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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Déclaration

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Agir pour arrêter le cours inexorable de la décadence

 

La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) exprime sa vive préoccupation face aux signes récurrents et palpables de crise durable voire chronique qui affecte pratiquement tous les secteurs de vie nationale :

 

Au plan économique et social

 

§          Les signes d’une banqueroute de l’État qui se manifestent avec les difficultés de payement des dettes des entreprises privées et des salaires dans certains secteurs de l’administration constituent les menaces les plus sérieuses qui pèsent sur les droits économiques, sociaux et culturels des populations;

§         La crise chronique du secteur de l’énergie qui n’épargne aucun secteur de la vie économique et sociale de l’administration, des entreprises privées, du secteur informel et des ménages est en passe de devenir un véritable détonateur et révélateur d’un  malaise social profond et généralisé;

§         L’impuissance des pouvoirs publics à faire face à donner des réponses claires et concrètes aux problèmes récurrents des inondations et d’assainissement des populations ;

§          La grave question de la viabilité de l’année scolaire 2008-2009, après une année scolaire fortement perturbée en 2007 – 2008 du fait de accumulation de contentieux mal négocié entre l’État et les syndicats d’enseignants et de promesses non tenues par les autorités ;

§         Les émeutes contre la vie chère,  contre la SENELEC et contre les inondations qui se produisent un peu partout au Sénégal, constituent les signes précurseurs et annonciateurs de révolte plus profonde si des réponses ne sont pas apportées au malaise politique, économique et social ambiant.

 

Au plan politique

 

§         L’agenda de la succession invoqué au lendemain de l’élection  présidentielle par la conférence de presse du Président élu, semble prendre le pas sur toutes les autres considérations et semble structurer toutes les manœuvres politiques  en reléguant  au second plan toutes les graves questions de l’heure ;

 

 

§         Le blocage du dialogue politique et la crise de leadership : aujourd’hui la dérégulation des institutions, l’informalisation de l’administration et la crise de confiance et la profonde crise sociale affectent très profondément le champ politique et expliquent les blocages du dialogue politique mais aussi l’émergence et la consolidation d’un leadership dans l’opposition comme au pouvoir.  Cette situation inédite dans notre pays, est de nature à produire toute forme d’aventure, d’anarchie, d’entropie sociale ou simplement de perte de sens.

 

Au plan institutionnel

 

On assiste à une dérégulation tous azimuts des institutions de la République avec l’Assemblée Nationale la moins légitime et la moins crédible que le Sénégal ait connue depuis les élections multipartisanes post indépendance de 1978.

 

Au plan judiciaire

 

§         Il faut signaler l’incompétence chronique du Conseil constitutionnel  à agir sur les contentieux politiques et démocratiques qui opposent les différents pouvoirs de ce pays, sur les scandaleux tripatouillages de la Constitution. C’est ainsi qu’en l’absence d’un mécanisme institutionnel de régulation des conflits par le pouvoir judiciaire, on assiste à la prolifération de médiateurs de toute sorte qui interviennent dans le champ politique. Pire ces médiateurs eux –même semblent avoir épuisé toute leur énergie,  leur efficacité et de leur potentialité. Nous sommes dans une situation inédite du Sénégal du 21 e siècle ou seuls le président de la République et les députés de la mouvance présidentielle sont compétents pour saisir le Conseil Constitutionnel au moment ou dans des pays comme le Bénin, ou la France qui nous d’exemple et beaucoup de pays de l’Union Européenne, les citoyens peuvent saisir la Cour Constitutionnelle ;

§         Jamais de mémoire de sénégalais la Loi fondamentale de ce pays n’a été traitée avec autant de désinvolture et de légèreté et jamais le Constitutionnel n’a été aussi impuissant à y mettre un terme ;

§         Quant aux autres institutions judiciaires, l’accumulation des affaires qui font débat prouve à souhait qu’une véritable refondation de ces  institutions  est une urgence du moment.  A deux reprises la souveraineté judicaire de ce pays été remise en cause :

1.      Dans l’affaire Hisséne Habré : il a fallu la menace de l’extradition vers la Belgique de ce dernier avant que l’Union Africaine ne sauve la mise aux autorités sénégalaises;

2.      Dans l’affaire du Joola : la décision très peu avisée de la justice sénégalaise consistant à annuler toutes les poursuites judiciaires dans la plus grande catastrophe maritime de l’humanité vaut à neuf (9) personnalités de ce pays un mandat d’arrêt international du juge d’Evry en France ; ce qui est une véritable humiliation;

 

Tout cela fait de la question de l’impunité au Sénégal, une question de fond : avec les victimes de torture qui demandent vainement justice notamment Alioune Badara Diop et Dominique Lopy décédés  respectivement dans les commissariats de Kaolack et de Kolda.

 

 

Au plan  des  libertés d’expression et d’opinion

 

Les cas de Karamoko Thioune et Boubacar Kambel Dieng, la détention abusive de El Malick Seck et pire la suspension arbitraire du journal 24 H Chrono  constituent des atteintes aux libertés fondamentales reconnues par les instruments juridiques de promotion et de protection des droits humains au plan national, régional et international.

 

Au regard de tout ce qui précède et au regard de la grave crise financière et économique internationales qui vont lourdement peser sur les économies africaines, sur la vie politique, économique et social des sénégalaises et sénégalais et pour éviter l’instabilité politique et sociale face aux menaces et risques de toute sorte,

 

La RADDHO :

 

Invite solennellement le Président de la République à rompre le silence pour s’adresser à la Nation en vue de :

§          créer toutes les conditions d’un dialogue politique national fécond et sincère pour examiner l’état du pays et susciter un véritable sursaut national de nature à enrayer le cours inexorable de la décadence qui menace le Sénégal ;

§         supprimer toutes les institutions inutiles et onéreuses  comme le Sénat;

§         dissoudre l’Assemblée Nationale qui, depuis le début de cette législature n’a pas donné les preuves de son utilité institutionnelle ;

§         prendre de façon urgente toutes les mesures pour régler définitivement les problèmes de la SENELEC, des inondations, de l’assainissement et de la vie chère ;

§          dépénaliser les délits de presse.

 

                                                            Fait à Dakar, le 10 Octobre 2008

                                               

                                                           

                                                            Alioune TINE

                                                            Président