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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Mes chers frères et sœurs


Je voudrais apporter mon témoignage vécu sur les atrocités à l’Est de notre pays.

 

Ce qui se passe au Dar Tama, c'est un génocide en bonne et du forme.

Pourtant, contrairement à la propagande, il n'y a pas une guerre inter communautaire des goranes et des zakhawas contre les tamas.

C'est faux, historiquement ces deux communautés ont toujours vécu ensemble avec les tamas dans une assez bonne harmonie.

Les  premiers problèmes ont certes commencé quand les goranes, jusque là ultra minoritaires,  sont arrivés en nombre dans le Dar Tama avec Hisseine Habre car  il a créé le ccfan à Aramkolé.

C'est ainsi que les familles des combattant sont venues s'établir dans l'abri du Mont Marouané et, après la victoire de Habré, ils se sont installé un peu partout dans le Dar Tama. Les heurts entre communautés ont cependant été assez limités.

Par contre la communauté zakhawa a toujours cohabité avec les tamas d'où un grand métissage entre eux.

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Les grosses difficultés ont commencé récemment avec l’afflux massif des Bideyats qui a accompagné l’installation de Deby au pouvoir.

Voyant que le Dar Tama est très fertile et que les conditions climatiques sont bonnes, les cadres bideyat avec en tête Deby,  Timan Erdimi,  Daoussa Deby, Tom Erdimi, Abderahime Bahar Itno, etc...ont mis sur pied un programme d'épuration ethnique contre les Tamas.

Pour cela, ils ont élaboré un plan pour procéder par étapes.

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●1ere étape: ils ont envoyé la garde de Deby pour désarmer les Tamas qui protégeaient leur bétail des voleurs bideyat, puisqu'il faut faire la différence avec les zakhawa d'Iriba qui sont victimes eux aussi de cette tragédie. Les gens d’Iriba sont voisins des Tamas et toujours ils ont cohabité paisiblement ensemble.

Une fois les Tamas désarmés ils sont passés à l'étape suivante.
● 2eme étape : Ils ont volé tous les chameaux de Tamas,  ensuite les vaches, chèvres, moutons, bref tout le bétail qui permet de vivre et d’avoir du prestige dans la région. Le but était à la fois la spoliation et l’humiliation.
● 3eme étape : chasser les Tamas de leur terre en utilisant  un détachement de la garde présidentielle en civil . Ces cadres bideyats ( et eux seulement, ne rendons pas coupable une communauté entière ) lourdement armés mènent les massacres et brûlent les villages. Ils pratiquent les viols collectifs ainsi que tout ce qui peut porter atteinte à la dignité humaine afin de faire fuir les Tamas au Darfour voisin.

Cet escadron de la mort est uniquement dirigé par des bideyats. Il n'y a ni zakhawa ni gorane la dedans. D’ailleurs les villages ainsi déguerpis sont rebaptisés du nom du chef des bourreaux qui a massacré et incendié : village Djaou Bouye, village  Youssouf Mahamat Itno  , village Chibero Harsa, village de Gnam Karda, village Erdimi, etc..

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Il n’y a aucun village qui a été renommé avec un nom gorane ou zakhawa, jamais on n’a trouvé de village wordougou ou de  village hemchi.

Il n’existe pas de grosses violences inter communautaire dans la région, comme la propagande debyque ou celle de sa famille, veut le faire croire.

Il y a la mise sur pied d’un vol organisé de territoire avec nettoyage ethnique à la clé !

L’escadron de la mort, composé de soldats de l’ANT et des milices du neveu du dictateur devra répondre de ses crimes devant les juridictions nationales et internationales.

Pour brouiller les pistes, ces tueurs méthodiques feignent de découvrir des milices d’auto défense quand, par hasard, ils tombent sur une faible résistance armée des paysans. Mais la réalité est qu’ils ont assassiné froidement 6000 personnes en un an, ce qui fait froid dans le dos.

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Le massacre est perpétré par la garde rapprochée de Deby renforcée par les milices de Timane, les armes qu'ils utilisent n'existent pas dans la dotation de l'ANT, mais sont disponibles uniquement dans l’entourage proche du dictateur.

Le nettoyage ethnique est pensé, décidé et fortement doté en matériel par Deby et son cercle intime.

C'est Abderahim Bahar Itno qui commande cet escadron de la mort.

Le 15 août, ils sont allés violer des filles dans un village, voler  du bétail avant d'aller rançonner un marché.

Par hasard ils ont rencontré une patrouille de l'UFCD  qui leur a fichu une raclée.

Les éléments de l'ufcd ont découvert naturellement qu'ils avaient tous une carte d'identité de la garde présidentielle

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Voila la triste réalité sur le Dar Tama. Ce génocide est bien réel et une enquête dirigée par un organisme de défense des droits humains est obligatoire afin d'inculper les organisateurs qu’il sera facile d’identifier.

D'ailleurs, souvenons-nous d’ un certain mois de janvier, lors d'une négociation entre l'ANR et le gouvernement à Libreville.

Une des conditions présentées par l’ANR pour faire la paix était la mise sur pied de cette enquête mais, tenez-vous bien, Timan Erdimi faisant partie de la délégation de Deby, a catégoriquement rejeté la demande !

Cela a bloqué les travaux pendant 4 jours et, pour finir, Mahamat Abbo Sileck a quitté la table des négociations en avertissant Jean Ping ( ce qu’il reconnaît aujourd’hui ) qu’il allait couvrir un génocide.

Pourquoi ce refus de Timan ?


C’est simple il est co organisateur de cet escadron de la mort.

Des témoins fiables sont formels.  Si Abderahim Bahar tarde à venir apporter des munitions et des équipements pour piller des villages de toute urgence, Timan dégaine tout de suite son thuraya. Illico un point de rencontre est nommé et les retrouvailles avec le RFC sont chaleureuses avec des salamalek et de chaudes accolades.

Bien entendu il y a parfois de la résistance à vaincre pour ces assassins, mais le scénario est bien huilé.

Chaque fois qu'il y a décés d'un membre de l'escadron de la mort, la horde debyque monte sur le toit et hurle à la victime allogène, gorane ou zakhawa, pour faire diversion et créer un amalgame, mais pourtant c’est rare de terminer une journée sans qu'un Tama ne soit pas abattu froidement.

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C’est ainsi que Deby et ses clones ont entamé un cercle sans fin de meurtres et de représailles, c’est ainsi qu’ils ont puissamment contribué à la tragédie du Darfour.

Nous avons affaire à un régime criminel qui n’a jamais existé auparavant au Tchad et dont a n’a pas l’équivalent dans le monde à l’heure actuelle.

Ceux qui tuent et torturent sont des monstres.

Mais ceux qui soutiennent, en toute connaissance de cause, une telle infamie sont des salauds, comme disait Jean Paul Sartre.

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Saleh Babikir : Membre de la Commission de l’ANR sur les crimes de guerre et les actes de torture.