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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Opposition, ressaisis-toi : sans un sursaut, le feu qui t’anime est condamné à mourir

 

Le dialogue entre les cadres de l’opposition a été toujours et demeure un ultime vœu. Il doit être au cœur de nos préoccupations et l’intuition éthique fondamentale à la base de nos luttes. La nécessité du dialogue entre les cadres de la résistance nationale doit reposer sur cette exigence, qui n’est rien d’autre que la conscience de l’impossible isolement des forces politiques de l’opposition.


Sans dialogue, nos luttes et nos organisations respectives dépérissent et sont vouées à disparaître. Comme disent avec lucidité les politologues : « toutes les organisations politiques sont mortelles».

Cet avertissement, qui s’adressait surtout et singulièrement aux organisations dénuées d’objectifs réels, pourrait s’adresser, hélas, avec encore plus d’actualité à nos organisations respectives. Mais ne nous y trompons pas. Notre lutte impose la responsabilité et le respect de certaines règles, non seulement au niveau interpersonnel, mais également dans le domaine organisationnel. Elle doit se fonder sur l’engagement volontaire et volontariste des responsables des composantes de la coalition à respecter les uns et les autres, dans leur intérêt commun, un ensemble de principes et de règles essentielles. Il est par conséquent un processus fondamentalement démocratique et pluraliste, qui ne peut se concevoir hors du respect
des règles démocratiques, des droits de l’homme et des libertés fondamentales.


Nous ne pouvons omettre également que le dialogue entre les responsables de la résistance nationale peut et doit s’établir au sein de leurs organes politiques et non pas par le biais des sites Internet de plus en plus composites, disparates et diversifiées. Ce dialogue appelle par conséquent la participation de tous, en particulier celle des jeunes militants et de l’ensemble des acteurs politiques. Cela est un acte politique dont la portée symbolique n’est pas toujours comprise par nos organisations politiques.

Ce dialogue nécessaire doit s’ouvrir dès maintenant et dans le strict respect de la dignité intrinsèque de la personne humaine.


Nous sommes persuadés que l’absence ou le déficit du dialogue et de la concertation peuvent conduire à l’incompréhension, à l’animosité et à la haine. Dans cette situation, le dialogue est une condition indispensable pour une résolution réelle et définitive des ces conflits plus que jamais inopportuns.


Dans le chemin de la résistance où nous nous sommes résolument engagés, nous devons apprendre à nous connaître et à nous écouter mutuellement car cela nous permettrait de dissiper la haine, l’ignorance, la méfiance et la défiance mutuelle, préjudiciables à notre projet de vivre ensemble. Bref nous devons « apprendre à vivre ensemble ».


La contribution que nous souhaitons apporter à notre pays par nos engagements citoyens est une oeuvre qui ne peut se réaliser, pleinement et de façon durable, que sur le long terme et par un long et patient travail d’ouverture et de réflexion. Car, c’est dans la longue durée que les résistances construisent les valeurs qui donnent sens à leur existence, structurent leurs relations et donnent forme et substance à leur nation. Nous devons redonner ses lettres de noblesse au temps de la sagesse, de la morale, de la réflexion créative, des principes opératoires et du dialogue sans lequel ni nos engagements ni même nos luttes n’auront de sens. Sans ces bases là, la résistance nationale avec le prochain gouvernement auquel elle participera à la mise en place sont condamnés à répéter l’histoire avec son lot d’injustices sociales, de droits bafoués qui hélas affaiblit notre peuple depuis déjà trop longtemps.

Il paraît important
de souligner ici que si la résistance ne se définit que par sa lutte contre Idriss Deby, cela en soi ne permet pas de fonder un vrai projet national. Cherchons et attachons-nous plutôt aux valeurs pour lesquelles nous avons choisi le chemin de la résistance et qui doivent être le moteur de tous nos actes en tous lieux et circonstances. C’est ainsi que la démocratie pourra se construire.


Qu’il s’agisse de la création de la représentation des différents mouvements de la résistance nationale telle que celle de l’UFDD en France ou bientôt de l’administration de la chose publique, c’est une action réfléchie que nous devons mener avec détermination, dans une approche respectable et respectueuse des valeurs. Cela ne va pourtant pas de soi.


Au-delà de l’UFDD, nous appelons les différentes forces de l’opposition à repenser leur approche de lutte. Celle-ci doit aider les citoyens tchadiens à embrasser, sans équivoque, la complexité de la scène politique où chaque objet est inclus dans un ensemble de relations et ne saurait être envisagé en dehors de cet environnement avec lequel il entretient des liens étroits.

Dans ce vaste ensemble où tout répond à tout, il n’existe pas de phénomènes isolés, et une relation unie, selon l’image paradoxale bien connue, « le battement des ailes d’un papillon provoque le déclenchement d’une tempête ». Cette idée d’une universelle « reliance », pour reprendre l’expression du philosophe Edgar Morin, doit nous inviter à penser notre approche politique et à demeurer conscients de notre commune appartenance à une seule terre dont l’humanisation demeure un grand défi pour nous tous.

La tâche peut paraître de taille mais elle est également la seule qui puisse garantir notre désir de vivre ensemble et la réalisation d’un idéal auquel chacun de nous aspire assurément au plus profond de lui-même. Que chacun trouve une espérance lui permettant de guider ses pas vers cet idéal commun sans lequel toute lutte est vaine.




Adoum DJIBRINE HAROUN