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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Ibni Oumar Mahamat Saleh, qui était porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense  de la Constitution (CPDC), la principale coalition de l'opposition, et secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD), a été enlevé le 3 février par les services de sécurité tchadiens selon des témoignages concordants.
Depuis, sa famille et ses proches n'ont aucune nouvelle de lui et ignorent s'il est encore en vie. Les autorités tchadiennes et le président Idriss Déby en personne répondent qu’ils ne savent rien de son sort et nient l’avoir fait arrêter.
Ibni Oumar Mahamat Saleh a disparu au moment où une importante colonne de rebelles avait réussi à entrer dans N’Djaména, menaçant sérieusement le régime.
Deux autres opposants, Lol Mahamat Choua et Ngarlejy Yorongar, ont été arrêtés et portés disparus dans les mêmes circonstances et au même moment.
Lol Mahamat Choua, ancien président du Conseil supérieur de la Transition, le Parlement provisoire et leader du RDP (Rassemblement pour la démocratie et le progrès), a été libéré le 28 mars.
Le député fédéraliste Ngarlejy Yorongar a quant à lui ressurgi dans la nature début mars, on ne sait trop comment, et est parti en exil en Europe, après être passé par le Cameroun.
Ngarlejy Yorongar a affirmé avoir été initialement détenu en présence des deux autres opposants, ajoutant craindre qu'Ibni Oumar Mahamat Saleh ne soit "mort" à la suite des "coups" subis en détention.
Ngarlejy Yorongar a raconté ainsi avoir été détenu, dans une "prison secrète", en présence de Lol Mahamat Choua et de Ibni Oumar Mahamat Saleh. Mais Lol Mahamat Choua a démenti cette version affirmant qu’il n’avait « jamais été détenu en présence de (ses) camarades » et qu’il avait toujours été « détenu seul ».

Depuis ces événements, une commission d'enquête sur l'attaque rebelle des 2 et 3 février, au cours de laquelle le pouvoir a été à deux doigts d'être renversé, et les disparitions d'opposants à N'Djamena, a été créée. Elle n’a débuté ses travaux que le 9 mai, doit rendre un rapport au président Déby début juillet et a créé des sous-comités travaillant notamment sur les violations des droits de l'Homme, les personnes disparues, ou encore les dommages causés aux institutions et établissements publics.
Cette commission, qui accueille des observateurs internationaux de l'Union européenne (UE), du Haut Comité aux Droits de l'Homme, de la France et de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), doit notamment faire la lumière sur le cas de l'opposant Ibni Oumar Saleh. Certains de ses membres se sont rendus fin mai à Paris, pour s'entretenir avec Ngarlejy Yorongar, des membres de la famille d'Ibni Oumar Mahamat Saleh et des Tchadiens exilés en France.
La famille n'espère "rien" de cette commission d'enquête, a déclaré l’épouse d’Ibni, Sadia Brahim, estimant que cette commission n’était pas « indépendante ».

La communauté mathématique internationale a lancé une pétition pour demander la "vérité" sur le sort d’Ibni Oumar Mahamat Saleh qui était mathématicien. Il fut à ce titre recteur de l’Université de N’Djaména. Cette pétition, à l’initiative de la Société mathématique de France, a déjà recueilli près de 3000 signatures.
"La pétition a été signée par des collègues et des élèves d'Ibni Oumar, qui a fait ses études à Orléans (France), mais également par des membres de notre réseau de mathématiciens du monde entier", a déclaré Marie-Françoise Roy, professeur à l'Université de Rennes (France). Cette pétition a été déposée à l'Elysée et à l'ambassade du Tchad en France.

Enfin, Gaëtan Gorce, député socialiste français et Jean-Pierre Sueur, sénateur, ont demandé au président de la République Nicolas Sarkozy qu'il mette tout en œuvre « pour obtenir du gouvernement tchadien qu'il fasse la lumière sur la disparition de Ibni Oumar Mahamat Saleh, militant tchadien des droits de l'Homme, arrêté sans raison le 3 février dernier, et sur le sort de celui-ci depuis lors. »
Ils ont lancé une pétition auprès de l'ensemble des parlementaires français en ce sens. (
Lire ci-dessous
)

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Complément d’informations

Le Parti pour les libertés et le développement (PLD) est un parti plutôt orienté « à gauche », comme en témoignent l’émoi des députés socialistes ou encore de Guy Labertit, l’ancien responsable « Afrique » au Parti socialiste français.
Le secrétaire général adjoint du PLD est Jean-Baptiste Laokolé.
Le site internet du PLD :
http://www.pldtchad.org/

La famille d’Ibni Oumar Mahamat Saleh  a lancé un blog où sont recueillis témoignages et soutiens.
http://prisonniers-politiques.over-blog.com/

Le blog du député socialiste est consultable ICI

La pétition des mathématiciens est en ligne sur ce
site.

Saleh Kebzabo a été nommé fin mai porte-parole adjoint de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), dont le porte-parole reste officiellement Ibni Oumar Mahamat Saleh. "Il aurait été immoral de le remplacer", a déclaré Saleh Kebzabo, député et président de l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR).

La Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), qui regroupe les principaux partis d’opposition, avait signé le 13 août 2007 un accord avec le pouvoir prévoyant le "renforcement du processus démocratique au Tchad", ainsi que des élections libres et transparentes en 2009.
Quatre opposants, membres de la CPDC, ont accepté de rentrer dans le dernier gouvernement formé le 23 avril 2008 par le nouveau Premier ministre Youssouf Saleh Abbas.
Ainsi, Wadal Abdelkader Kamougué, président de l'Union pour le renouveau et la démocratie (UDR) est ministre de la Défense. Jean Bawoyeu Alingué, président de l'UDR (Union pour la démocratie et la République) est ministre de la Justice, Hamit Mahamat Dahalob est ministre de l'Aménagement du territoire, et Naimbaye Lossimian est ministre de l'Agriculture.
Saleh Kebzabo a refusé d'entrer dans ce gouvernement.

Ibni Oumar Mahamat Saleh n’est malheureusement pas le seul disparu.
Fin mars, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) s’est inquiété de la disparition de Mahamoud Adoum Aguid, qui appartient au même sous-clan gorane des Anakaza que le chef des rebelles UFDD, Mahamat Nouri. Mahamoud Adoum Aguid, ancien responsable des douanes du Tchad, a été arrêté le 19 février, et ses proches n'ont aucune nouvelle de lui et ignorent s'il est encore en vie.

Voici le texte des deux parlementaires français

La lettre aux parlementaires et la pétition
Paris, le 20 mai 2008

Cher(e) collègue,

Dans les tous premiers jours de février, la France a porté dans le cadre des accords qui la lient au Tchad, son concours au gouvernement d'Idriss Déby, pour repousser l'offensive rebelle venue probablement du Soudan voisin. Quelques jours plus tard, on apprenait que le Président Déby, avait mis a profit ces troubles pour arrêter arbitrairement plusieurs opposants à son régime. Si certains d'entre eux ont depuis lors reparu, on reste sans nouvelles de Monsieur Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la coordination démocratique, docteur en mathématiques de l'Université d'Orléans, ancien recteur et ancien ministre. La communauté internationale des mathématiciens s'en est d'ailleurs émue, dont la pétition a recueilli à ce jour plus de 2700 signatures.
Le 3 avril dernier, en réponse à une question posée à l'Assemblée nationale, Madame Rama Yade, secrétaire d'État aux Droits de l'Homme, reconnaissait tout ignorer de la situation de Monsieur Saleh et indiquait reporter ses espoirs sur la mise en place d'une commission d'enquête chargée de faire la lumière sur la disparition des opposants politiques. Un mois et demi plus tard, aucun élément nouveau n'a été communiqué permettant d'en savoir plus, ces incertitudes nourrissant les inquiétudes les plus graves et laissant craindre pour sa vie.
Il ne sera possible d'obtenir la vérité que si une pression forte et continue est exercée au nom des Droits de l'Homme, sur le gouvernement tchadien. C'est la raison pour laquelle, nous avons pris l'initiative de constituer un comité de soutien à Ibni Oumar Mahamat Saleh dont la première tache sera d'intervenir auprès des autorités françaises des autorités françaises afin qu'elles mettent tout en oeuvre pour que la clarté soit faite sur cette affaire humainement dramatique.
Nous vous serions reconnaissants si vous partagez notre inquiétude et notre indignation de bien vouloir nous retourner le document joint accompagné de votre signature et de votre adresse.
Nous vous prions de croire, cher(e) collègue, en l'expression de nos sentiments cordiaux.
Gaëtan GORCE                         Jean-Pierre SUEUR
Député de la Nièvre                        Sénateur du Loiret