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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Le règne de l’arbitraire policier et judicaire

Le 28 juillet 2008 au matin, Lotfi Hajji (vice président le la section de la LTDH de Bizerte) et Mohamed Hédi Ben Saïd (membre de la section de la LTDH de Bizerte) ont été arrêtés par la police à la sortie de l’autoroute reliant Bizerte à Tunis. Après un contrôle de « routine » qui a duré plus d’une heure, la police a restitué ses papiers à Mohamed Ben Said qui conduisait la voiture. Quelques instants plus tard, ils ont été interceptés par une autre patrouille. Les policiers ont, cette fois, prétendu que Ben Said avait refusé d’obtempérer à leur injonction de s’arrêter. Il a été arrêté et conduit de force au poste de police et sa voiture conduite à la fourrière. Il a été écroué à Bouchoucha sous l’inculpation de « refus d’obtempérer » aux ordres de la police de la circulation.

Le même jour, Ali Ben Salem (président de la section de Bizerte de la LTDH) a été arrêté par la police de la circulation à la sortie de l’autoroute reliant Bizerte à Tunis et retenu durant plus d’une heure sans raison. Il devait aller à l’hôpital Charles Nicole à Tunis pour y subir un examen de contrôle. il était accompagné d’enfants de sa famille qui ont attendu comme lui sous un soleil de plomb. La police l’a obligé à rebrousser chemin et à venir récupérer ses papiers à Bizerte.

le 2 août 2008, Me Abderrouf Ayadi a été violemment agressé par le directeur de la prison de Mornagia, M. Ibrahim Mansour, alors qu’il terminait une visite de son client, Mohamed Hédi Ben Said. Le directeur de la prison avait exigé que sa serviette soit passée à la fouille, ce que Me Ayadi a refusé. Il s’est alors jeté sur lui en le violentant avec l’aide de trois de ses agents, lui a arraché de force sa serviette et confisqué son téléphone portable. Me Ayadi souffre d’une entorse au poignet droit ainsi que d’hématomes sur le corps constatés par un médecin. Il a porté plainte et le barreau a publiquement dénoncé cette agression. Le 6 août 2008, Mohammed Hédi Ben Saïd a été condamné par Le tribunal cantonal de Tunis à deux mois d’emprisonnement.

La répression et l’arbitraire s’étendent aux Tunisiens résidant à l’étranger. C’est ainsi que Ess’ghaier Belkhiri, 29 ans, originaire de Redeyef et résidant à Nantes, a été arrêté le vendredi 1er août 2008 à son arrivée au port de la Goulette en Tunisie. Il a, ensuite, été transféré à Gafsa où il a comparu, le lundi 4 août 2008, devant le juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Gafsa qui a ordonné son incarcération. M. Ess’ghaier Belkhiri, poursuivi pour sa solidarité avec la lutte des populations du Bassin minier, est accusé de « dégradation de biens d’autrui, atteinte aux bonnes mœurs, rébellion de la part de plus de dix personnes sans usage d’arme, atteinte à un fonctionnaire, jet de produits solides, troubles et perturbations sur la voie publique", soit des mêmes accusations que les détenus vivant en Tunisie alors qu’il réside en France.

Le harcèlement systématique des avocats

Le 5 août 2008, seize avocats tunisiens ont publié une déclaration dans laquelle ils constatent l’accroissement des agressions de la part de forces de sécurité agissant désormais sans aucune retenue :

- Harcèlement des avocats sur les routes menant au tribunal de Gafsa afin de retarder leur arrivée aux audiences. Certains ont été sommés de ne pas quitter les villes où ils résident.
- Refus de visite pour certains avocats à leurs clients poursuivis dans les affaires instruites suite aux événements du bassin minier de Gafsa : Me Radhia Nassraoui, Me Ali Kalthoum, Me Ridha Raddaoui, Me Naji Ouari, ont été ainsi empêchés, en dépit du fait qu’ils avaient obtenu les autorisations nécessaires, pendant trois jours de suite, de rendre visite à leurs clients dans les prisons de Kasserine et Sidi Bouzid. L’administration a totalement ignoré le sit-in de protestation qu’ils ont organisé devant la prison de Kasserine jusqu’à une heure tardive de la nuit.
- Agression physique orchestrée par la police politique et les gardiens de prison contre des avocats dans l’exercice de leur métier : el le cas de Me Abderraouf Ayadi, le 2 août 2008 lors de la visite de son client à El Mornaguia ; le cas de Me Abdelwahab Maatar insulté par les agents de la police politique dans l’enceinte même du tribunal, au vu et au su du juge du tribunal cantonal de Bizerte, la police ayant refusé avec mépris d’obtempérer aux ordres du juge.

Les avocats signataires dénoncent ces agressions et déclarent leur volonté d’accomplir leur devoir de défendre les droits de l’homme. Ils appellent les organisations de la société civile, les organisations syndicales et les partis politiques à faire pression sur le pouvoir pour qu’il cesse les agressions contre les avocats, respecte la Constitution et la loi et poursuive les auteurs des agressions.

Me Mondher Charni, Me Radhia Nassraoui, Me Abderraouf Ayadi, Me Abdelwahab Maatar, Me Fadwa Maatar, Me Ridha Raddaoui, Me Karim Katib, Me Jani Zouari, Me Ali Kalthoum, Me Mohamed Abbou, Me Ahmed Essedik, Me Chokri Belaid, Me Abdennaceur Laouini, Me Samir Dilou, Me Mokhtar Trifi, Me Anouar Kosri.

Source: Comité pour le Respect des Libertés et Droits de l'Homme en Tunisie