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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

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I










Invité d’Europe1 à l’émission « les chroniques de l’info » animée par Jean-Pierre Elkabbach, François Fillon promet « l'asile politique » à l'opposant tchadien Ngarlejy Yorongar. Le gouvernement tchadien avait officiellement qualifié de prisonniers de guerre les trois opposants kidnappés par la garde présidentielle de Deby à l’issue de l’attaque des forces de la résistance nationale.

Monsieur Fillon reconnaît que « la question qui est posée » à son pays, qui par ailleurs participe à la désolation du peuple tchadien en soutenant ouvertement la dictature de Deby, « est de savoir où sont passés les opposants qui ont disparu ».

Sur cette question, le peuple tchadien attend la mise sur pied d’une véritable commission d’enquête sous tutelle  de la communauté internationale pour élucider l’ensemble des crimes commis  pendant les 18 années de règne d’Idriss Deby. La famille de Bichara Digui, du Colonel Bachar, du Colonel Abderamane Youssouf, de Adil Ousmane, de Adam Ahmat, de Abbas Koty, de Issa Gourane, de Maldoum Bada Abbas, de Youssouf Togoïmi, de Abdramane Dadi, de Ahmat Lamine, du Maître Behedi, de Bisso Mamadou et de bien d’anonymes attendent que justice soit rendue sur la disparition de leurs proches.

Pendant l'attaque des forces  du MDD, le régime d’Idriss Deby avait aussi procédé avec les mêmes méthodes à l’arrestation de quelques notables originaires du Kanem. Lors de cette opération de chasse aux sorciers, le défunt Bisso Mamadou avait été assassiné à son domicile par la garde présidentielle de Deby. Visés par cette funeste opération, Messiers Lol Mahamat Choua et Seïtchi Abbas, tous deux originaires du Kanem, se sont échappés en se réfugiant à l’ambassade de France.

Eu égard aux crimes et disparitions politiques injustes, on est en droit de savoir où sont passés tous les opposants du régime de Deby et  pourquoi les personnes susmentionnées ont été liquidées. S’il est admis pour Fillon que Monsieur Sarkozy est courageux, il doit cesser de soutenir Idriss Deby qui est absolument insoutenable et indéfendable. Aller au Tchad et demander à un dictateur la création d’une telle commission d’enquête internationale est une désinvolture et une insulte grossière aux Tchadiens. Cela ne s’appelle aucunement une rupture mais plutôt du mépris pur et simple à l’endroit d’un peuple  endeuillé et qui n’a encore fini de vivre la désolation.

La France et l’Europe, deux acteurs majeurs dans les conflits tchadiens, feraient mieux d’écouter le peuple tchadien en le soutenant réellement dans une approche globale pour trouver les contions de la création d’un véritable Etat de droit qui garantirait le respect des libertés fondamentales : droits de l’Homme, libertés d’expression et de pensée, libertés syndicale et associative. La création de cet État de droit, c’est-à-dire un régime politique où le droit est respecté et où la puissance publique s’efforce de respecter ses fonctions régaliennes constitue la seule alternative.

Il est absolument illusoire de croire que l’accord du 13 août 2007 et la nomination annoncée d’une personnalité de la CPDC au poste de Premier ministre, au sens de la politique de spectacle, puissent permettre une gouvernance démocratique propice à la stabilité politique et sociale du pays. A ce sujet, il serait bon que les citoyens tchadiens s’interrogent sur l’utilité de certaines formations  politiques de l’intérieure en terme de progrès du supposé processus démocratique sur la base des recommandations de la conférence nationale souveraine. Car nous assistons aujourd’hui à deux réalités : la marginalisation et la fustigation des formations politiques se réclamant de l’opposition et la cooptation de bien des formations politiques par le parti au pouvoir. Les fonctions des partis politiques dans un Etat où les libertés fondamentales sont quasiment ignorées méritent d’être clarifiées. Les citoyens que nous sommes doivent avoir le courage de dire qu’il n’existe nullement un espace démocratique dans ce pays.

Il mérite de rappeler que le respect des droits de l’Homme, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et le népotisme, la participation de la société civile à toutes les questions sociétales, la promotion des genres,  constituent manifestement une préoccupation majeure de l’opposition en lutte contre la tyrannie d’Idriss Deby.

 Promouvoir des solutions durables pensées et proposées par des Tchadiens doit être le seul axe de travail du médiateur. L’Etat de droit réclamé par les Tchadiens ne se décrètent point et ne se résume guère par la participation d’une composante des formations politiques de l’intérieure à la gestion de la chose publique et n’est pas tributaire de la volonté d’une composante politique. Un Etat de droit  où les libertés fondamentales sont garanties se manifeste dans les conditions d’existence quotidienne des citoyens qui doivent pouvoir exercer effectivement leurs droits, remplir leurs devoirs et exiger des comptes aux pouvoirs publics.

 Adoum DJIBRINE HAROUN

Adoum54@hotmail.fr