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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

                                                          Aux yeux des petits s'amplifient les miniatures



C'est n'est pas un titre que j'ai imaginé, mais un adage arabe très ancien qui disait:
 تصغر في اعين العظام العظائم و تعظم في اعين الصغار صغارها.
Cela veut dire qu'aux yeux des grands se rapetissent les grandissimes et s'amplifient aux yeux des petits, entendez les petits d'esprit, plus précisément les vils, les choses les plus insignifiantes constituent des grandes préoccupations.

En guise d'exemple, lorsque ce qui tient au président Deby d'une administration arrive à réaliser la construction d'un château d'eau d'une capacité qui dépasse à peine le volume d'un jerrican de cent litres, c'est toute la bande de charognards qui l'entoure et lui-même se mettent à ressasser le peuple à longueur d'années de cette soi-disant réalisation. Encore faudrait-ils que ce projet soit exécuté selon sa description initiale.

En effet, tous les projets soit ils ne sont pas du tout réalisés soit ils sont réalisés à dix pour cent. Cela tous les tchadiens le connaissent et je ne pense pas qu'il soit nécessaire de s'y attarder. Nous avons en exemple le grand marché de N'djamena et surtout la mini-raffinerie qui n'arrive jamais à voir le jour et…

Mini-raffinerie, dis-je? Mais, en fait, qu'est ce qui n'est pas miniaturiser au Tchad?
Comme la mini-raffinerie, les membres des gouvernements successifs sont aussi des êtres en miniature ou miniaturisés par le président. Il n'a confiance qu'à ces miniatures-là, qui passent plus de temps à l'étranger qu'aux ministères qui leur sont confiés.
Le système a vulgarisé ce qu'il faudrait déjà appelé "la petitesse nationale." Cette petitesse, comme par convexion, a touché tout le monde. Y compris moi, franchement. Mais passons, c'est un autre débat!

La petitesse est devenue si têtue que Deby l'a reconnue par rapport au Soudan et ce, devant les journalistes d'Europe 1, lors de sa première sortie après le retrait des forces de la résistance nationale en février dernier.

Le journaliste questionna: " Les insurgés menacent de recommencer de vous attaquer à nouveau. Est-ce que c’est possible ?

Deby répondit: Le Soudan est un grand pays qui dispose du pétrole et de beaucoup de ressources financières (…) Donc, ce n’est pas impossible. " Oujas! Diront les russes.

Et donc le Soudan est un grand pays qui dispose du pétrole et beaucoup des ressources financières, capable de financer une nouvelle expédition contre le palais rose? Où sont donc passées nos ressources à nous?

Je dois l'avouer, bien qu'opposant au régime de Deby, son affirmation face au journaliste m'a bouleversé; m'a fait mal au cœur, a briser ma fierté en tant que citoyen tchadien. Ma poitrine était en feu; même maintenant que je rédige ces lignes. Parce que c'est vrai que le Soudan a pris beaucoup de l'avance sur mon pays. Ça me torture. Pourquoi le Soudan est plus puissant que mon pays? Pourquoi? Mais pourquoi????

Mais le Tchad n'est pas du tout un petit pays, monsieur, et ne pourrait en aucune manière envier le Soudan en quoi que se soit, d'autant plus que les potentialités économiques tchadiennes sont beaucoup plus énormes, et, surtout que sur le plan démographique, notre pays est beaucoup plus avantagé avec ses 10 millions d'habitants (le Soudan en a 43 millions en 1989).

La petitesse du Tchad est entretenue par le régime qui a horreur de la grandeur parce qu'elle est synonyme de responsabilité. C'est pourquoi, le président qui voit tout en minuscule, préfère s'entourer des fanfarons et autres proxénètes politiques que des gens qui lui rabattent les oreilles avec leurs histoires de bonne gouvernance et autres trucs à la mode.

Et donc, malgré cette assertion de la bouche même du président, nous le voyons, entouré de ses hommes, lors des cérémonies qui regroupent des chefs d'Etat, marcher allègrement, en balançant ses jambes en avant comme le font certains de ce grand monde. Je me disais alors: est-ce que ce monsieur a conscience de sa stature parmi d'autres chefs d'Etat?
Qu'a-t-il à marcher de la sorte, en se balançant? Tous ses collègues savent que son pays ne représente absolument rien en terme économique. Le pays de Deby n'a même pas une fabrique d'allumettes, une conserverie de tomates; même pas une petite unité de stérilisation de coton pour nos centres hospitaliers alors que nous sommes producteurs de coton; et voilà dix-huit ans qu'il est au pouvoir.

En quoi, diantre, se mesure la grandeur d'un chef d'Etat? Par le pléthore d'épouses et d'enfants ou bien par le nombre de réalisations économiques et technologique enregistrées durant ses mandats successifs? Et surtout, pourquoi cherche-t-on à devenir président de la république? Qu'a-t-il réalisé, Deby, en dix-huit ans de pouvoir?

Pour information, en dix-huit ans, la Corée du sud qui, à l'époque, selon tous les économistes, n'avait aucune chance de se développer, était passée de l'un des pays les plus pauvres et les moins avancés technologiquement (comparable au Congo BRAZZAVILLE des années 60) au rang très enviable de pays émergeant et quelques années plus tard c'est-à-dire dans les ans 80, elle est devenue la onzième puissance économique mondiale.

Mais toujours égale à lui-même, il lance encore une logomachie dont il a seul le secret : " J’ai réalisé de grands investissements dans ce pays, et je ne voudrais pas que des aventuriers viennent détruire tous ces investissements. Je refuse de dormir sur mes lauriers et d’assister à la destruction de tout ce que j’ai construit par des hommes sans foi, ni loi."

Sacré Deby! Curieux investissements qui ne prennent pas en compte l'électrification et l'approvisionnement en eau potable ne serait-ce que pour la capitale. Selon quels énigmatiques indices économiques le régime apprécie-t-il le niveau de développement de la république? Quel autre intéressant signe économique qui exclue l'électrification, les voies de communication, l'eau, la santé, l'éducation, pour ne cité que cela, comme indice pour "jauger" le niveau et la pertinence du développement?

Par le Dr Albissaty Saleh Allazam