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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

         
                                                    Dakar, le 20 août 2008,

COMMUNIQUE DU BRDS

LETTRE AU DOCTEUR Dr LEY-NGARDIGAL  Djimadoum

Pour celui qui lutte pour son pays, il y a entres autres :

  1. l’opposition démocratique interne,
  2. la rébellion armée,
  3. l’exil.
  4. quatrième colonne
  5. la soumission

 

Quelle est parmi ces trois principales formes de lutte, celle qui rend le plus malheureux ?

1°) Opposition interne : vous êtes sous surveillance policière, vos droits civiques sont bafoués, vos enfants sont exclus des écoles et votre épouse de la fonction publique. Chaque jour, vous rencontrez des gens dont la sympathie vous réconforte et, au sein des vôtres, vous continuez à vous mettre en danger et aussi à mettre en danger votre famille, jusqu’au jour où une balle lâchement tirée d’une voiture anonyme, abrége votre vie volontairement offerte à votre peuple.

Ce peuple vous pleure un jour et retourne à son amnésie pour glorifier l’assassin.

 

2°) la rébellion Armée : vous vivez avec la peur comme compagne. Peur de la balle à qui vous offrez votre poitrine pour que le souffle de la liberté sorte de celle de votre peuple, peur des scorpions, serpents qui vivent avec vous. Peur des maladies que vous soignerez à la libération. Vous vivez avec la peur pour ceux que vous aimez et que vous avez laissés sans protection auprès du tyran. Pour ceux que vous chérissez et qui dans la lueur d’un feu de désert, hantent vos nuits d’amours nostalgiques. Et seuls, vous pleurez des larmes séchées sur un visage jeune, ridé par la souffrance des combats. Et vous vous essuyez les yeux avec des mains qui viennent d’égorger un jeune combattant du tyran qui jamais n’avait demandé à se retrouver sous la lame de votre couteau. Ce petit frère, c’était lui ou vous. La lame que vous avez enfoncée dans sa gorge a d’abord pénétré celle de votre fils, la vôtre et celle de tous ceux que vous aimez. Et, la rage au cœur, cet enfant qui ne demandait qu’à vivre, s’étant transformé en dictateur, vous avez frappé et encore frappé. Vous avez charcuté. Puis vous avez creusé et enterré. Puis vous êtes recroquevillé comme un fœtus aux pieds d’un buisson et à l’abri du regard de vos compagnons aguerris, vous avez pleuré toutes les larmes de l’enfant qui en vous, ne vous a jamais quitté, vos mains assassines entre vos jambes.

Cette vie vous ne la voulez même pas pour le tyran contre qui vous luttez. Comme l’acceptez vous pour vous et vos compagnons ?

3°) l’Exil : vous refusez l’opposition parlementaire ou une résistance démocratique, vous refusez de prendre les armes et vous partez  pour l’EXIL. Du jour de votre sortie de votre pays, vous avez plongé dans un immense trou galactique, sans paroi et sans fond. C’est le début de la décadence, mais surtout, de la déchéance physique et morale pour vous et votre famille. Votre principal ennemi est tout petit et il s’appelle «  FAIM ». Vous avez constamment faim. Quand les gens débattent sur les grandes orientations stratégiques pour sortir votre pays de la crise, vous, vous avez faim et donc, vous n’avez point d’oreilles. La part de travail que l’on vous confie, passe après l’assouvissement de votre faim. De retour dans le cagibi poussiéreux de domestique qui vous sert de logement dans un quartier mal famé, vous buvez de … l’eau du robinet pour tromper votre faim. Puis abattu, vous dormez et c’est vraiment là, un véritable sommeil du guerrier qui vous hante. Et vous gémissez des rêves de l’aristocrate que vous avez été dans votre pays, devenu ombre de votre ombre dans ce pays où désormais votre statut est : ETRANGER. Et vous ne vous rendez compte qu’après. Vous avez une odeur, vous avez un accent, vous avez des idées noires, vous êtes surveillé par les services secrets, ceux qui vous fréquentent sont fichés, vous n’avez pas de ressources, pas de revenus, pas de famille, pas d’amis. Vous êtes un inconnu sans passé, sans présent et sans avenir. Vous êtes un mort vivant mais, même la mort ne veut plus de vous et vous rentrez inexorablement dans le passé de votre patrie car, je vous l’ai dit, vos souvenirs se sont arrêtés au jour de votre sortie de votre pays.

Ce ne sont pas des couteaux que vous enfoncez dans la gorge de l’ennemi mais, quotidiennement ce sont des milliers de lames qui transpercent votre cœur, votre âme et votre raison. Vous êtes un fou doté d’une raison extravertie vers un seul objectif : «  je me vendrai au diable si l’occasion se présentait pour rentrer chez moi, quel qu’en sera le prix à payer ». En euros ? 8000 ? Même sans un sou vaillant je rentrerai chez moi, sachant que la potence y est déjà dressée. Je rentrerai chez moi pour y mourir enfin heureux, loin de l’exil, la pire des formes d’oppression que l’humanité ait imaginée.

3°) la quatrième colonne met le combattant à l’intérieur du système qu’il combat.

4°) la soumission est la position du peuple africain. Soumis et fataliste, toujours en attente d’une solution exogène à des problèmes structurels qui l’assaillent et le tuent. Inexorablement, dans tous les pays africains, il a la même réponse face à un même comportement oppresseur : «  DIEU est grand ». Mais qui a le plus intérêt à reconnaître la grandeur de DIEU que ceux qui depuis 40 ans, avec leurs famille et alliés, vivent de notre sang impunément et qui sont certains parce que DIEU pardonne, qu’ils seront pardonnés ?

Et le soumis, sourire béat aux lèvres, dit «  Oppresseur, à toi le monde, à moi le paradis » et  à l’oppresseur de répliquer : «  DIEU est pouvoir ». Qui se ressemble s’assemble.

 

LE SECRETAIRE GENERAL DU BRDS

PROFESSEUR EL HADJ HAMIDOU DIALLO