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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

 

Samedi 26 avril 2008:  Les facteurs qui ont conduit le pays en enfer n’obéissaient à aucun teint!  Par Dr Djimé Adoum, tchadnews.info

 

Que des tchadiens!  Bons teints ou mauvais teints, les tchadiens de toute couleur confondue n’ont pas su gérer le pays dans sa richesse tribalo-ethnique.  Les tchadiens et les observateurs conviennent que le pays va très mal.  Il est même classé comme un pays raté.  Nous convenons tous que les gouvernements qui se sont succédés depuis l’indépendance se sont comportés comme des occupants.  Ils ont favorisé la mise en place d’un système de gestion taillé sur mesure permettant aux ethnies au pouvoir de se servir copieusement du patrimoine national.  C’est de ces pratiques qu’est né le classement du Tchad comme pays le plus corrompu de la planète.

Incapables donc de créer un environnement favorable à l’éclosion et à l’épanouissement de la nation tchadienne, ces gouvernements ont échoué tout autant dans la définition et la mise en œuvre de programmes de société répondant aux besoins réels de la population. Tout au plus, ces gouvernements ont transformé le pays en une chefferie traditionnelle sur laquelle leur clan devait régner sans partage, remettant  aux calendes de grecques le reste du peuple.

Les quelques ressortissants des autres ethnies qui ont pu trouver de la place dans les rouages de l’état avaient dû vendre leurs âmes ou, à tout le moins, accepter l’humiliation constante. Ce système perdure encore aujourd’hui et c’est ce qui fait que le pays ne retrouve pas son équilibre. 

Le gouvernement de M. Youssouf Saleh Abbas n’est donc pas si différent dans la mesure où il se met en place dans des conditions encore plus difficiles à cause de la guerre.  Que des membres plus clairs ou plus sombres de peau fassent partie de ce gouvernement ne semble pas être un facteur déterminant dans la recherche de la paix et la sortie de crise dont le pays a vraiment besoin.  Les récits de M. Beremadji ne sont pas de nature à favoriser le colmatage des brèches qui ont conduit à l’atomisation et à l’effritement du tissu socioculturel du pays des Sao.  Ces récits sont d’ailleurs très mal placés et risqueraient de creuser encore davantage le fossé entre les communautés. 

Loin de nous l’idée de savoir exactement ce que veut M. Beremadji, il nous est quand même permis ici de spéculer que ces récits semblent être une tentative sournoise d’insinuer que les arabes au “teint clair” auraient perdu du terrain par rapport à leurs parents de “teints moins clairs.”  Comme il faut appeler le chat par son nom, M. Beremadji cherche à semer la dissension entre les communautés arabes.  C’est un jeu extrêmement dangereux sans utilité perceptible.  Il faut s’en éloigner.

Par contre sa remarque relative à l’écart d’âge et d’expérience de certains membres du gouvernement de M. Youssouf Saleh Abbas est bien placée.  Ceux qui ont vu la naissance du pays vont-ils peser d’un poids et auront-ils une marge de manœuvre pour œuvrer dans la recherche de la paix dont a vraiment besoin le pays?   Iront-ils vers les politico-militaires pour les convaincre de s’asseoir autour d’une table pour une sortie globale de crise alors qu’une paix globale ne semble pas réellement être la préoccupation majeure de celui qui leur délègue les pouvoirs ?  Autant de questions qui hantent l’esprit de tout tchadien épris de paix.
 La question clé de la disparition du Dr Ibni Oumar Mahamat Saleh reste entière et est de taille.  Les déclarations maladroites du ministre de l’Aménagement du Territoire Hamid Mahamat Dahalob ne sont pas du tout convaincantes quant à l’opportunité que leur donne  leur présence dans le gouvernement pour faciliter les investigations sur la question du Dr Ibni Oumar Mahamat Saleh.  Il ne faut pas, en effet, oublier que les ministres sont tenus par l’obligation de réserve et la solidarité gouvernementale. Ce n’est donc pas en étant dans un gouvernement dont ils ne sont pas la majorité que les anciens compagnons d’Ibni saisiraient une quelconque opportunité pour mieux faire la lumière sur la disparition du Secrétaire Général du Parti des Libertés et de la Démocratie.

Qu’on ne nous endorme pas avec des telles insuffisances et balivernes.  Le pays pourrait s’en sortir et mieux faire si les “bons teints” et les “non si bons teints” de toutes les ethnies avaient fait preuve de bon sens.  C’est là le défi et toute autre tentative ne fera que prolonger le maintien du pays dans l’abîme, chose dont le pays des Sao n’a point besoin en ce moment.  Peu importe le teint, Hamid Mahamat Dahalob, Hawa Outman et Moussa Djidda sont bien arabes.  Ce n’est pas là où réside le mal!