Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak



Communiqué de presse
Embargo jusqu'au 28 janvier 2008 à 00h00 CET

Débat sur la présence militaire française à l'étranger : les députés doivent demander des comptes sur le processus politique au Tchad

Alors qu'à l'Assemblée Nationale, les députés doivent débattre aujourd'hui de la prolongation de la présence militaire française dans différents pays, Oxfam France –Agir ici se félicite de la tenue du premier débat parlementaire de ce type, après les discussions spécifiques sur l'Afghanistan il y a quelques mois, et attire particulièrement l'attention des députés sur le cas du Tchad. « Nicolas Sarkozy avait annoncé il y a près d'un an la renégociation et la publication de tous les accords bilatéraux de défense entre la France et divers pays africains, et avait fait part de son souhait d'associer étroitement le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique. Le Parlement doit profiter du débat d'aujourd'hui, une première dans l'histoire de la cinquième République, pour exercer un contrôle citoyen indispensable sur la présence militaire française à l'étranger » affirme Luc Lamprière, directeur d'Oxfam France –Agir ici.

Avec plus de 2 800 militaires présents sur place [1], le Tchad est aujourd'hui le pays qui compte le plus grand nombre de soldats français déployés en opération à l'intérieur de ses frontières [2]. En outre, le contingent militaire français est de loin le plus important au Tchad, qui ne compte que 1 622 soldats étrangers autres que Français. Cela confère à la France un poids et une responsabilité de premier plan dans les efforts internationaux de stabilisation du Tchad et de protection des civils à l'intérieur de ce pays.

Oxfam France –Agir ici a salué la décision des Nations unies le 15 janvier dernier de prendre le relais de la force européenne à compter du 15 mars 2009 [3]. Si le nombre de soldats français qui passeraient sous commandement onusien à compter du 15 mars est encore incertain, il est indéniable que les effectifs français totaux déployés au Tchad resteront majoritaires et que la France demeurera le pays le plus influent à N'djamena.

Les députés vont notamment se pencher sur l'efficacité et la sécurité des troupes françaises. Ils doivent également s'assurer que la France met tout en œuvre pour s'attaquer aux racines réelles et profondes de ce conflit, respectant par-là sa 'Responsabilité de Protéger' qu'elle a récemment consacrée dans le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale [4] comme l'un des "sept principes directeurs pour l'engagement des forces armées à l'étranger".

« Le banditisme, les tensions intercommunautaires, les pillages et la violence en général constituent encore une réalité quotidienne pour les centaines de milliers de personnes bloquées dans les camps de réfugiés et les sites de déplacés. Il est urgent de briser le cycle de l'impunité pour le futur de ce pays et de relancer un véritable processus de paix et de démocratisation. Si la responsabilité première en échoit au gouvernement tchadien, la France devrait faire en sorte que la mission des Nations unies puisse contribuer à la réforme du secteur de la sécurité et de l'Etat de droit » déclare Nicolas Vercken, d'Oxfam France –Agir ici.


Depuis plusieurs mois, les négociations entre rebelles et gouvernement tchadiens sont au point mort et chaque partie s'est lourdement réarmée. Oxfam France –Agir ici interpelle à l'occasion de ce vote les députés afin que la France mette à profit son statut de partenaire privilégié du gouvernement tchadien pour avancer sur un processus de paix et de démocratisation viable, qui traite notamment de questions cruciales comme le partage des ressources, la bonne gouvernance et la réforme de l'armée, de la police et de la justice.


« Il est urgent que la France œuvre à la mise en place d'un réel processus de paix et de démocratisation au Tchad.. Tant le gouvernement que les différents groupes rebelles se sont lourdement réarmés, il n'y a pas de réelle avancée des négociations [5] , que ce soit entre le gouvernement et les rebelles ou le gouvernement et l'opposition politique et, surtout, la société civile reste exclue du débat. Les députés français doivent exiger que la France ait une diplomatie à la hauteur de son engagement militaire » conclut Nicolas Vercken.


Notes aux rédactions :
1 - dont 1668 déployés au 06 janvier 2009 dans le cadre de l'opération Eufor Tchad RCA et 1150 dans le cadre de l'opération Epervier

2 - contre 2.700 en Afghanistan, 2.000 au Kosovo ainsi qu'en Côte d'Ivoire ou encore 1.900 au Liban).

3 - Le mandat de la force militaire européenne EUFOR Tchad RCA arrive à échéance au 15 mars 2009 ; la mission des Nations unies, MINURCAT, a elle vu son mandat prolongé jusqu'au 15 mars 2010 et renforcé, avec notamment une importante composante militaire en remplacement de l'EUFOR. Certains contingents de l'EUFOR passeront donc formellement sous casque bleu à compter du 15 mars 2009, tandis que d'autres entameront leur retrait.

4 - Lors du Sommet des Nations unies de 2005, presque tous les Etats du monde ont reconnu qu'ils avaient une "Responsabilité de Protéger" de protéger leurs populations du génocide, des crimes de guerre, des nettoyages ethniques et des crimes contre l'humanité ; ils ont également reconnu que la communauté internationale a la responsabilité d'abord d'aider les gouvernements nationaux à être en mesure de le faire et ensuite d'agir directement si un Etat s'avère incapable de protéger ses propres citoyens.

5 - Les négociations, souvent interrompues, qui ont eu lieu à Sirte (Libye) entre le gouvernement tchadien et divers groupes rebelles ainsi que les « accords du 13 août » passés entre le gouvernement et l'opposition et soutenus par l'Union européenne ainsi que par la France n'ont produit ni les résultats ni la stabilité qui permettraient de laisser entrevoir un espoir de paix durable au Tchad.

Contact presse
Magali RUBINO
mrubino@oxfamfrance.org
00 33 (0)1 56 98 24 45 / 00 33 (0)6 30 46 66 04



Magali RUBINO
Chargée des Relations Médias / Media Relations
Oxfam France - Agir ici / 104 rue Oberkampf - 75011 Paris
T: + 33 1 56 98 24 45 / Cell: + 33 6 30 46 66 04
F : + 33 1 56 98 24 09
mrubino@oxfamfrance.org/ www.oxfamfrance.org
--------------------------------------------------------------------------------------------------
Oxfam France - Agir ici est membre d'Oxfam International