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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

 

Un nouveau gouvernement avec à sa tête un nouveau premier, Youssouf Saleh Abbas, a été rendu public le 23 avril. ça mérite une réaction. Mais il y a deux sortes d'analyses : une à chaud et l'autre à froid. La première, très risquant car on peut se tromper, est très prisée et très passionnante. Mais on y trouve la fougue, la passion. C'est la spécialité des "grosses têtes". La deuxième permet à ses auteurs plus de recul. On laisse le vent tomber, on lit les opinions des uns et des autres et on se forge la sienne. J'ai choisi cette seconde, parce que j'estime que c'est plus facile et apparemment il y a moins de risque. Du moins c’est mon avis.

 

La communauté tchadienne du blogesphère est déçue de la composition de cette équipe gouvernementale et c'est à juste titre. La misère dans laquelle vit le pays pousse chacun de nous à espérer une solution rapide à l'annonce des changements dans la classe politique. Mais il faut se rendre à l'évidence. Ce n’est pas par un coup de baguette magique que la situation va s’arranger.

 

Au-delà des positions partisans et sans être pessimiste ou optimiste, il faut être réaliste. Les nouveaux membres du gouvernement, issus de l'opposition bien sûr, n'ont pas une marge manœuvre large. Kamougué ne peut changer l'armée rien que par sa présence, ni Alingué instituer une justice irréprochable du jour au lendemain ou apporter des informations sur le sort d’Ibni. Et Dahlob ? Quel changement va-t-il effectuer à son poste ?

 

Que dès sa première déclaration, Kamougué reprenne la rhétorique des « fous du président » et de Déby lui-même, c'est tout à fait normal, je crois. Car, imaginez que dès sa première sortie, il déclare que c'est un problème tchado-tchadien et il faut une rencontre de tous les protagonistes pour discuter et trouver une solution à la crise? Bonjour l'ambiance. Cette déclaration est qu'on appelle "la solidarité gouvernementale". Même si on ne pas d'accord avec la politique gouvernementale, "un ministre ça ferme sa bouche ou il démissionne", le disait un politique français.

 

Cependant, quand Kamougué affirme qu’il faut appliquer les recommandations des états généraux de l’armée. C’est bien. Et il ajoute cette petite pique qui passe presque inaperçue : il faut chercher ce document qui se trouve quelque part perdu au fond dans un tiroir. C’est d’une subtilité ! Qu’il l’exhume, c’est un début. Et puis viendra sa mise en application.

 

Maintenant, ce qu'on attend des nouveaux venus, ce qu'ils mettent des petits jalons à gauche, à droite, en haut, en bas dans le bon sens. Tout le monde croit savoir qu'ils ne pourront rien faire. C’est évident. Mais accordons leurs le bénéfice du doute. S’ils arrivent à initier des petites actions, c’est déjà ça de gagner. Ce sont les petits ruisseaux qui forment une grande rivière. Mais au Tchad, on le droit d'être impatient. Oui, c'est un droit et c'est logique.

 

Brahim Moussa

bramous@yahoo.fr