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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Au nom de l’éducation, de la morale et de la pensée critique !

 

Comment entend-on changer les choses au Tchad si les Tchadiens ne sont pas suffisamment instruits pour évaluer, raisonnablement, les enjeux des débats  dont ils sont, en principe, des arbitres autorisés ?

 

Le « par cœur » au lieu de comprendre l’essence des matières.

L’instruction donnée à nos jeunes est un indicateur de ce que sera, demain, notre pays. Notre système éducatif possède un grand défaut qui vient de l’idée qu’en apprenant, par cœur, les leçons scolaires, l’étudiant ou l’élève accroit son intelligence. Ce qui fait que nos jeunes s’en tiennent à réciter des leçons pour obtenir leurs notes de passage plutôt que de comprendre l’essence des matières enseignées. Allons-y avec un exemple de défaut de notre système d’instruction : les élèves mémorisent et répètent mécaniquement les formules de chimie pour le besoin des notes de passage sans vraiment comprendre d’où elles sortent ni à quelles matières réelles ces formules renvoient. Un second exemple : comment explique-t-on qu’un même élève soit capable de trouver la valeur de l’inconnu X dans l’équation X + a = b et qu’il ne réussisse pas à résoudre l’équation b - Y = a où l’inconnu est Y ? N’est-ce pas qu’un tel élève ait simplement mémorisé un modèle précis d’équation sans réellement comprendre l’algorithme de résolution derrière les formes plus générales de cette même équation ? 

Notre modèle éducatif montre trop de limites dans son approche de transmission des connaissances et des habiletés. Il nécessite vraiment une réforme afin de former des citoyens suffisamment instruits qui seront capables de comprendre les enjeux des débats dont ils sont appelés à juger.

 

L’absence d’une pensée critique et informée est une autre faille.

 

À coup de récitations, sans culture d’un sens de critique et de jugement, notre système éducatif prépare lentement l’avènement d’une génération d’insatisfaits, de diplômés complexés et intellectuellement carencés. Le «par cœur» est pratiqué au point que l'instruit devient celui qui sait réciter et non celui qui comprend ou qui soit capable de débats contradictoires sans se servir uniquement des sophismes. Les lacunes deviennent encore plus explicites lorsque vient le moment de construire un raisonnement, d’une certaine rigueur, autour d’un thème. Il faut le dire. Notre système d’instruction a raté ses objectifs qui étaient d’apprendre à nos jeunes à se questionner, à douter, à critiquer, à argumenter, de leur transmettre des habiletés et leur faire prendre des initiatives…

 

La banalisation du mal

Face au phénomène de l’affairisme armé,  nous lisons des opinions qui tendent à banaliser des actes moralement répréhensibles. L’idée est d’atténuer la gravité des crimes commis par certains individus en ridiculisant les dénonciations de ces mêmes crimes. C’est ainsi qu’on entend et lit aujourd’hui toute sorte d’affirmations épaisses cherchant tantôt à minorer les nombres de Tchadiens tués extrajudiciairement tantôt à banaliser le passé des individus funestes. Ces discours disent à peu près ceci : les soi-disant crimes commis par certains messieurs dans leur passé et qui sont aujourd’hui ramenés au devant de l’actualité ne sont qu’un petit  défaut de lustre dans le passé des personnes injustement calomniées. Une simple imperfection qui n’est pas digne de mention et qui n’autorise même pas le doute…

Comment fait-on pour voir, même une petite lueur de gloire, en ceux qui brulent le Tchad et dont l’inconséquence des décisions qu’ils prennent, au hasard des excitations, décime les Tchadiens ?

Les Tchadiens qui supportent Mahamat Nouri ne sont mauvais par le fait qu’ils sont partisans de ce seigneur de guerre. Nous aussi, nous ne sommes pas mauvais parce que nous contredisons ceux qui veulent construire, avec leurs irresponsabilités et inconséquences, un monument. Au delà de cette opposition, il ya des questions sur des enjeux d’une autre dimension. Sommes-nous capables de nous questionner globalement sur ce qui est utile pour le Tchad et qui est susceptible d’apporter le moindre mal aux Tchadiens ? Pourquoi personne n’est capable de nous dire en quoi Nouri est plus apte que les autres à mieux diriger le Tchad ?

J’aurai l’honnêteté d’admettre les arguments contraires à mes doutes s’il advient que ceux-ci soient plus susceptibles de raison que mes vigilances. Mais, face aux actuels balbutiements, permettez-moi quand même de simplement douter !

Par ailleurs…

À ceux qui continuent de s’enfermer derrière l’argument de la peur, nous leur répondons et répétons qu’aujourd’hui, au Tchad, personne n’a peur de Hissein Habré lui-même. Pourquoi aurait-on peur d’un de ses lieutenants même s’il est entrain de reprendre le même chemin qu’Habré ? De plus, cet argument de la peur traine l’inefficacité qu’il ne dissipe pas les doutes sur les compétences de Mahamat Nouri en tant qu’un potentiel chef de l’état.  

Croyez ! Espérez! N’ayez pas peur! Le messie arrivera bientôt ! Ces cris  n’atteindront que les oreilles des naïfs qui s’ignorent, victimes d’un système éducatif défaillant qui entrave la culture d’une pensée critique et informée.

Joe Al Kongarena, librafrique.com