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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

La crise du Darfour occupe au Sénégal une place prépondérante et préoccupe  aussi bien  le Gouvernement que les organisations de  la société civile.

A cet effet,  à l’initiative du  Forum Intellectuel pour la Culture et le Développement, une organisation des ressortissants Sénégalais arabophones, une table ronde a été animée samedi 16 août 2008 à Dakar à l’hôtel le Ndiambour  et placée sur le thème : « Les causes et Conséquences du Mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale pour la Crise du Darfour ».

De formation arabophone, pour la plupart d’entre eux, les initiateurs de cette table ronde se sont penchés sur les origines du conflit et la procédure enclenchée par le procureur Louis Moreno Ocampo pour inculper Oumar Hassane El-béchir pour des  actes de violations des droits de l’homme et de génocide commis sur des populations de cette région occidentale du Soudan.                                               
 
Nombreux sont les intervenants qui ont pris la parole pour juger la CPI dont les poursuites judiciaires ciblent exclusivement les dirigeants des pays du tiers monde.

C’est aussi, l’occasion pour M. Djibril Baldé, Coordonateur Afrique de l’Ouest du Point Focal du Darfour Consortium, une organisation qui regroupe plusieurs ong africaines et internationales travaillant sur la question,  d’intervenir dans les débats pour donner  la position de son mouvement.

 M. Djibril Baldé a estimé que si la crise du Darfour persiste, la faute revient au Gouvernement soudanais, qui signe des accords sans les appliquer réellement : « Nous déplorons le comportement des autorités soudanaises qui ne manifestent pas aucune  volonté  politique au dialogue avec les groupes armés du Darfour. »

Répliquant ainsi, au conseiller de l’Ambassade du Soudan, présent dans la salle, M.Djibril Baldé, a développé son argumentaire sur le fait que les précédents accords de paix, qui ont eu lieu à Ndjaména et  à Abuja, n’ont guère avancé à cause de l’intransigeance  du régime de Khartoum, qui s’est enfermé dans une option militaire au lieu de privilégier le dialogue avec les factions rebelles. « C’est le Gouvernement soudanais avec sa milice Djandjawids, qui violent le cessez-le-feu en s’attaquant aux populations civiles déplacées et réfugiées au Tchad où elles vivent une situation apocalyptique  dans les camps d’infortune. Elles meurent de faim, de soif et des soins médicaux. Cette situation est inacceptable ! » s’est-il désolé, le Coordonateur Afrique, basé à Dakar de Darfour Consortium.

 En outre, il a soutenu et cité entre autres accords de paix :

-         Le 19 avril 2004 à Ndjaména, sous la médiation du Tchad, le CFA( Cease Fire Agreement ) qui est un cessez-le-feu  qui devrait observé pour une durée de  45 jours, mais malheureusement, il n’a jamais été respecté par Khartoum,  qui viole littéralement ses engagements pris devant la communauté africaine et internationale.

-         Le 05 mai 2006 à Abuja au Nigéria, il a été signé un accord de paix inclusif sous les auspices de l’Union Africaine, il n’a non plus été honoré par le régime soudanais.

Au regard de cette situation lamentable d’échecs dans le processus de paix au Darfour ;  M.Baldé a recommandé vivement :

- aux différents belligérants de travailler en étroite collaboration avec son organisation,   le Darfour Consortium qui a rédigé une déclaration rendue publique à Dar-Es-Salam en Tanzanie dans le but de renaître le processus de paix en panne depuis quelques temps,

 - à la communauté internationale de déployer immédiatement et sans délai 17000 forces supplémentaires de la MINUAD et 18 hélicoptères et de véhicules blindés que demande cette mission pour assurer une protection effective aux populations et agents humanitaires,

- l’observation immédiate d’un cessez-le-feu,

- l’intégration de toutes les factions rebelles aux futures négociations,

- le désarmement sans délai des milices Djandjawids

- et la mise sur pied d’un tribunal pénal au Darfour pour juger les auteurs et commanditaires des crimes de guerre, de viols et de génocide qu’a connus la région du Darfour.

Les intervenants, à cette table ronde ont souligné, l’urgence d’appeler au dialogue tous acteurs en conflit pour le retour de la paix au Darfour. Ils ont jugé compromettante pour la recherche de la Paix, la procédure de la CPI ; elle  risque de cristalliser les positions entre Khartoum et les rebelles du Darfour.

Ils estiment également que l’unité de l’Afrique, pourrait être menacée si jamais, la CPI maintienne son mandat d’arrêt contre Oumar Hassane El-béchir.

Aussi, ils en appellent à la responsabilité de l’Afrique de juger ses propres dirigeants pour mettre fin à la question de l’impunité sur le continent.

 

Reportage réalisé

par Makaila Nguebla

pour le blog : makaila.over-blog.com