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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

The Darfur Consortium

 

           African and International

          Civil Society Action for Darfur

 

 

 

Contacts Dismas Nkunda at + 256 78 2310410

Djibril Balde (porte parole francophone Dakar) +221 77 301 14 98

L’Opération de Maintien de la Paix au Darfour Poussée à l’Echec par la Communauté Internationale

Un nouveau rapport établit que les soldats de la paix ne sont pas soutenus et échouent jusqu’à présent à protéger les civils

(KAMPALA, 28 juillet 2008) - L’incapacité des principaux dirigeants mondiaux à tenir leurs promesses en termes de maintien de la paix a condamné des millions de Darfouris à davantage de peur et de souffrance, sans protection vis-à-vis de la violence, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Darfur Consortium, une coalition de plus de 50 organisations africaines et internationales de la société civile et de défense des droits de l’homme.

Le rapport, « Les populations d’abord : le défi de la protection pour la MINUAD au Darfour » (Putting People First: The Protection Challenge Facing UNAMID in Darfur), évalue la performance de la force de maintien de la paix au Darfour (la MINUAD) déployée depuis six mois. Basé sur des entretiens avec des Darfouris, des experts et du personnel humanitaire, ce rapport dépeint une force paralysée par le manque d’équipement, de formation et d’effectifs militaires. Le document fait également état des échecs déjà rencontrés par la MINUAD et conclut que nombre de Darfouris ne se sentent pas davantage en sécurité qu’avant l’arrivée de la MINUAD.

Selon Dismas Nkunda, porte-parole du Darfur Consortium : « Les populations du Darfour méritent mieux que des paroles creuses et des promesses non tenues. Il y a un an, le Conseil de Sécurité des Nations unies se prononçait unanimement et promettait aux Darfouris la plus forte et plus importante force de protection jamais déployée. Aujourd’hui, cette force en est à peine au tiers de son déploiement, manque des équipements les plus élémentaires et se trouve dans l’incapacité d’assurer sa propre protection ainsi que, a fortiori, celle des populations civiles. La communauté internationale doit de toute urgence renforcer son soutien aux courageux soldats de cette force, en majorité africains. La réalité est dure mais simple : l’échec de la communauté internationale à agir se paie au prix de nombreuses vies. »

La MINUAD dispose actuellement d’un peu plus de 9 000 des 26 000 soldats qui lui ont été promis, la majorité d’entre eux étant issus de la force de l’Union africaine (UA) qui l’avait précédée. La MINUAD manque d’hélicoptères et de véhicules blindés. Elle est si mal dotée que d’anciens soldats de l’UA en ont été réduits à simplement repeindre leur casque en bleu pour indiquer qu’ils font désormais partie d’une mission onusienne. Le manque de troupes nouvelles signifie que les casques bleus actuellement déployés au Darfour ne peuvent même pas quitter temporairement leurs positions sur le terrain pour être formés par les  Nations unies.

Les responsables d’un tel échec sont nombreux. Le gouvernement du Soudan a rejeté de nombreuses offres de troupes, pourtant vitales ; les pays donateurs n’ont pas apporté les équipements suffisants ; les Nations unies et l’Union africaine ont mis trop de temps à se déployer. Et la MINUAD elle-même pourrait agir de façon plus proactive sur le terrain.

Bien que la MINUAD nécessite davantage de soutien, le rapport conclut cependant qu’elle pourrait déjà avoir un impact plus important sur la vie des populations. Il souligne que la MINUAD pourrait faire des activités de protection une priorité plus importante et qu’une interprétation inadéquate de son mandat a limité son efficacité sur le terrain. Bien que la MINUAD n’ait pas la capacité de répondre à des combats de forte intensité, elle pourrait faire davantage pour protéger les populations de la violence quotidienne qui les affecte – par exemple, en protégeant les femmes des attaques pendant qu’elles vont chercher du bois à l’extérieur des camps. Le rapport affirme que les officiers doivent donner priorité à des patrouilles régulières dans les camps et dans les zones rurales, ainsi que le long des routes principales afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire en toute sécurité. A chaque fois que sa capacité l’y autorise, la MINUAD devrait également maintenir des patrouilles et une présence tout au long de la nuit, puisque s’y déroulent une grande partie des actes de violences. Dans de nombreux endroits, la MINUAD ne patrouille actuellement que durant la journée. Ces activités devraient par ailleurs être mises en place en lien avec les communautés locales.

Là où de telles activités ont été menées, le rapport soutient qu’elles ont été bénéfiques. Cependant, elles ne sont encore que trop rares. Une femme Darfouri citée dans le rapport a déclaré : « Nous sortons collecter du bois deux à trois fois par semaine et je suis terrifiée tout au long de la journée. J’aimerais que la MINUAD vienne avec nous. Parfois, des hommes armés nous volent ou nous battent. Certaines femmes ont été violées ou tuées. Si la MINUAD venait avec nous, ces hommes n’oseraient pas nous attaquer

Les dernières semaines ont cruellement démontré les difficultés auxquelles sont confrontées les troupes de la MINUAD sur le terrain. Le 8 juillet, l’attaque la plus meurtrière pour la force a déjà fait sept morts et de nombreux blessés graves parmi les casques bleus africains. Quelques jours plus tard, un autre de ses soldats tombait sous les balles.

« Ces meurtres devraient tous nous faire réagir, et ces valeureux soldats africains ne devraient pas être morts en vain », rappelle Dismas Nkunda, porte-parole du Darfur Consortium. « Sans davantage de soutien, la MINUAD est malheureusement condamnée à échouer. La communauté internationale doit urgemment s’assurer que la force bénéficie des équipements qui lui ont été promis. Le gouvernement soudanais devrait coopérer intégralement et sans délai. Alors qu’une telle crise nécessiterait une intervention à cœur ouvert, le monde continue de vouloir lui appliquer des sparadraps ! Chaque jour qui passe ainsi condamne les Darfouri à souffrir davantage ».

Emmanuel Jal, musicien soudanais et ancien enfant soldat, souscrit aux recommandations du rapport :  

« En tant que citoyen soudanais, je suis aux côtés de mes frères et sœurs du Darfour. J’ai survécu à la guerre de qui a fait rage pendant vingt ans entre le Nord et le Sud Soudan, et cela me déchire de voir l’histoire se répéter ainsi au Darfour. La MINUAD pourrait faire une réelle différence dans la vie des gens, à condition que la communauté internationale lui apporte enfin le soutien qui lui est dû. Depuis cinq longues années, les Darfouris n’ont cessé de revendiquer un des droits de l’homme les plus essentiels : celui d’être protégé de la violence. Nous ne pouvons pas les abandonner».  

ENDS