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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

 







 GUINEE-BISSAU 
: les conséquences désastreuses d’un narco-état.  Par Djimé Adoum, tchadnews.info

 

 Antonio Maria Costa, directeur général de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) est semblable à l’image des chaînes comparables à l’ère de l’esclavage.  Selon M. Costa, l’appétit de l’Europe pour la main d’œuvre a entrainé l’esclavage au 19ème siècle.  Deux cents ans plus tard, un autre appétit européen pour la consommation de la cocaïne qui a triplé dans les 10 dernières années, risquerait d’avoir un autre impact encore plus dévastateur sur l’Afrique. 

 

Non seulement la Guinée-Bissau est classée par la Banque mondiale comme le cinquième pays le plus pauvre de la planète, le pays est aussi devenu le premier narco-Etat africain (guardian.co.uk, independent.co.uk,  Washington Post).

 A titre de rappel, la Guinée-Bissau  est un petit  pays de  36.125 kilomètres carrés, peuplé de 1.5 millions d’habitants avec un revenu annuel moyen de 856 dollars par habitant.  

Voici quelques raisons qui placent la Guinée-Bissau dans cette situation.  Selon plusieurs sources (IPS, Washington Post, Guardian), le pays est devenu le « marchepied principal » par ou transite la cocaïne des Andes en Amérique latine vers l’Europe.  Trois facteurs principaux font que la lutte contre le narcotrafic n’est pas facile. 

Premier facteur : la loi de l’offre et de la demande liée à la chute vertigineuse du dollar américain par rapport à l’Euro rend le commerce illicite plus juteux envers l’Europe.  A cela s’ajoute la consommation des européens qui facilite aussi le flux vers le « vieux continent ».

Deuxième facteur : le service de contrôle des douanes européennes :   Ce service est très performant et réussi plus facilement à détecter les cargaisons du trafic illicite à cause de la présence de la flotte maritime, des services spéciaux et spécialisés dans la détection et les renseignements aéroportuaires. D’autre part, les services de contrôle américains ont aussi rendu très difficile le passage par la Jamaïque et le Panama, passage traditionnellement emprunté par le trafic narcotique en provenance de la Colombie. Les navires du narcotrafic chargent leur cargaison en Colombie et traversent l’océan en moins de 5 nuits pour la Guinée-Bissau.  Ils circulent la nuit et s’immobilisent le jour sous des tentes pour échapper à tout contrôle.

La pauvreté et la corruption généralisées en Guinée-Bissau: Selon beaucoup de récits, la corruption bat son plein en Guinée-Bissau. Cet état rend facile le débarquement des grandes quantités de la cocaïne dans les espaces non contrôlés tout au long du littoral long de 640 kilomètres.  La drogue est réemballée en petites quantités facilement transportables par des personnes ou des vaisseaux qui peuvent échapper à la détection.  Les barons de la drogue s’enrichissent et les populations sont prises dans un spiral de corruption et déliquescence de l’état.  Les autorités Bissau-guinéennes sont indexées et accusées par les organisations humanitaires d’être complices de ce fléau qui menace l’existence du pays.  Selon les sources de renseignements sur les narcotrafiquants, plus de 800 kgs débarquent chaque nuit en Guinée-Bissau (the Independent.co.uk).

La prévalence de la drogue fait du pays un paradis pour la mafia narcotique mais pose de graves conséquences sociales.  L’image des jeunes enchaînés illustre à suffisance les effets néfastes de la consommation de la drogue.  Cette image, comme l’a indiqué M. Antonio Maria Costa, directeur général  de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) est semblable à l’image des chaines comparables à l’ère de l’esclavage.  Selon M. Costa, l’appétit de l’Europe pour la main d’œuvre a entrainé l’esclavage au 19ème siècle.  Deux cents ans plus tard, un autre appétit européen pour la consommation de la cocaïne qui a triplé dans les 10 dernières années risquerait d’avoir un impact dévastateur sur l’Afrique. 

Les inquiétudes de M. Costa trouvent leur racine dans cette image des jeunes qui, au lieu de passer leur temps sur le banc de l’école afin d’obtenir un emploi honorable, se sont jetés dans le trafic et la consommation illicite de la cocaïne.  Leur pays étant devenu un narco-état ne peut plus assurer le minimum requis pour créer les conditions socio-économiques permettant aux citoyens de gagner une vie plus honorable.  Cette situation n’est pas loin de celle déplorée par l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, le Professeur Alpha Oumar Konaré qui craignait que « le continent est entrain de bruler si rien n’est fait ». 

Le continent brule effectivement ce dernier temps.  Les images de la xénophobie meurtrière en Afrique du Sud, la chasse aux sorcières au Zimbabwe, les guerres au Tchad, au Soudan, en Somalie ne font qu’enrichir les armuriers et les mafieux.  L’état actuel des choses dans lequel se trouvent certains pays africains n’est pas soutenable à court, moyen et long terme.  C’est aux africains de relever le défi.  Le temps n’est pas a indexer les autres.