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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Opposant irréductible à Idriss Déby, il revient sur son parcours politique et sur les relations qu'il a entretenues avec les régimes successifs.

Permettez-moi d'apporter des précisions à propos de ma collaboration avec les hommes qui se sont succédé à la tête de l'État tchadien ces dernières années ; cela en référence aux numéros 1990 et 1996 de Jeune Afrique.

1. Tombalbaye.2
En 1973, j'ai été affecté manu militari au poste d'adjoint au préfet du Guéra, dans une zone infestée de rebelles armés. C'est à partir de Mongo (au Guéra) que j'ai initié et organisé le coup d'État militaire qui a renversé Tombalbaye le 13 avril 1975. C'est contraint et forcé que M. Kamougué a pris le train en marche.

2. Le tandem Malloum-Kamougué.
Devenu, une fois le coup d'État réussi, la bête noire du régime, j'ai pu gagner la France, où j'ai repris mes études. En 1981, je me suis rendu à Moundou avec l'intention de déstabiliser M. Kamougué, qui avait pris le Sud en otage. À mon instigation, d'anciens prisonniers libérés, pour la plupart des sous-officiers qui se faisaient appeler « Samuel Doe », se sont rendus maîtres de la région. En soudoyant les militaires qui l'avaient neutralisé, le tout-puissant Kamougué s'est enfui à N'Djamena. Mais les « Samuel Doe » ont, comme les autres, pillé le trésor public. Vu l'ampleur des dégâts, j'ai regagné la France en passant par le Cameroun. Kamougué m'en a gardé une haine viscérale. Je n'ai donc jamais collaboré de loin ou de près avec ce régime chassé du pouvoir en 1979 par Goukouni Weddeye.

3. Goukouni Weddeye.
Exilé volontaire en France, je n'ai eu aucun rapport direct ou indirect avec lui avant mars 1993 et la Conférence nationale souveraine. Je n'ai donc ni collaboré ni travaillé avec ce régime.

4. Hissein Habré.
Il a pris le pouvoir à N'Djamena le 7 juin 1982 et m'a fait très vite savoir qu'il était prêt à me rencontrer. Connaissant l'homme, j'ai posé mes exigences. Sans perdre de vue mon objectif : débarrasser le pays de ce régime génocidaire. Habré m'a demandé de l'« aider à ramener la paix au Tchad ». Après avoir pris conseil, j'ai accepté. C'est ainsi que je suis resté au Tchad jusqu'en 1987, date à laquelle j'ai pris langue avec (feu) Hassane Djamouss, commandant en chef des forces armées, en vue d'un coup d'État. Il m'a donné son accord. Le scénario a été monté au Cameroun - où je venais d'être élu directeur général de l'Institut international des assurances de Yaoundé. Je suis allé voir Djamouss à plusieurs reprises. Cependant, ayant terminé sa formation à l'École de guerre en France, M. Idriss Déby voulait reprendre son poste de commandant en chef des forces armées. Une brouille inutile s'en est ensuivie avec Djamouss. J'ai réussi à les faire se réconcilier. Nous avons décidé de neutraliser Hissein Habré le 1er avril 1989, au cours de la cérémonie consacrée à la jeunesse et au sport, qu'il présiderait. J'ai eu du mal à obtenir l'autorisation de me rendre au Tchad. Quant à l'assaut prévu pour neutraliser Hissein Habré, il n'a pas eu lieu parce que, sans me prévenir, Djamouss, Idriss Déby et les leurs se sont, dans la nuit, enfuis au Soudan d'où Déby est en partie originaire. Quand Djamouss a été capturé, en août 1989, au cours d'un accrochage en territoire soudanais, j'ai trouvé le moyen de regagner Yaoundé. De là, je suis reparti pour la France, où j'ai eu les pires ennuis avec l'administration. J'ai même échappé à une extradition. J'ai bénéficié de la protection de Blaise Compaoré, président du Burkina Faso, jusqu'au 1er décembre 1990, date de l'arrivée au pouvoir de M. Idriss Déby. Contrairement à ce qui se dit ici et là, si je n'avais pas accepté l'offre de Hissein Habré, il continuerait peut-être encore aujourd'hui à faire souffrir les Tchadiens.

5. Idriss Déby
Depuis son arrivée au pouvoir, j'ai décidé de le combattre, parce qu'il a foulé aux pieds nos engagements en matière de droits de l'homme. Il m'a proposé d'être Premier ministre et deuxième vice-président du MPS, mais j'ai catégoriquement refusé de collaborer avec lui.
Tout propos autre que ce récit n'est que ragot, manipulation et désinformation entretenus pour le besoin de me nuire. Quant à moi, après onze arrestations en huit ans, j'affiche toujours publiquement mon objectif : prendre moi-même le pouvoir, dans l'intérêt du Tchad.


* Député fédéraliste ; président de la Fondation pour le respect des lois et des libertés (Forelli, ONG de défense des droits de l'homme et de l'environnement) ; coordinateur exécutif fédéral du Parti-fédération ; directeur des publications La Roue et Phare républicain.


Source: J.A