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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Le pays va mal!

 

Le pays va mal et ce n’est pas MM Djimé Adoum et Bourma Daoud Ahmad qui vont me contredire. Laissons-nous entendre ce cruel cri de tourment de ces deux fils du Tchad. C’est un cri qui sort tout droit de leurs entrailles ! Ok, vous n’en croyez pas à vos oreilles, ou vous ne voulez pas croire qu’actuellement notre République pue ! Tant pis pour nous tous  alors ! Dans ce cas soyons davantage de bestialité et continuons d’assassiner notre République. Mettons-la à la poubelle et assumons-nous en pleinement les conséquences pour nous mêmes et pour nos progénitures! Nous aurions ainsi inscrit dans le Guinness des records notre « capacité » à faire disparaître notre page de l’histoire de l’humanité.

 

 Aviez-vous au moins lu l’article du Dr Djimé Adoum, à l’occasion de notre fête nationale du onze août? Si non je vous mets ici un morceau :

« Le secteur privé : Nous avons initié un reportage sur le rôle que la chambre de commerce d’industrie d’agriculture, des mines et d’artisanat (CCIAMA) devait jouer pour l’épanouissement du secteur privé au Tchad.  En puisant dans les journaux locaux et des sources concordantes, il s’est avéré que la gestion de la CCIAMA laisse beaucoup à désirer.  En plus du manque d’orthodoxie, les conditions dans lesquelles les élections se tiennent laissent beaucoup à désirer.  Des voies s’élèvent de part et d’autre pour crier au scandale.  Selon les dernières nouvelles, le ministère de tutelle (Commerce et Artisanat) a été saisi par certains membres l’implorant à intervenir pour le sauvetage du navire.  Le Président de la CCIAMA, M. Souradj Koulamallah est accusé par certains de vouloir forcer les choses tout en sachant que les conditions légales ne sont plus réunies pour la tenue des élections.  Il vient d’être accusé par la TRADEX d’avoir créé un vide de 240 millions lors de son passage à la tête de l’institution ».

Lisez aussi l’excellente œuvre analytique de M. Bourma Daoud Ahmad intitulée «la racaille de la république , 1ère et 2ème partie». Ensuite observez la République, notre République —de loin ou de près, comme vous voulez— mais surtout dans le fonctionnement actuel de ses institutions ; dans sa gestion et dans sa conduite en tant qu’État : le pays va mal.  Il y a du « néant ». Sincèrement ! Et « Cet état de néant, —comme l’a si bien relevé le Dr Djimé Adoum— n’augure rien de bon quant à la capacité du pays d’amorcer un décollage sociopolitique et économique ». 

Si le puissant empire romain n’est aujourd’hui évoqué qu’en termes de vestiges du passé, cela veut dire que cet empire a disparu. C’est ce qu’arrivera un jour au Tchad si nous continuons sur cette lancée.

 

Notre vaisseau Tchad n’est plus en équilibre. La patrie n’est plus viable. La République pue. Oui, notre République pue. Le Tchad, notre pays va très mal et MM Bourma Daoud Ahmad et Djimé Adoum ont tiré la sonnette d’alarme. Mais, voilà, nos entrailles ne s’en émeuvent pas! Chacun, dans son coin, continue de faire son petit métier. Tout tranquillement, comme si…, comme tout va bien !

 

Ouvrons l’œil ! le pays va mal. La République pue. Notre République pue et tue. Notre « Vaisseau Tchad » n’est plus en équilibre. Il chavire chaque jour un peu plus en profondeur de l’océan de la perdition. Or, qui parmi nous (tchadiennes/tchadiens) ne se sentirait pas heureux de vivre simplement, dignement et normalement, chez lui, dans son pays, au milieu des siens, en harmonie avec ses concitoyens ? Qui de nous ne serait pas heureux de voir un Tchad bien géré ; un Tchad respecté et qui respecte ; un Tchad ouvert qui protège et rassure ses citoyens, quels qu’ils soient ? Qui de nous ne serait pas content d’appartenir et de vivre dans une société tchadienne, avantageusement diversifiée, multiethnique, laïc et culturellement cosmopolite, mais en équilibre socioéconomique et  environnementale? Notre « seul et commun bateau », le Tchad, ne serait-il pas ainsi agréable et rassurant pour la croisière du troisième millénaire ? Un Tchad souverain, libre, indépendant, solidaire, respecté et respectable, bien gouverné, juste et en équilibre ferait-il du mal à ses enfants ? Non, je ne le pense pas ! Au contraire, les tchadiennes et les tchadiens, l’Afrique et finalement la communauté internationale auraient tout à y gagner !

 

Un tel Tchad, une telle République ne se donne pas comme un cadeau. Il ne va pas nous tomber du ciel comme un fruit mûr. Ça s’octroie, toujours de haute lutte. Ça se construit toujours, année après année, dans de sacrifices. Ça s’imagine, ça se crée et il est créé par des hommes et de femmes comme vous et moi qui, minimalement, s’entendent pour et sur un même point : une communauté de destin. Et cette communauté de destin mérite bien un sursaut national. Il est possible de construire ce bateau, un nouveau vaisseau Tchad, une nouvelle République en équilibre qui nous permettra d’établir une juste répartition de nos forces et de  nos ressources pour notre commun bonheur ! Il n’y a pas d’autre alternative que d’être un citoyen civique.

 

Il est possible d’avoir un Tchad qui se dote des lois nationales et les respecte. Il est possible d’avoir un Tchad dont les citoyens reconnaissent l’autorité de leurs autorités parce que celles-ci sont légitimes. Il est possible d’avoir un Tchad en équilibre géopolitique et qui ne favorise et ou ne défavorise personne ; qui ne déséquilibre aucun pôle, aucun coin et recoin de sa constitution. Il est possible d’avoir un Tchad où les minorités ethniques aient pleinement leur place à côté des grandes communautés majoritaires. Il est possible d’être né, grandir à Mbaïbokoum et se sentir pleinement tchadien à Zouar et s’y établir. Notre santé nationale serait améliorée et consolidé; notre vie serait épanouie ; notre avenir serait assuré et l’avenir des générations futures serait garanti !      

Non croyez, je ne suis pas le chantre exalté du néo-communiste rêveur ! Loin de moi l’idée d'un régime communiste que je combattais et que je combattrai toujours et encore s’il le faut. Je ne prône pas non plus une société tchadienne à la « Fournier ». Ce n’est pas, non plus de l’utopisme du Dr Djimé Adoum ou de
Bourma Daoud Ahmad, ni de Yogogombaye ;
ni même pas d’une certaine conception de « démocratie » que ces trois compères veulent accoucher ; moins encore d'une nouvelle forme de capitalisme à visage humain de leur part. Non, rien et loin de tout cela ! C’est un cri de douleur! Il s’agit d’un cri d’alarme qui surgit du crachat de sang d’une prise de conscience de la fragilité de notre République ; de notre Etat vaisseau et donc de l’avenir de nos progénitures. C’est le souci ardent d’avoir une société tchadienne autrement gérée et organisée qui aurait les moyens d’être humainement plus juste qu’elle ne l’était jusqu’à présent. Il y va de notre sécurité et de notre bien être non seulement à nous mais aussi  de nos enfants.    

En attend, évitons de foncer tête baissée et droit dans un mur. Notre pays va mal. Il est en déséquilibre partout, en tout point de vue. Il faut oser le dire et le reconnaître! Il faut surtout relever la tête et oser « agir » plutôt que « réagir ». Car l’obscurantisme, le repli sur soi et l’état de nature nous ont chaque jour fait part de la menace, du danger réel de la lente mais certaine disparition du Tchad, en tant que communauté juridique.

 

Oui, notre bateau est entrain de couler. Là, sous nos yeux. Et nous ne faisons rien pour l’en empêcher. Chacun de nous est en mesure de faire quelque là où il/elle se trouve pour sauver notre jarre, avant qu’il ne soit trop tard !

 

Oui il sera trop tard, lorsque le dernier puits du pétrole tarira ; il sera trop tard lorsque le dernier quintal d’uranium de la bande d’Aouzou sera extrait ; il sera trop tard lorsque les derniers hectares de nos sols seront attribués par Décret en vue d’exploration minière; il sera trop tard lorsque le dernier milliard de franc CFA sera détourné ; il sera trop tard lorsque la dernière goûte d’eau tarira du lac Tchad; il sera trop tard lorsque la dernière gazelle du parc de Zakouma sera tué; il sera trop tard lorsque le dernier quarrât d’or du Chute Gautio (Mayo-Kebbi) sera extrait et vendu ; il sera trop tard lorsque le dernier palmier de nos belles palmeraies du BET et nos gommiers arabiques mourront asséchés ; il sera trop tard lorsqu’aucune institution internationale, aucun investisseur étranger ou national ne nous fera plus confiance ; il sera trop tard et alors, alors seulement, nous comprendront que, par notre comportement irresponsable ; notre égoïsme cruel , nous avons réussit à détruire le plus beau cadeau que Dieu nous ait donné : le Tchad, vaste et riche. Il sera trop tard en ce moment-là! Oui, trop tard, trop tard en effet !

Michelot Yogogombaye

King.abe@hotmail.com