Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

La France impose aux tchadiens Idriss Deby, Le Soudan inflige aux tchadiens, Timan Erdimi.

 

En clair, les tchadiens ont le choix entre l’oncle ou le neveu. Le premier comme Président de la République, le second comme Président de l’opposition armée et dans les pires des scénarios, futur Président de la République. LA PESTE OU LE CHOLERA ? 

 

Un Non Choix en réalité. Ces deux  individus sont les deux faces hideuses d’une même pièce ou plutôt d’un même sinistre système, celui en place depuis dix huit  ans et qui sans concession aucune, maintien sur les tchadiens une chape de plomb, anéanti tout perspective de réalisation personnelle, professionnelle digne, écrase toutes les aspirations démocratiques des tchadiens et  annihile toute initiative de développement de notre pays. Que reprocher à Deby qu’on ne saurait imputer à Timan ?

 

Le Diktat soudanais à faire de Timan Erdimi « l’élu de l’opposition armée tchadienne » tombe sur nos cous comme un couperet, une condamnation à mort sans appel.

 

Mais de quoi les tchadiens sont ils coupables pour que pareille sentence s’abatte sur eux, ne cesse de questionner mon esprit tourmenté. J’ai beau chercher, je ne trouve aucune raison qui justifie tant de mépris, de déni de notre droit à vivre tout simplement.

 

Timan Erdimi, chef de l’opposition armée ? On aimerait croire qu’il s’agisse  d’une blague, certes de très mauvais goût  mais sans autre effet qu’un rictus de dédain. Car comment imaginer en chef de l’opposition armée, celui qui pendant plus de quinze années  a assumé avec zèle le rôle d’éminence grise du régime de terreur en place, de fossoyeur des deniers publics, de faiseur et défaiseur des ministres et autres courtisans à la cour du palais rose, de croque mort des citoyens, le roi du clanisme primaire. Le comble de malheur pour les tchadiens, c’est que Timan a un frère jumeau, Tom, donc toute forfaiture était systématiquement au carré.

 

Le choix des soudanais s’avère une fois encore très dangereuse pour les tchadiens. Souvenons nous que Idriss Deby lui-même est un pur produit du Soudan et de la France.

On aurait pensé que les soudanais tireraient des leçons des fiascos répétitifs de leurs différents dauphins à savoir la cuisante défaite et la reddition de  Mahamat Nour en 2006 et - comme disait la déclaration du FPRN/UFC et CDR – de  la bérézina de Mahamat Nouri et du même Timan Erdimi de février 2008. Hélas force est de constater qu’il n’en est rien et obnubilés par une lecture purement ethnico politique de la crise tchadienne, ils s’apprêtent à commettre la même grossière bévue. Avec Timan Erdimi, toute perspective de changement s’éloigne définitivement du Tchad.

 

Ce choix est loin d’être judicieux sachant combien le RFC de Timan est  un mouvement désorganisé, clanique et désintéressé par la sécurité et le bien être des tchadiens. Constitué en grande partie de proches parents, anciens miliciens de la garde prétorienne de Deby et  autres agents de la tristement célèbre ANS, la police politique du régime de N’Djamena, il est fort à parier que les tchadiens auront encore bien de soucis à se faire si par malheur ce mouvement arrivait au pouvoir. Et si Timan est un parfait usurier on ne peut en aucun cas parier sur  ses aptitudes de meneur d’homme. Bien au contraire, sa capacité à rassembler les hommes est des plus contestables. Lui c’est l’homme des intrigues, des coups bas et des combines mesquines. Adepte invétéré du « diviser pour mieux régner ».

Hors pour conduire un projet aussi noble que la libération nationale, il faut un homme intègre, de consensus et au-dessus des intérêts partisans. Autant de faits qui  renforcent la nature tout à fait subjective et désastreuse (du moins du point de vue des tchadiens) de la solution soudanaise.

 

Il est désolant de constater que les différentes organisations politico militaires n’aient eu d’autres choix que de ravaler leur écœurement et d’avaliser la décision de leurs financiers. Eh oui, « main qui donne, main qui dirige ». La pilule doit être encore plus amère pour le FPRN/UFC du Colonel Adoum Yacoub Kougou, mouvement en lutte depuis plus de dix ans et seul totalement affranchi de la manne du sponsor soudanais. En intégrant l’UFR et ce malgré les réserves contenus dans sa déclaration,  ce mouvement atypique et très convoité s’est peut être jeté un peu trop vite dans les tentacules asphyxiantes soudanaises. Dommage ! 

 

Que reste t-il aux tchadiens ? L’espoir ? C’est vrai, on dit qu’il fait vivre. Mais nous savons que l’espoir à lui seul ne suffit pas.

 

Alors que le monde vient de fêter dans l’allégresse quasi générale la fin de l’administration désastreuse de Georges W. Bush et  de célébrer dans une liesse planétaire sans précédent l’avènement d’une nouvelle ère pleine d’espoir, débarrassée de la peur, avec l’avènement de Barak Obama, les tchadiens eux sont condamnés à une continuité qui annonce des lendemains des  sombres. Après Hissène Habré, Idriss Deby,  voila Timan Erdimi qui pointe à l’horizon tel un oiseau de mauvais augure présage aux pires calamités.

 

Trop c’est trop. Il nous faut absolument sortir de cet enfer avant qu’il nous engloutisse tous. Aucun de nous ne survivra à un autre tsunami politique comme celui qui s’est abattu sur nous ce 1er  décembre 1991 et dont les conséquences seront à jamais incalculables.

 

Que faire alors ?

 

Le constat est le suivant :

 

Politiquement, le RFC à travers son président,  est coresponsable de la dictature en place et a des comptes à rendre aux tchadiens au même titre qu’Idriss Deby. Dire qu’il est impopulaire est  un euphémisme. Nul ne doute des motivations bassement matérialistes ayant conduit à sa création loin des nobles idéaux que brandit à son corps défendant, Timan.

Militairement, les hommes de Timan sont indisciplinés, félons et  ignorants tout de l’art  de la guerre. Ils sont incapables d’aller  seuls à la bataille et vaincre. Leurs méthodes n’obéissent à aucune règle du droit de la guerre à l’instar des jandjawids. Il serait irresponsable et dangereux pour les autres mouvements de partager la responsabilité de leurs crimes de guerre au moment où les tribunaux internationaux sont particulièrement sensibilisés sur ces actes.

Enfin, numérique le RFC est de moindre importance comparé aux mouvements en place. 

 

Alors pourquoi faire de Timan le chef de l’opposition armée alors qu’aucune raison objective à la base ne s’y prête ?

Accepter ce diktat, c’est aller droit au mur. Est-ce cela la finalité de cette lutte armée ?

Comment comprendre que des responsables tchadiens, opposants au régime dictatorial de Deby, acceptent de sacrifier leur vie, celle de leurs militants et des tchadiens en général pour porter au pouvoir,  un futur dictateur ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. C’est un non sens.

 

 L’heure est grave et c’est pourquoi, je lance un appel solennel aux leaders consciencieux des organisations politico militaires pour qu’ils se ressaisissent et récusent ce pseudo élection. Ce n’est pas trop tard. Si les soudanais estiment que Timan est la solution, qu’ils lui donnent toute l’artillerie qu’ils veulent et qu’il aille seul affronter son oncle de dictateur. Le départ de Deby ne peut en aucun cas constituer un programme politique. Habré est parti et pourtant nous sommes englués depuis dix ans, dans une des pires dictatures que connaisse l’Afrique!

Faut-il vraiment rééditer ce funeste dessin ? Pourquoi ?

 

Ce qu’il faut c’est le démantèlement total du système dont Deby, Timan et autres apparatchiks  sont les dignes représentants.

 

Ce qu’il faut c’est l’édification en lieu et place d’une société juste et viable où tous les tchadiens sans distinction aucune, pourront jouir de leurs droits fondamentaux. C'est-à-dire  élaborer un véritable projet politique commun en phase avec nos réalités et nos aspirations, trouver une réponse tchadienne à un problème tchadien en dehors de tout diktat étranger fusse t-il soudanais ou français. Et subséquemment,  la prise du pouvoir par des hommes et des femmes patriotes, intègres et humanistes.

 

Non Timan Erdimi ne sied pas à nos aspirations. Il n’en a ni la stature, ni la conscience historique, ni  la grandeur d’âme pour présider à nos destinées.

 

C’est ce message fort qu’il faut envoyer aux autorités soudanaises en refusant de cautionner leur choix. Cela exige du courage et une volonté politique à toute épreuve. En avons-nous la force ? La volonté ? L’intelligence ? La liberté ?

 

« YES WE CAN ».

 

 

Le tchadien libéré.

 

letchadienlibere@yahoo.fr