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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

jeudi 26 juin 2008 : Dieu ne saurait être au Zimbabwé avec Robert Mugabé !  Par Dr Djimé Adoum, tchadews.info

Quoi que dise ou veuille nous faire croire Robert Mugabe, Dieu ne peut être avec lui.  Il est bien douteux, en effet, qu’il puisse bénéficier de la bénédiction de la Justice immanente pour maltraiter son peuple.    La violence au Zimbabwe a atteint son summum et le travailliste Morgan Tsvangirai a finalement jeté l’éponge.  Il ne se représentera pas au deuxième tour des élections présidentielles prévues pour le 27 juin 2008.  Elections qu’il a d’ailleurs gagnées et que le gouvernement de Tonton Bob lui a volées. 

Cette situation de crise très grave inquiète tout le monde.    Des voix s’élèvent pour condamner la violence orchestrée par le régime de la ZANU-PF.  Les membres du conseil de sécurité des Nations unies déplorent la campagne de violences et d’intimidations.  Ce simulacre d’élections frustre même le secrétaire général des Nations unies.  A cet effet, M. Ban Ki-Moon a appelé au report du second tour.  Il estime que les conditions de violence et de violations flagrantes des droits de l’homme ne permettent pas le déroulement normal du scrutin.   Ban Ki-Moon d’ajouter : « Il y a trop de violences et d'intimidations au Zimbabwe et une élection tenue dans ces conditions serait dépourvue de toute légitimité. » 

Le Président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, lui aussi sent  le danger qui plane sur le Zimbabwe.  Il semble s’appuyer sur l’initiative du Président Thabo Mbeki qui n’a pas été effective.  Sa diplomatie silencieuse a frustré plus d’une entité.  Le Président Levy MWANAWASA de la Zambie a exprimé sa frustration par rapport à cette diplomatie silencieuse.  Il s’est dit n’être pas du tout au courant de tout ce que faisait le Sud africain Thabo Mbeki au nom de la Southern African Development Council (SADC).  Nous connaissons le malheur qui a frappé les zimbabwéens lors des représailles occasionnées par la xénophobie meurtrière en Afrique du sud. 

Le premier ministre kenyan, Raila Odinga, se joint au chorus des voix qui dénoncent la prise en otage du  peuple Zimbabwéen par Robert Mugabe.  M. Odinga en connait quelque chose et n’aimerait pas que le Zimbabwe s’enfonce davantage dans les ténèbres, ténèbres qui allaient presque détruire le Kenya, n’eut été la médiation de Kofi Annan.

Que doit faire l’Afrique dans ces conditions ? Au risque de nous tromper, la situation s’est détériorée au point de non retour.  Cette situation aurait pu être mieux gérée si les institutions régionales africaines, Union Africaine, et sous régionales telles que la SADC, avaient joué beaucoup plus franchement au début de la crise.  Les chefs d’Etat prennent leur temps, prétendument au nom du principe de non-ingérence, afin  de ne pas gêner l’un des leurs, même quand tous les signaux sont au rouge et le pays s’enfonce dans un environnement de non-droit.  Nous pouvons citer en exemple le cas du Tchad, du Soudan, de la Somalie, etc.   Des mesures coercitives doivent être prises sans réserve pour emmener les autorités zimbabwéennes à revenir à la raison et éviter que le pays ne s’autodétruise.  Toute autre machination ne relèvera que de la pure comédie, comédie qui est devenue mortelle.  L’octogénaire doit se rendre à l’évidence que son entêtement entraine la mort, pas celle des étrangers mais des zimbabwéens, ses propres compatriotes pour qui il a donné sa jeunesse dans la lutte d’indépendance.  Sa horde de généraux doit être tenue pour responsables et répondre devant la justice, si justice il y a.  Le monde ne peut pas rester en observateur indépendant.

Ce qui est encore décevant dans tout ça c’est le manque notoire du jeu démocratique en Afrique subsaharienne.  Il fut un moment où le Zimbabwe faisait la fierté des africains à cause de ses rendements agricoles et son système éducatif exemplaire.  En moins de 30 ans, le pays est devenu l’un des plus mal gérés de la planète.  Il est sur le point de désintégration totale.    Le Zimbabwe brûle en ce moment à petit feu et court le risque de devenir le Rwanda des années 1990 à une plus grande échelle.  L’Afrique ne sera pas en mesure de porter secours si la guerre civile éclate.  Elle appellera les Nations unies pour intervenir.  Ca sera toujours une démonstration de son incapacité.  Ca sera encore un autre pays qui va brûler devant l’impuissance de la communauté internationale.  Cette situation a déjà suscité les inquiétudes du Professeur Alpha Oumar Konaré.  Les états épris de paix et de liberté se doivent d’exercer le devoir d’ingérence que la catastrophe humanitaire qui s’annonce leur impose. Ils ne devront toutefois pas s’arrêter seulement au Zimbabwe, tant les incohérences sont grandes en Asie et en Afrique.