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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Dans quasiment tous les discours des hommes politiques et dirigeants tchadiens, l'on a de cesse d'entendre les mêmes proses. Morceaux choisi : « …le Tchad, notre pays revient de loin ; les tchadiens sont meurtris par plusieurs décennies de guerres fratricides qui ont endeuillés de nombreuses familles, cessons de nous entretuer; nous sommes fatigués par la guerre…. ».



 
Mais plusieurs questions nous taraudent l'esprit. Qui a inoculé le virus de la guerre  dans l'esprit  des descendants de « Toumai » (ancêtre de l'humanité découvert dans le désert tchadien en 2002 par un groupe de paléontologue FRANCO-TCHADIEN)?

 Quel est le vecteur  ou le facteur parlant de l'instabilité qui terni l'image de ce pays assis  pourtant sur d'énormes richesses naturelles, et composées d'une diversité ethnique et culturelles, quoique sources de division?

 Comment est né ce conflit, à rebondissement ?

La réponse à cette question ne coule pas de source, tant les implications sont nombreuses, et les acteurs imprévisibles et nombreux.

 

Se réferant à l'histoire de notre pays, c'est en réalité depuis 1963 ; et la répression militaire des partis d'opposition par le premier président NGARTA TOMBALBAYE que le Tchad s'est trouvé pris dans l'engrenage interminable de conflits politiques, sociaux et ethniques. Pendant plus de trente ans, les dépenses militaires ont absorbés plus de la moitié du budget de l'Etat, l'unité nationale a été gravement compromise et le développement socio économique sacrifié.

Le pays n'a qu'un peu plus de trois cent kilomètres de routes bitumées ou revêtues (même si avec les « petro dollars »  de nombreux chantiers ont été entrepris et sont en cours d'exécution y compris les routes revêtues). Une seule université à N'djamena et une seconde à Abéché (l'université "Adam Barka").  Mais comme la capacité d'accueil de ces  'institutions universitaires' est réduite, et les conditions d'accès et d'études difficiles, la plus part de jeunes tchadiens déferlent dans les universités de la sous région, pour les ménages modestes afin d'y parfaire leurs cursus universitaires. Les plus nantis parviennent à obtenir des bourses de l'Etat à leurs enfants. Sans  commentaires !


 Lecomble dans tout ça est que le Tchad ne dispose que de  4 hôpitaux, au sens moderne du terme, c'est-à-dire répondant au standard requis.


 En outre, l'état de guerre est perpétué par un commerce des armes florissant, et par le fait que de vastes superficies de terres qui pourraient être productives soient minées, ce qui exacerbe les différends qui existent de longue date entre agriculteurs et pasteurs.

  L'espoir  a été nourri en 1990, avec l'arrivée au pouvoir du mouvement patriotique du salut, le MPS. Les Tchadiens étaient convaincu de la fin de leur calvaire à ce moment là, après  des années de dictatures, l'une des plus implacables d'Afrique, nous dira t-on sur fond de guerre civile. La  suite leur  a donné raison, ne serait ce que dans la forme. « Démocratisation » du pays  avec pour corollaire la libéralisation de l'espace  audiovisuel et politique, suivi par la tenue d'une conférence nationale souveraine (CNS en1993) dont les résolutions sont restées lettre morte et des élections présidentielles et législatives en 1996 et 1997, les premières jugées démocratiques, puisque ouvertes à tous, même si les scrutins ont été contestés par l'opposition comme  d'habitude, et c'est de bonne guerre.

 Des institutions « démocratiques » ont donc vu le jour, (assemblée nationale, conseil constitutionnel, haut conseil de la communication…) et certains candidats malheureux de ces élections sont entrés au gouvernement dans le cadre de la démocratie consensuelle et participative, la fameuse DCP, qui a fait coulé beaucoup de salives à l'époque. Le perchoir de l'assemblée nationale a été accordé à un autre candidat malheureux, le général wadal Abdelkader KAMOUGUE, puisque c'est de lui qu'il s'agit.

 La lune de miel n'aura été que de courte durée. Les choses vont prendre une autre tournure après la réélection contestée d'IDRISS DEBY ITNO en 2001, puis la révision de la constitution en Mai 2004, qui lève notamment le verrou de la limitation du mandat présidentiel. IDRISS DEBY ITNO s'il le souhaite peut se représenter ad vitam æternam, c'est d'ailleurs le scénario plausible.

 

La scène politique était à ce moment là mouvementée. Cette atmosphère socio politique morose a eu pour conséquence, la rupture du dialogue entre l'opposition et le pouvoir, jusqu'au présidentielles de 2006, boycottées par les  principales figures de l'opposition politique.

 Malgré ce climat délétère,  le début de l'exploitation du brut Tchadien en 2003 offrait des perspectives heureuses pour notre pays.   Hélas, il n'en est pas le cas. La guerre nous hante toujours les esprits ! Les rebellions hostiles au pouvoir en place reprennent de la vigueur avec le soutien sans doute du soudan (puisque ces mouvements rebelles ont leur base d'opération au Darfour soudanais).  La mauvaise gestion du pays, ajoutée  au simulacre de démocratie qui a cours,  entrave l'éclosion  du Tchad, ce qui justifie ces rebellions.

Le Pays dispose des revenus du pétrole depuis bientôt 5 ans déjà, soit plusieurs millions  de dollars encaissés  par le trésor public tchadien chaque année. Malheureusement, le Tchadien moyen, pour ne pas dire le « bas peuple ploie dans la misère noire », et ce dans l'indifférence totale de nos gouvernements, qui se préoccupent plutôt de l'aspect armement, afin de faire face aux vagues successives d'incursions rebelles dont la dernière  date de ce milieu du mois de juin.  De grosses cylindrées pavoisent dans les principales artères de la capitale, comme pour narguer le peuple d'en bas. Le tout aux frais de la princesse.

 

L'entrée de la CPDC, la principale coalition de l'opposition n'arrange nullement les choses, surtout que la lumière n'est pas encore faite sur la disparition de IBNI oumar Mahamat Saleh,disparu le 03 Février dernier lors de l'offensive rebelle dans la capitale N'djamena. La CPDC aurait pu attendre un peu avant d'accepter de participer au gouvernement, même si ceux des membres qui ont accepté « la main tendue » du pouvoir estiment qu'il fallait collaborer avec le régime afin de faire avancée l'application des accords du 13 Août 2007.Ces accords qui prévoient à terme l'organisation des élections législatives « crédibles » en 2009, constituent une feuille de route importante, si ces clauses sont appliquées. L'opposition démocratique aurait du saisir l'opportunité, et préparer sereinement les législatives de 2009, en restant dans l'opposition, surtout que la conjoncture politique actuelle lui est favorable. Soit.

 

Quoi qu'il en soit, et quelle qu'en soit la raison, « le cancer Tchadien » a ses racines  lointaines. Il n'est pas de notre intention de remuer le couteau dans la plaie déjà assez infecté.

Avec un peu de volonté politique et d'esprit patriotique, on pourrait ouvrir une brèche vers la réconciliation nationale, à travers la tenue d'une table ronde, que les démocrates de tous horizons appellent de tous leurs vœux. La balle reste dans le camp du pouvoir, qui s'obstine à refuser l'idée d'un forum national qui traitera au cas par cas, le mal qui  est entrain de ronger le pays.

Les accords parcellaires signés ça et là n'arrangent pas les choses. Ces accords permettent uniquement aux « nouveaux ralliés » de revenir à la mangeoire. Les problèmes de fond demeurent. Il nous faudra une solution globale. Rebelles et gouvernement devraient donc déposer les armes, et renouer le dialogue, en y associant toutes les composantes de la nation tchadienne (partis politiques, société civile, tchadiens de la diaspora…).

 

 Les pays amis du Tchad (Libye, France, Gabon, Bénin…), ainsi que des organisations internationales ou sous régionales telles l'ONU, l'union africaine, la CENSAD, et la liste n'est pas exhaustive, peuvent aussi nous aider en apportant leur contribution.

 

Le Tchad en a grand besoin, et les tchadiens de toutes obédiences, ne doivent plus se calfeutrer dans le fatalisme. Comme un seul homme, levons nous pour contribuer à l'avènement de la paix et de la démocratie au Tchad. Le vœu va  sembler chimérique, mais  pas  insurmontable.

La lutte sera de longue haleine.
 

 Eric TOPONA

Etudiant Tchadien
Sciences Pô et Relations Internationales.