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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Makaila

 

Les militaires français tirent les enseignements de la récente crise tchadienne au cours de laquelle le pouvoir du président Idriss Déby a vacillé, début février. Cet exercice est d'autant plus nécessaire que quelque deux cents véhicules des groupes rebelles qui se sont lancés à l'assaut de N'Djamena sont regroupés dans l'est du Tchad. Ils n'ont pas repassé la frontière soudanaise et jouissent d'une certaine impunité pour reconstituer leurs forces, puisque les troupes gouvernementales ne font pas mine de les inquiéter.

  Alors que les soldats de la force européenne Eufor continuent de se déployer, les avions Mirage du dispositif français "Epervier" poursuivent leur surveillance. Les experts militaires ne se font pas d'illusions : la question n'est pas de savoir si une nouvelle offensive aura lieu, mais quand. Si, comme on l'affirme à Paris, à aucun moment les aéronefs français (avions et hélicoptères) n'ont ouvert le feu lors de la "bataille de N'Djamena", cela ne veut pas dire qu'ils ne le feront pas à l'avenir.

 Bien qu'il ne dispose pas d'un "transfert d'autorité en permanence" du chef d'état-major des armées (le général Jean-louis Georgelin), le général irlandais Patrick Nash, qui commande l'Eufor, pourra faire appel aux avions de combat français, qui passeront, pour l'occasion, sous les couleurs européennes. La principale leçon qui ressort de la crise tchadienne est l'importance de ce que les aviateurs appellent la "troisième dimension", autrement dit la maîtrise du ciel.

C'est en effet grâce à l'action des militaires français, qui ont "sanctuarisé" l'aéroport de N'Djamena, que le président Déby a pu utiliser ses aéronefs, lesquels ont pilonné les groupes rebelles. L'armée tchadienne possède trois avions Pilatus PC-21 (avion d'entraînement armé), ainsi que deux hélicoptères d'attaque Mi-24 et deux hélicoptères de transport armé Mi-171, qui sont pilotés par des mercenaires ukrainiens, algériens et mexicains.

Les troupes françaises ont ouvert le feu à plusieurs reprises pour défendre l'aéroport de la capitale, et une fois au moins, le 3 février, un char français léger Sagaie a tiré trois obus sur les assaillants. Le même jour, les six Mirage ont quitté la capitale pour pouvoir "continuer à agir en toute sécurité" à partir d'un terrain situé dans la région, ainsi qu'à Abéché. La décision de ne pas utiliser la chasse française a été prise par le président Nicolas Sarkozy, pour des raisons diplomatiques.

Dès le début de la crise, la chancelière allemande, Angela Merkel, a fait savoir qu'il n'était pas acceptable que l'Eufor soit mêlée au conflit tchadien. "Un seul coup de semonce des Mirage, résume un général, et la situation devenait très compliquée sur le plan politique." Cette neutralité aérienne française a tenu à peu de chose : les Mirage et les hélicoptères Puma, dotés de canons, étaient prêts à intervenir.

La France a en revanche aidé le régime de M. Déby sur le plan logistique. Un avion de transport français C-160 Transall a effectué une rotation sur Tripoli pour aller chercher des obus équipant les quelque 12 chars T-55 de l'armée tchadienne, alors que l'aviation libyenne effectuait deux autres rotations sur N'Djamena pour livrer des munitions et des pièces de rechange pour hélicoptères.

Les militaires français regrettent de ne pas avoir disposé de drones. "Les colonnes rebelles ont été repérées au début, à l'est d'Abéché, puis perdues, puis retrouvées. Un drone peut rester quinze à vingt heures sur zone et fournir des informations en continu", souligne un officier. Cette lacune est comblée : trois drones tactiques SDTI de l'armée de terre sont désormais basés à N'Djamena, où ils devraient rendre de précieux services à l'Eufor.

Les militaires français insistent enfin sur les carences du transport tactique en période de crise. Les 1 400 civils évacués sur Libreville (Gabon) ont été acheminés par Transall, un avion vieux de quarante ans, qui doit être remplacé par l'A-400 M, dont le premier exemplaire sera livré début 2010, au mieux.
Source: le Monde.