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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Il y a encore quelques jours, les plus pessimistes des Guinéens se demandaient si après Dieu, Satan n’avait pas fait ses valises pour quitter notre pays qui ne semblait plus renfermer un seul souffle de vie ou d’espoir.

C’est dans cette grande incertitude que nous venons d’hériter d’un nouveau gouvernement attendu de tous, depuis plusieurs mois.


A y regarder de plus près, il y aurait des choses à redire, des réserves à émettre, des points de satisfaction et autres litanies. Mais si tout est critiquable dans l’absolu, il est possible d’améliorer l’existant. La nécessité d’adopter cette attitude citoyenne permettrait à tous d’aller de l’avant.

Encore une fois, les Guinéens viennent de traverser des moments très pénibles. Ils ont honte de ce qu’est devenu leur pays même s’ils ne le clament pas haut et fort. Ils sont aveuglés par ce qu’ils ne peuvent plus voir. Nous sommes passés des contre-décrets à l’entrée en lisse de subalternes soldats qui ont collé au pilori la discipline militaire et humilié l’Etat, tout entier.


L’actuel PM vient de réaliser ce que nous attendions de l’ancien, au vu de ses multiples et interminables consultations ; c'est-à-dire intégrer toutes les composantes de la nation à la gestion des affaires de la Cité. Mais cette fois-ci, plus personne ne serait disposé à entendre parler  de bouc-émissaire, d’état de grâce, d’évaluation non associée à une obligation de résultat visible et en dehors des contacts interministériels permanents. Il faut se mettre au travail dès à présent.

Par ailleurs, la principale leçon à tirer de l’échec de la précédente équipe est que nous voulions tout et n’importe quoi. Le beurre et l’argent du beurre en somme !

Nous avions conjugué le changement à tous les temps, au point de mettre en dualité dans le même panier, le neuf et l’expérience de la pratique, la bonne gouvernance incompatible avec  une mentalité rétrograde, le renouveau par rapport à des institutions bancales, le rôle dévolu aux Partis politiques à la charge d’autres organisations, la compétence sans l’esprit patriotique, etc, etc.

Le résultat aura donné un changement dans la continuité avec l’intention réelle de pérenniser l’héritage du PDG face à l’incontournable nécessité de la vérité, du pardon et de la justice.

Le moment est venu de poser tous nos problèmes sur la table et d’y apporter des réponses adaptées/satisfaisantes, face à une détérioration de la situation au jour le jour, par des militaires enhardis de leur succès probant, des policiers en rage et une population étranglée par la cherté  de la vie.

De ce constat, il ressort une grande différence entre le pays réel et nos attentes/aspirations. C’est en disséquant le pourquoi du comment de cette réalité, par la conjonction des idées novatrices, le contrôle coercitif à tous les niveaux, le sacrifice collectif nécessaire, les décisions acceptées par le plus grand nombre, que la Guinée avancera.

Il est temps que l’on sache, non pas quels Guinéens nous voulons pour la Guinée, mais quelle Guinée nous voulons pour les Guinéens.

La première réponse qui découlerait du bon sens et à partir de laquelle tiendrait toutes les autres priorités, serait de restaurer l’autorité de l’Etat qui n’est pas seulement de nommer à des postes politiques ou de mettre des militaires à chaque carrefour. C’est faire en sorte que chaque citoyen se sente en sécurité dans tous les domaines. C’est mettre le droit au-dessus des lois. C’est lier la sanction au devoir. C’est réveiller la fibre nationale chez le Guinéen, quel qu’il soit et où qu’il soit. C’est faire en sorte que notre pays soit une destination privilégiée, au point que les investisseurs s’y sentiraient protégés et les bienvenues.


C’est dire que les intentions et les promesses ne suffiront pas. Il faudra poser des actes.

Pour ce faire, nous pourrions organiser des assises nationales afin de conjurer le sort, réparer les erreurs du passé pour mieux préparer l’avenir et organiser des élections couplées (législatives et présidentielle) une fois tous les problèmes aplanis, à l’horizon 2010.

Il ne s’agit plus de respecter la constitution à la lettre ni de la jeter aux orties, mais de l’améliorer, afin qu’à l’issue des résultats obtenus, nous puissions entamer la 3ème République.

Il ne sert à rien d’organiser des élections en catimini dans un pays qui se cherche et au vu d’un gouvernement qui se transformera vaille que vaille, en une photographie représentative du paysage socio-politique guinéen.


Comme le disait James Freeman Clarke : « la différence entre un homme politique et un homme d’Etat, c’est qu’un homme politique pense à la prochaine élection, alors qu’un homme d’Etat pense à la prochaine génération ».

Si nous ne nous ressaisissons pas, il faudrait passer à nouveau par la case départ, comme au Monopoly. Mais au lieu de ramasser la mise, ce sera pour partager du sang, des regrets et des larmes, comme en ce moment.


La partie étant loin d’être gagnée, c’est le lieu de soutenir l’actuel gouvernement dans un sursaut patriotique, par des propositions concrètes, des critiques constructives et le refus de laisser le pays à l’abandon. C’est de la responsabilité de tout un chacun.

 

El Hadj Soumah

Paris

Contact : esoumah@hotmail.com