quel moyen de transport ?
R : C'est Mahir qui a tout arrangé en disant au responsable de l'Hôtel que nous sommes des commerçants, victimes de l'escroquerie d'une personne et selon les informations que nous avons eues,cette personne se trouve à Tisney et nous cherchons une occasion pour se rendre à cet endroit. Le responsable de l'Hôtel nous a posé la question suivante : voulez-vous aller officiellement ? non, officieusement, j'ai répondu. Le 17, l'hôtelier nous a trouvé un chauffeur qui est prêt à faire la route mais pas officiellement. Nous avons essuyé des coups de feu de notre armée malgré cela nous avons pu franchir. Les coups de feu ont prouvé que je n'ai rien à voir avec la politique. Et ce n'est peut-être pas un hasard.
Q : tu es passé par où pour entrer ?
R : par Kassala-le montagne abou ghamoul-Tisni.
Q : aprèsTisney tu es allé où ?
R : Directement au bureau des forces de l'Alliance où j'ai eu à rencontrer des responsables. Ils m'expliquaient les objectifs de l'opposition mais je n'ai pas donné d'importance puisque ce n'est pas ma tasse de thé.Après trois jours,un certain Ali Yassine est venu me chercher pour aller au camps de Sawa (...)
Q : comment et quand as-tu commencé à exécuter ton projet d'assassinat?
R : Selon les informations de Lougmane,tout officier une fois rallié,est envoyé à Asmara.J'attendais impatiement ce moment qui n'arrive pas.J'ai commencé même à jouer en vain,au malade imaginaire pour obtenir mon evacuation sanitaire à Asmara (..)
Q : Comment arrives-tu à assassiner le Président erytréen à Asmara ?
R : Je commence tout d'abord par connaître les mouvements du Président ,son entourage,ses Rendez-vous,ses horaires de passage. Par exemple ,le jour,l'heure et le lieu d'un conseil des ministre seraient des choses faciles à connaître. Il est presque impossible actuellement d'assassiner un Président dans sa voiture puisque les voitures présidentielles sont généralement blindées.Mais il est possible de l'abattre pendant sa sortie ou son entrée dans sa voiture,pendant son discours devant un grand public. Pour moi, le Président était une proie très facile conformement aux informations que nous avons collectées au Soudan surtout qu'il est fréquent au siège de l'Alliance à Asmara selon les dires de Loughmane.
Q : pourquoi le Service de Sécurité confie t-il une telle mission à une seule personne?
R : j'ai discuté de ce sujet avec Ghazi Salahadine ,Aldabi et Ibrahim Chamseldine qui m'ont laissé entendre que le Soudan ne peut pas commettre la même erreur du passé (la tentative d'assassinat du Président Hosni Mubarak à Addis )et on pretend maintenant que les deux capitales Asmara et Addis sont sous haute surveillance policière.
Q : quand tu pretendais assassiner le Président ?
R : c'était à moi de fixer le jour ,l'heure et le lieu de l'assassinat qui doit avoir lieu avant la fin d'avril date prévue de mon retour au Soudan . Toutefois,jusqu'au10 mai, mon absence du Soudan sera considerée par le Service comme une perte.C'est à dire,si je n'arrive pas à regagner le Soudan jusqu'à cette date,je serai considéré mort ou dans les mains de l'ennemi.Mais j'étais sûr de regagner le pays et dans le cas où je n'arrive pas à exécuter ma mission,quelqu'un d'autre s'enchargera au vu de mon rapport. A vrai dire,j'avais surestimé ma capacité.
Q : Vous n'avez pas prévu dans votre service l'echec de votre projet ?
R : D'abord,je précise que le projet est élaboré à mon insu et moi je ne suis qu'un exécutant.Ceci étant,j'ai eu l'occasion à discuter de ce projet avec mes responsables .Ils sont très convaincus que le Président erythréen sera assassiné par quelqu'un d'autre du service si ce n'est pas par moi.Toutefois,on m'a fait enregistrer un faux aveu avant de quitter Khartoum?
Q : Quel est ce faux aveu ?
R : Le 12 novembre, Mahir Alteïb m'a téléphoné pour que je me présente d'urgence à son bureau. Arrivé,il me présente un papier .Lecture faite, j'ai demandé de quoi il s'agit.Il me répondait calmement que c'est un aveu que je dois enregistrer de ma voix.
-Pour quoi? Vous n'avez pas confiance en moi? Si c'est le cas, veuillez me remplacer?
-Non,non,il reprend en me rassurant et il poursuit : Après tout,tu es un être humain et il est possible que tu passes aux aveux au cas où.. Quelqu'un d'autre, du groupe infiltré, peut bien te trahir. Dans ce cas, on doit assurer ta défense et celle du pays..c'est un processus normal.
-Pour le moment,je ne peux pas apprendre cela par coeur pour enregistrer mais je reviendrai ultérieurement .
-Non,tu n'a pas besoin de réciter le texte puisqu'il sera copié au tableau.
-J'ai finalement accepté par enregistrer la casette .
Q : Tu te rappelles du texte?
R : pas tout à fait
Q : l'essentiel ?
R : Je suis de l'alliance et je suis envoyé par l'oppsition pour assassiner le Président Oumar Elbéchir pendant sa visite en Centrafrique en février 96.
Q : Dans une des interrogatoires, tu as précisé qu'un groupe d'étrangers avait été envoyé à Hizboulah. Est-ce-vrai ?
R : bien sûr ?
Q : quand et comment?
R : cette opération a eu lieu une semaine après la visite en octobre du Président Rafsanjani au Soudan. Un groupe de Moudjahidines, erytréens, palestiniens, tchadiens, soudanais..avaient été acheminés de l'aéroport de Doungoula à Damas en avion (c'était un avion français loué essentiellement pour approvisionner la ville de Jouba). De Damas, ils sont acheminés au Sud Liban par voie terrestre...(détail)
Q : Quel est le but de ces Moudjahidines après l'entraînement?
R : Avec les moudjahidines, notre pays exercent des préssions sur les différents régimes. Les erytréens par exemple, rejoignent leur mouvement islamiste en lutte contre le pouvoir. Quant au tchadiens, ils intègrent l'armée tchadienne. Le président tchadien nous accordent une couverture dans ce domaine.
Q: vous dites qu'ils rejoignent l'armée tchadienne?
R: Oui. Vous trouvez que c'est étonnant mais c'est vrai. Le seul régime qui nous offre une pareille opportunuité est celui d'Idriss Déby. Voilà pourquoi le Soudan n'accepte jamais son départ..A l'Ouest du Soudan, les marchandises coûtent moins chers qu'au Tchad et Khartoum pourtant elles nous arrivent de l'extérieur à travers le Tchad sans douane. Nos moudjahidines intégrés dans l'armée tchadienne surveillent de près les activités occidentales au Tchad avec la coopération de notre ambassade.
Q : Les tchadiens acceptent t-ils une telle situation?
R : (..par respect à notre pays le Tchad, nous avons préféré ne pas publier cette partie humiliante..)
Q : quel est le rôle du Front islamique et qui dirige le Soudan ?
R : Nous sommes des exécutant pas plus et je ne comprends pas beaucoup dans la politique.
Q : nous voulons savoir le rôle du Front islamique et non le tien ?
R : Le Front islamique est la composition des idéologues et des dirigeants et il est difficile pour moi de savoir plus des détails mais il y a des personnalités désignées pour diriger toutes les opérations comme Dr. Nafi Ali Nafi,Ibrahim Chamseldine.

Transmis par ledérangé