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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Samedi 28 juin 2008 : Dieu ne saurait être au Zimbabwe (suite).  Par Dr. Djimé Adoum sahelien@hotmail.com,  tchadnews.info,

La première partie de l’article « Dieu ne saurait être au Zimbabwe » a suscité quelques réactions chez  certains lecteurs.  Ces lecteurs estiment que les medias (y compris la rédaction de tchadnews) tirent a bout portant sur le Président Robert Mugabe (Tonton Bob) alors que la situation est encore pire au Tchad.    Selon toujours les mêmes observations, le crime de Tonton Bob  n’est autre que le fait d’avoir confisqué les terres des blancs pour les redistribuer aux noirs.  Les lecteurs notent que la situation au Tchad est encore plus préoccupante et se lamentent du manque de couverture médiatique au sujet du Tchad.    Bien que la situation sociopolitique du Tchad soit aussi mauvaise que celle du Zimbabwe, les choses sont significativement différentes sur le plan politique.  Les citoyens du Zimbabwe sont quasiment unanimes quant à leur volonté de changer et leur désir réel pour le changement politique.  Au Tchad c’est les contradictions tribalo-ethniques qui compliquent les choses.  Essayons de voir ensemble les leçons qui se dégagent de ce constat.

Remettons les choses dans leur contexte

Parlons d’abord du Tchad.  Il est vrai, et par rapport aux données facilement disponibles sur les sites de l’ONU, Banque mondiale, Transparency International, Union Européenne,  Fund for Peace, etc.,  le pays des Sao va extrêmement mal.  Les qualificatifs ne manquent pas et nul besoin de les inventorier.    D’autres pays subsahariens en font partie de ce concert des pays ratés.  Nous l’avons aussi dit et redit à maintes reprises que le pays des Sao est aux chiens (ndlr), et avons décrié le fait avéré que les tchadiens ne font que s’entredéchirer sur des futilités au lieu de s’entendre sur l’essentiel, c’est-à-dire l’avenir du pays.   Les préjugés tribalo-ethniques semblent devenir la règle de mesure des capacités des autres au lieu de leurs valeurs intrinsèques.  C’est pourquoi le pays est dans son état actuel : risible, déconcertant et à la dérive. 

En outre, les luttes dites de « libération » ressemblent de plus en plus à la chasse tribale pour le pouvoir. La tribu ou l’ethnie s’organise, prend le pouvoir avec la complicité des autres.  Dès qu’elle arrive au pouvoir, elle s’éternise, se fait entourer de quelques serviles fonctionnaires d’autres ethnies, et vous connaissez le reste.  Ce n’est pas dans les prières que le pays est géré depuis son indépendance : pauvreté, maladies, guerres fratricides, meurtres,  déliquescences de toutes sortes, etc.   Nous connaissons les causes principales de ces indicateurs.  La société étant atomisée, elle n’arrive pas à s’entendre : plus de 80 partis politiques, une société civile aussi morcelée,  politico-militaires aussi nombreux que les ethnies.  L’image du pays n’est pas du tout  honorable et ça fait extrêmement mal qu’au 21è siècle, le pays des Sao, malgré ses innombrables potentialités, se trouve dans le néant.   Les guerres au Tchad et au Soudan masquent des problèmes et des carences politiques internes très graves.  Ces guerres entrainent aussi des déplacements massifs de populations (réfugiés et des personnes intérieurement déplacées), des morts, etc.  D’où la présence massive de l’arsenal européen, présence de l’Eufor avec un support militaire sophistiqué (11 drones qui fournissent en temps réel des informations – pas aux anges pour autant que nous sachions).  Cette présence massive n’est pas fortuite et si les tchadiens continuent à se perdre dans les futilités tribalo-ethniques, il est peu probable que des alouettes rôties puissent nous tomber du ciel comme du temps du Prophète Moise. 

  

Revenons maintenant au Zimbabwe.  Nous aimerions réitérer le fait qu’à l’image du Tchad, le Zimbabwe aussi s’enfonce dans le marasme sociopolitique.  Comme le pays des Sao, le Zimbabwe est aussi un état néant.  Des crimes sont commis contre les citoyens.  Nos lecteurs ont certainement été témoins de la xénophobie meurtrière contre les zimbabweens en Afrique du Sud.  C’était bel et bien les noirs qui ont été calcinés par leurs voisins sud africains.  Si le motif de Tonton Bob était de leur redistribuer les terres qu’il a arrachées aux blancs, les zimbabwéens allaient plutôt rester sur leurs fermes au lieu de fuir la brutalité politique orchestrée par la police zimbabwéenne pour se faire brûler vifs chez leurs voisins.  Dieu ne lui a pas communiqué ce type de comportement.  Bien que Tonton Bob fût le père de l’indépendance, il arrive un moment ou les choses doivent évoluer.  Tonton Bob est à la commande de la chose depuis 28 ans.  Il est tout à fait raisonnable que les citoyens demandent et aspirent au changement politique pacifiquement.   C’est ce que les zimbabweens dans leur majorité ont voulu.  L’opposition politique a réussi à élire une assemblée majoritaire.  Si Tonton Bob n’avait pas manipulé les élections, M. Tsvangirai serait président. 


Quelles leçons tirer
?  De ce qui précède et en nous référant toujours aux faits, les citoyens sont fatigués des crises sociopolitiques et des crimes qui minent le Continent.    Il est vrai que les institutions panafricaines ne brillent pas dans le solutionnement des crises politiques  intra-état et inter-états: imbroglios Tchad-Soudan, Ethiopie-Somalie, Ethiopie-Erythrée,  Centrafrique,  Niger, Mali, etc.  Cependant, nous devons reconnaître que quelques progrès semblent se réaliser.  L’exemple du Kenya est palpant.  Mais nous insistons sur le fait et pour que cet exemple puisse servir de modèle, certaines conditions minimales doivent être réunies :

·         L’opposition doit être unie pour faire face à tous les défis de ceux qui confisquent le pouvoir.  Le mariage Odinga-Kibaki est un fait. 

·         Toute l’opposition s’est réunie autour de Morgan Tsvangirai.  C’est à cause de cette force que l’opposition a remporté les législatives au Zimbabwe

 Au moment ou nous mettons sous presse, les  ministres des affaires étrangères de l’Union africaine réunis à Sharm-el-Sheikh en Egypte sont entrain d’étudier l’applicabilité du modèle Odinga-Kibaki pour résoudre la crise du Zimbabwe.  Ca sera un moyen sûr de trouver une porte de sortie honorable pour tout le monde.


Remarquons cependant que le même n’est pas valable pour les situations ou les divisions de l’opposition face au pouvoir battent leur plein.  Plus l’opposition reste divisée, plus la confiscation du pouvoir devient facile.  Les institutions sous-régionales, panafricaines et internationales n’aideront pas  ceux ou celles qui font du sur place et tournent en rond.  C’est très difficile de se prononcer sur un sujet dont les concernés mêmes ne semblent pas vouloir trouver un minimum de compromis autour duquel ils peuvent s’entendre.   Chacun tire de son coté et pour autant que cela dure, les medias ne se prononceront pas sur le cas du Tchad.  Ce n’est pas du lynchage de Tonton Bob mais tout simplement des efforts pour appuyer le peuple du Zimbabwe qui semble uni pour s’en sortir de l’enfer pacifiquement.   Le problème de la mal gouvernance au Tchad, avec ses corollaires de déchirements internes qui mettent le pays à plat, peut se résoudre si les tchadiens finissent avec les contradictions et considérations tribalo-ethniques.  Les kenyans et les zimbabwéens n’ont pas attendu que ça leur tombe du ciel.