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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

Le Bag (Bloc africain de Guinée) et d’autres formations politiques décident de fondre dans le Pdg (Parti démocratique de Guinée), comme un morceau de beurre dans une poêle chaude suite à la violence inouïe vécue en Guinée avant le referendum de 1958. Raison invoquée : « éviter la division et confrontation tragique ». Résultat : suicide collectif des partis politiques et arrêt de mort de la jeune démocratie; le camp Boiro servant de porte au tombeau de milliers de Guinéens après l’invention du « complot permanent ».

 

 

 

 

 

 

 

26 ans plus tard, sous prétexte d’éviter une fois de plus « la division et la confrontation tragique », des traîtres du Pdg en uniformes et complices du 3 avril 1984 utilisent le colonel Lansana Conté comme « pion de façade » pour s’emparer du pouvoir. L’objectif réel étant simplement d’effacer à la tête de l’Etat une succession à coloration clanique. Dans cette optique, les démons du Pdg seraient enchaînés et les esprits opprimés, depuis plus d’un quart de siècle, calmés. Il fallait donc pour cela, créer un « minimum de stabilité » pour que les « miliciens » du Pdg, tapis dans l’ombre, « reprennent » le pouvoir sous un autre manteau.

 

 

 

 

 

 

 

Le Colonel Lansana Conté, considéré par ses complices comme « analphabète » prend le dessus. Résultat : lâche assassinat ciblé d’anciens dignitaires du Pdg au pied du mont Gangan à Kindia et le Colonel Diarra Traoré après le « Wo fataara » de juillet 1985. Lansana Conté écarte progressivement sur son chemin tous ceux qui espéraient lui « retirer »  le pouvoir. Huit ans plus tard, il organise des élections truquées pour légitimer sa position à la tête de l’Etat guinéen.

 

 

 

 

 

 

 

Au fil du temps et avec l’aide d’intellectuels démissionnaires, d’officiers pourris, de politiciens véreux et d’hommes d’affaires mafieux, le général Conté parvient à perpétuer un système où rare sont ceux qui ont la chance d’échapper à la corruption et vol de deniers publics. Le phénomène est si endémique que tout le pays s’y retrouve piégé comme dans une toile d’araignée aussi énorme que la carte de la Guinée elle-même.

 

 

 

 

 

 

 

Et pour éviter une nouvelle fois la « confrontation tragique » en Guinée, le général Conté prépare sa succession (par son fils Ousmane Conté ?) en douceur après la mutinerie du 2 et 3 février 1996. Il débourse de fortes sommes d’argent pour distiller la rumeur sur son état de santé en déclenchant une campagne de presse « intelligente » afin d’asseoir l’idée qu’il est malade au delà de la réalité. Entre temps, il effectue des visites privées à Cuba et en Suisse pour confirmer la dégradation irréversible de sa santé. Une bonne stratégie de dissuasion pour les éléments mécontents de l’armée. Puis, c’est le grand coup de balai et l’épuration dans les casernes.

 

 

 

 

 

 

 

L’Etat guinéen, pris en otage par la mafia militaro clanique, est sur la voie de la disparition pour donner naissance à un nouveau « narco-Etat » aveugle. Un nouvel Etat qui serait la plaque tournante infernale du trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains. Le drame est que les services de renseignements occidentaux le savent et se taisent pour des raisons « diplomatiques ou « stratégiques » à cause de la guerre en Sierra Leone et au Libéria.

 

 

 

 

 

 

 

Déjà, des trafiquants de drogues munis de « Laissez-passer » délivrés par la Présidence de la République se baladent dans la cité et à travers le pays et la sous région dans des voitures 4x4 climatisées servant de relais à la mafia vénézuélienne. Le rejeton du chef de l’Etat, Ousmane Conté utilise l’hélico présidentiel pour acheminer son « stuff »  vers la Guinée Bissau et d’autres points transits.

 

 

 

 

 

 

 

Des passeports diplomatiques sont délivrés à certains. Un haut fonctionnaire guinéen et son épouse ont même été emprisonnés à l’étranger. En 2000-2001, un trafic de pierres précieuses, de drogue et d’armes qui avait mal tourné et dégénéré en règlement de comptes à différents endroits de nos frontières avec la Sierra Leone et le Libéria avait été qualifié « d’agression rebelle ».

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, le pays est gouverné au gré des caprices des multiples premières dames du président Conté (les plus connues étant Henriette et Kadiatou Seth Conté). Elles ont leur clan et « lobby » affairistes mafieux. Pire encore, la jalousie des deux co-épouses du président se fait ressentir à tous les niveaux. Chacune impose au chef de l'Etat un quota de ministres, de hauts fonctionnaires, d'officiers, etc..., de sorte que des réseaux et leurs ramifications occultes gangrènent l'armée, la police, la gendarmerie, la douane et l'Administration publique (y compris nos missions diplomatiques). Il y a même des réseaux de renseignements parallèles au service de ces clans.

 

 

 

 

 

 

 

Avec la substitution certaine de l’Etat par les clans du président et ses épouses, aucun changement réel en faveur des populations n'est possible en Guinée sans le démantèlement préalable du système. Aucune élection libre, transparente et juste n’est possible. Il faudrait même anticiper une terrible confrontation entre ces multiples clans en cas de vacance du pouvoir.

 

 

 

 

 

 

 

Une telle éventualité mènera inéluctablement le pays vers le chaos qui risque de dégénérer en un conflit armé sanglant avec de graves conséquences. Compte tenu du fait que ces clans ont tissés des alliances dangereuses non négligeables à l'extérieur du pays. Sur place, l'injustice, la misère, la haine de l'un contre l'autre, l'amertume et l'accès facile aux stupéfiants sont des ingrédients pour alimenter une guerre civile qui pourrait embraser tous les pays voisins.

 

 

 

 

 

 

 

Si le vieux général finissait ses jours au pouvoir, rien n’indique qu’il y aura un changement réel. Chaque clan se sentant prédestiné à gérer la Guinée pour l’éternité souhaiterait lui succéder. Conséquence : déclanchement d'une guerre féroce pour préserver le pouvoir et les privilèges mal acquis.

 

 

 

 

 

 

 

Le chaos à la place d'un Etat organisé favorisera la floraison de tous les trafics qui s’installent déjà de façon graduelle. La communauté internationale et les dignes fils de ce pays ne devraient pas attendre qu’il soit trop tard pour réagir. Il faut trouver les moyens d’arrêter maintenant l'émergence de ce nouveau narco-Etat.

 

 

 

 

 

 

 

Baba Telly
pour Les Ondes de Guinée

 

 

 

 

 

Source : Les Ondes de Guinée, article publié le 28.9.2005