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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

Communiqué de presse

Côte d’Ivoire : garantir un processus électoral crédible

Dakar/Bruxelles, 22 avril 2008 : Pour éviter un retour à la violence en Côte d’Ivoire, tous les efforts doivent viser à créer les conditions politiques et sécuritaires pour des élections libres et équitables.

Côte d’Ivoire : garantir un processus électoral crédible,* le dernier rapport de l’International Crisis Group examine les conditions pour de nouvelles élections, qui sont prévues le 30 novembre 2008. Cependant, la convoitise du fauteuil présidentiel, pour lequel certains acteurs semblent prêts à tout, combinée à la présence de groupes armés et à l’impunité qui a prospéré au cours des dernières années, constituent un environnement potentiellement explosif.

« Les contraintes financières et techniques sont une réalité mais elles sont aussi un argument facile utilisé par le gouvernement pour justifier l’accumulation des retards », explique Gilles Yabi, analyste senior à Crisis Group. « Ce sont bien les manœuvres des acteurs ivoiriens dans la perspective des élections qui menacent l’ensemble du processus de paix. »

L’Accord politique de Ouagadougou (APO) du 4 mars 2007 aux termes duquel le chef de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) Guillaume Soro fut nommé au poste de Premier ministre par son adversaire d’alors, le président Laurent Gbagbo, a produit des résultats mitigés. La situation sécuritaire générale s’est améliorée. Mais le retard dans l’application de l’accord est considérable et aucun progrès décisif n’a été réalisé dans l’exécution des deux volets essentiels : l’identification de la population recenser et inscrire les citoyens sur les listes électorales , et le désarmement des ex-rebelles et des miliciens, leur réinsertion ou leur intégration dans la vie civile ou militaire.

Il faut s’atteler maintenant à ces tâches qui sont les plus risquées et les plus politiquement sensibles. Le climat apaisé observé depuis un an est réel mais il ne doit tromper personne. Le nouveau report de la date prévue pour la première échéance électorale montre qu’il sera difficile d’amener tous les acteurs politiques à accepter que soient créées toutes les conditions d’un vote démocratique.

Trois exigences sont fondamentales : le respect à la lettre de l’APO par ses signataires, la mise en place d’un plan de sécurisation consensuel des opérations d’identification et des élections et la définition d’une stratégie de prévention des violences avec l’aide du président burkinabè Compaoré facilitateur et arbitre du processus de paix et de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Compaoré devra exposer le cas échéant la mauvaise foi des fautifs et recommander des sanctions individuelles du Conseil de sécurité des Nations unies, dont le Burkina est actuellement membre.

« La bataille pour influencer le processus électoral et la campagne présidentielle sera rude, risquant de faire retomber le pays dans une crise aiguë », avertit Daniela Kroslak, directrice adjointe du programme Afrique de Crisis group. « Mais l’enjeu est crucial pour la stabilité et l’avenir économique de toute l’Afrique de l’Ouest. »

Contacts :           Nadim Hasbani (Bruxelles) +32 (0) 2 541 16 35           

                          media@crisisgroup.org
Kimberly Abbott (Washington) +1 202 785 1601

* Le rapport est accessible en français sur notre site internet www.crisisgroup.org