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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Organisation Non Gouvernementale ayant Statut spécial à l’ECOSOC aux Nations Unies, membre observateur à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) de l’Union Africaine et à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

 

Le Président

Déclaration

 

Inculpation du Président Oumar El Bechir

par le procureur Louis Moreno Ocampo

 

La responsabilité des leaders Africains engagés.

 

La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) estime totalement justifiée l’inculpation du Président Soudanais Oumar Hassane El-Béchir pour « génocide », crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

 

Sa responsabilité est écrasante dans la tragédie du Darfour : avec les graves violations des droits humains, la dégradation du processus de paix et la protection qu’il assure à Ahmat Haroun son Ministre d’Etat chargé des affaires humanitaires et le milicien Ali Kushayb tous deux sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI).

 

Oumar Hassane El-béchir, est le deuxième Chef d’Etat Africain en exercice inculpé par la CPI après Charles Taylor.

 

Le cancer de l’impunité avec la commission de graves crimes internationaux, des violations massives et répétées des droits humains liées aux conflits armés en Afrique constituent la première cause de l’effondrement du leadership africain dans le monde.

 

Après le Vice-président de la République Démocratique du Congo, Jean Pierre Bemba, ça sera peut être le tour de l’ancien Président Centrafricain Ange Félix Patassé qui risque de devenir le prochain inculpé de la CPI.

 

Comment ne pas signaler que dans la même période le Président Zimbabwéen Robert Mugabé et son régime étaient au menu des sanctions à infliger par le Conseil de Sécurité de l’ONU, tandis que Transparency International déferait les cas de cinq (5) Présidents Africains devant les tribunaux français !

 

Comment ne pas faire le constat de l’effondrement lamentable du leadership africain dans le monde lié à l’impunité et la mal gouvernance !

 

La responsabilité des leaders Africains qui tardent à suivre la roue de l’histoire de  l’évolution du Droit Pénal International sera marquée d’une pierre noire.

 

Pays sous développés sans pouvoir réel au plan international, les Etats africains constituent le maillon le plus faible de ce qu’on appelle la Communauté Internationale et sont les proies les plus faciles pour la CPI.

 

 

 

 

 

D’où l’impérieuse nécessité de prendre le taureau par les cornes en engageant la construction d’une justice pénale continentale, indépendante, compétente pour juger le génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité qui contribuent à la dépendance judiciaire du continent par rapport à la CPI.

 

Il faut doter la Cour Africaine de ressources humaines et financières, de compétences similaires à celles de la CPI pour mettre un terme à l’humiliation pour le continent, de fournir le plus gros contingent d’auteurs de crimes abominables à la CPI. Car en vertu du principe de la subsidiarité et en vertu de l’article 16 du Traité de Rome, la CPI n’est compétente que si les juridictions nationales sont défaillantes ou s’il existe une volonté délibérée des pouvoirs publics de protéger les auteurs des graves crimes internationaux.

 

Interrogations légitimes sur l’orientation des investigations du Procureur de la CPI sur le continent africain

 

Tout porte à croire que certains leaders des grandes puissances jouissent d’une immunité par rapport aux poursuites de la CPI.

 

En Iraq, les Etats-Unis soutenus par la Grande Bretagne sont passés par-dessus le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour déclencher une guerre sur la base d’un mensonge en alléguant de l’existence d’armes de destructions massives qui seraient détenues par Sadam Hussein.

 

Ce conflit comme la plupart des conflits dans le monde a donné lieu à des crimes de guerre,  de violations massives des droits humains. Tout le monde a encore en mémoire les images horribles de personnes victimes de tortures, de traitements cruels, inhumains et dégradants à Abu Ghraib. Pire le camp de Guantanamo érigé en zone de non droit où l’on a assisté à la légalisation de la torture, à la violation du Droit Humanitaire International et de la morale universelle. Ce qui a porté un coup sérieux au leadership américain dans le monde et qui n’a pas été sans conséquence dans le désordre et l’anarchie observés dans tous les domaines.

 

La Belgique qui a livré Jean Pierre Bemba à la CPI et jugé beaucoup de génocidaires Rwandais a été obligée de modifier en 2003 sa loi de compétence universelle suite à une plainte contre Ariel Sharon sur les massacres de Sabra et Chatila et après avoir subi de très fortes pressions du gouvernement américain.

 

La RADDHO :

 

  • Interpelle les juges de la CPI pour qu’ils fassent preuve de plus d’équité pour ne pas donner l’impression d’une justice pénale internationale à deux vitesses car l’opinion africaine s’interroge sur l’orientation des investigations de crimes commis en Afrique par certains leaders africains ;
  • Invite solennellement les leaders africains à inscrire en priorité la résolution de la question de l’impunité et de la mal gouvernance dans l’agenda de l’Union Africaine.

 

L’urgence de la création d’une Cour Pénale Africaine compétente pour connaître des crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité n’est plus à démontrer. C’est le moyen le plus efficace pour assumer la souveraineté du continent en matière judiciaire et éviter que les leaders africains ne constituent le contingent le plus massif de criminels jugés par la CPI.

 

Fait à Dakar, le 16 juillet 2008

Le Président