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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Malgré la présence d’une force militaire de l’Union européenne à l’est du Tchad, des mouvements rebelles, la violence intercommunautaire, des attaques transfrontalières et le banditisme sont endémiques. Les civils et le personnel humanitaire sont régulièrement attaqués et une insécurité continuelle entrave la distribution de l’aide humanitaire. Pour augmenter la stabilité au Tchad, le Conseil de sécurité des Nations Unies doit renforcer la mission de maintien de l’ordre de l’ONU (MINURCAT), augmenter les efforts pour la réforme du secteur de la justice et donner la possibilité au responsable civil de la mission de l’ONU de s’engager dans des efforts politiques en vue de la stabilisation et de la réconciliation.

La menace à la sécurité

L’insécurité au Tchad est le résultat de différentes crises régionales et nationales qui ont déplacé 185.000 tchadiens à l’intérieur du pays, et amené 250.000 réfugiés soudanais du Darfour voisin à l’est du Tchad. Le Tchad a été le théâtre d’une guerre civile prolongée durant laquelle un certain nombre de mouvements rebelles – souvent fragmentés- continuent de lancer des attaques sur les villes dans tout l’est. Les rebelles reçoivent le support et la protection du gouvernement soudanais, de la même façon que les rebelles soudanais – en particulier le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE)- reçoivent le soutien du gouvernement tchadien. Les rebelles tchadiens ont établi des bases au Darfour et lancent des attaques à partir du territoire soudanais, c’est le cas de l’attaque presque réussie de février 2008 contre la capitale tchadienne N’Djamena. De même, le MJE utilise la région de Bahai, dominée par les Zaghawa (y compris le camp de réfugiés de Oure Cassoni) comme une zone sûre dans laquelle il est possible de se regrouper et de lancer des attaques contre le Soudan, c’est le cas de l’attaque sans précédent de Mai 2008 contre Khartoum.

Toutefois, les rebelles tchadiens, ne représentent pas la menace la plus immédiate pour les civils, dans la mesure où ils sont relativement bien formés et disciplinés. Traditionnellement, ces groupes ont été attentifs à respecter le droit international humanitaire et généralement n’attaquent pas les camps de réfugiés ou les sites pour les personnes déplacées internes.

La plus grande menace pour les civils et pour les opérations humanitaires est le banditisme. Les groupes de bandits, dans lesquels parfois les autorités locales sont impliquées, les militaires tchadiens, la gendarmerie ou la police opérant hors de leur mandat officiel, agissent dans une impunité presque totale dans l’est du pays. Ceci est particulièrement vrai pour les membres du groupe ethnique Zaghawa qui sont au profit d’une immunité juridique de facto.

Ces bandits sont responsables de vols récurrents de voiture avec menaces physique (spécialement les vols de 4x4 appartenant à des acteurs humanitaires) et le pillage violent des travailleurs humanitaires et des civils dans tout l’est. La menace devient particulièrement aiguë lorsqu’à la suite d’attaques par des rebelles, les bandits profitent du chaos et de l’absence des autorités locales.

Les « malfaiteurs » sont souvent bien connus par les autorités, mais le manque de fonctionnement de la justice crée un vide sécuritaire. Ceci est encore plus compliqué du fait que les formes de justice et d’autorité traditionnelles ont été affaiblies par des années de conflit, des tensions ethniques et la rupture communautaire qui a été causée par les déplacements internes.


Erin A. Weir and Mpako Foaleng