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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

Mansour ABBAS, représentant de l'UFDD du Tchad en France:

 ‘Nous n'accepterons pas d'être désarmés tant qu'une solution politique n'a pas été trouvée'

Même s'ils semblent ne pas s'y intéresser, les représentants des rebelles tchadiens à Paris gardent un œil sur les négociations entre le Tchad et le Soudan qui se déroulent à Dakar. Pour Mansour Abbas, le président Wade doit travailler pour un dialogue politique qui doit réunir l'opposition armée, l'opposition politique, la société civile et le gouvernement d'Idriss Déby. Il estime que c'est la seule solution pour mettre fin au conflit qui oppose les Tchadiens.

Si le Tchad et le Soudan arrivent à signer un accord à Dakar, qui stipule le désarmement des rebelles tchadiens, il ne faut pas que les autorités des deux pays comptent sur les rebelles regroupés au sein de l'Alliance qui est la principale organisation de l'opposition armée tchadienne. Son porte-parole à Paris, Mansour Abbas, a dit clairement, au téléphone, que son mouvement n'acceptera pas de se ‘désarmer tant qu'un accord politique n'est pas signé'. C'est pourquoi il dit ne pas comprendre la proposition de Wade de désarmer les rebelles. ‘(...) Aucun groupe n'acceptera d'être désarmé tant qu'une solution politique n'aura pas été trouvée'. Et cet accord doit être trouvé autour d'une table regroupant ‘le gouvernement d'Idriss Déby, les partis politiques, l'opposition armée, la société civile. Ensemble, on discute pour voir pourquoi, dans ce pays, il y a quarante ans de guerre, comment faire pour mettre fin définitivement à cette guerre sinon on ne fera que reporter l'échéance d'autres conflits', fait remarquer Mansour Abbas. Il estime que ‘c'est la seule solution', ‘(car) les partis politiques réclament un dialogue inclusif, la société civile et l'opposition en réclament également. Il y a seulement Idriss Déby qui s'oppose au dialogue inclusif', avance-t-il.

Il soutient que son mouvement est prêt à aller à ce dialogue. ‘Nous sommes prêts (...). Si Wade est pour le dialogue inclusif, nous pourrons venir à Dakar, comme on peut aller en Tchétchénie ou Afghanistan. Nous sommes prêts à aller n'importe où, mais à condition que cela soit un dialogue inclusif', propose le porte-parole de l'Alliance à Paris. D'autres conditions pour réunir tout le monde autour de la table ont été posées. Mansour Abbas exige qu'on retrouve l'opposant tchadien porté disparu depuis l'éclatement de la guerre le mois dernier. ‘Ce dialogue ne peut pas démarrer sans qu'on n'ait une clarification sur le cas d'Ibni Oumar Mahamat Saleh. C'est un préalable parce qu'il faut que l'on sache s'il est mort, auquel cas, on restitue le corps à sa famille. S'il est en prison, qu'on le remette en liberté', avance le porte-parole de la rébellion tchadienne à Paris. Ce n'est que par la suite qu'il faudra ‘s'asseoir sur la table pour préparer ensemble une transition, les élections transparentes'. ‘A partir de ce moment, on n'aura même pas besoin d'être désarmé. On déposera nous-même les armes. Mais dire tout de suite qu'il faut nous désarmer, il (Abdoulaye Wade, Ndlr) se met hors jeu ; et dans ce cas, sa médiation n'a pas de sens', estime-t-il.

D'ailleurs, Mansour Abbas rappelle que l'Union africaine avait déjà désigné des médiateurs qui sont ‘la Libye et le Congo'. ‘Nous ne comprenons pas si c'est une médiation en plus ou s'il se substitue à l'Union africaine, ou si c'est une médiation avec un mandat de l'Oci. Nous attendons toutes ces clarifications', réclame M. Abbas. Pour lui, ‘si c'est une initiative personnelle, c'est que c'est mal parti'. Pour le rebelle tchadien, le président Wade n'est pas sans savoir qu'il ne suffit pas que ‘le Soudan et le Tchad se réconcilient pour que le problème soit résolu. S'il pense cela, il se trompe complètement. Toute la partie interne, la violation massive des droits de l'homme, la gouvernance, la constitution qui permet à Idriss Déby d'être président à vie, c'est impossible qu'il met tout cela en perte et profit', pense Mansour Abbas.

La signature d'un accord entre le Tchad et le Soudan ne va-t-elle pas isoler les mouvements rebelles tchadiens ? ‘Non pas du tout !', répond Mansour Abbas. Avant de rappeler que le Tchad et le Soudan ont déjà signé ‘cinq à six des accords, comme l'a rappelé El Bachir (le président du Soudan). L'avant dernier accord a été signé à La Mecque. Ils sont tous les deux entrés prier dans la Kaba, ils sont ressortis. Mais l'accord n'a pas tenu quelques heures. Pour tous ces deux qui sont des musulmans, signer à La Mecque un accord, entrer à la Kaaba, prier ensemble et sortir la main dans la main, ensuite l'accord vol en éclats, l'on ne voit pas ce que le Sénégal peut faire à ce niveau-là. C'est très difficile', explique M. Abbas.

Qu'est-ce que la rébellion peut attendre d'un éventuel accord signé à Dakar entre le Soudan et le Tchad ? ‘Nous n'attendons rien du tout de l'accord', tranche-t-il. Mais il formule le souhait que ce soit ‘un accord qui puisse demander à Idriss Déby de tenir compte de l'opposition politico-militaire, de l'opposition politique légale, de la société civile. Toutes ces forces vives de la Nation demandent un dialogue inclusif à l'étranger'. Et le porte-parole de la rébellion tchadienne soutient que son mouvement a cherché à rencontrer le président de la République, Abdoulaye Wade, mais en vain.

Quant à la déclaration du gouvernement tchadien selon laquelle les rebelles viennent de la frontière soudanaise, M. Abbas affirme que ‘c'est de l'intox comme d'habitude. Nos forces ne se sont jamais retirées du Tchad. Elles ont été loin de Ndjaména, mais elles étaient à l'est de la frontière du pays. Elles ne sont pas là-bas pour y rester, mais pour le temps de se réorganiser et repartir à l'attaque', menace le Tchadien.

Au demeurant que reprochent-ils à Idriss Déby ? ‘Nous lui reprochons d'empêcher toute alternance démocratique. Quand il n'y a pas d'alternance démocratique, qu'est-ce qui reste aux gens ? Ce sont les armes', répond M. Abbas.

Wal Fadjri