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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

« Je n'ai pas demandé au président Wade d'extrader Hissein Habré. Je sais d'avance qu'il ne le fera pas »

Nous avons introduit pendant trois années successives (en 1993, 1994 et 1995) plusieurs demandes d'extradition auprès du président Abdou Diouf, qui nous a opposé un « non » catégorique. Par la suite, les parents des victimes ont porté plainte, avec le concours de l'État tchadien, sans plus de succès. Puis, l'affaire a été portée devant les juridictions belges. Un juge est même venu enquêter à N'Djamena. Depuis, l'affaire n'a pas connu de nouveaux développements. Ce n'est pas surprenant puisque le principe de compétence universelle des tribunaux belges a été remis en question le 5 août dernier. Je n'ai pas personnellement demandé au président Abdoulaye Wade de renvoyer Hissein Habré au Tchad afin qu'il y soit jugé, parce que je sais par avance qu'il ne le fera pas. Il n'a pas manifesté beaucoup de bonne volonté à notre égard depuis le début de cette histoire. Au contraire, sous le prétexte fallacieux que la vie de Hissein Habré serait menacée, les autorités sénégalaises ont refoulé, ces dernières années, beaucoup de Tchadiens à leur descente d'avion, à l'aéroport de Dakar-Yoff. J'ignore si le président Wade est informé de ces abus, mais je sais que Hissein Habré se plaît bien au Sénégal. Je sais également que certains pensent que si ce dernier est passible des tribunaux, je devrais, moi aussi, rendre des comptes à la justice. Au nom de quoi ? J'ai été le chef militaire de Habré pendant l'occupation de la bande d'Aouzou. Et, à ce titre, j'ai combattu les troupes libyennes. Je n'étais pas dans la police ni membre de la Direction de la documentation et de la sécurité [DDS, la police secrète]. Je me suis battu parce que mon pays était envahi par un État voisin ou attaqué par le mouvement de Goukouni Weddeye, lequel était, un moment, soutenu par Tripoli. Les seules décorations que j'ai eues sous Habré, ce sont les balles qui m'ont transpercé le dos au cours d'un combat et que je n'arrive toujours pas, plusieurs années après, à me faire enlever. Je mets au défi quiconque de prouver que je l'ai personnellement torturé ou que j'ai fait liquider un membre de sa famille sous Habré. J'étais, après tout, un soldat, pas un policier.

Source: J/A du
28/10/2003 - N° 2229 
par Francis Kpatindé