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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

Pour les observateurs non avertis, le régime de Deby est une forteresse imprenable, qui a su déjouer des sérieuses tentatives de déstabilisation avec l'aide apparente de ses amis français et africains. Pourtant, les signes précurseurs de la fin de ce régime autocratique se multipliaient depuis plusieurs années.

En dix ans de pouvoir, l'ex-colonel de Bamina devenu président, n´a pas su s´adapter à la nouvelle donne de bonne gouvernence. Une gestion hautement personnalisée des questions politiques, économiques, militaires et administratives, l´a progressivement isolé : seule une minorité, composée de ses proches parents, eux-mêmes divisés en différentes factions, bénéficie du système.

L'ex-colonel n'a pas su non plus tirer les leçons du coup de force déjoué du FUC d´avril 2006. Infirmant les prétentions de « Président de la République » de Deby, cet épisode a marqué profondément la société tchadienne et a brisé le mythe d'invincibilité qui s'était construit autour du chef spirituel de l´ANT.

Pour autant, au lieu de répondre à des aspirations de changement de plus en plus étouffées, il choisit de renforcer son contrôle sur le pays. Les questions nationales sont excessivement personnalisées et l'on peut considérer que le moment de divorce avec la population tchadienne fut atteint lors de la modification de la constitution et de l'élection présidentielle de 2006.  Une modification qui a ainsi divisé le Tchad
entre un petit groupe partisan d´une fonction continue et une vaste majorité qui n'en peut plus d'espérer le changement. L'interlude démocratisant de la décennie 1990 n'est plus qu'un lointain souvenir. 
L'espace de débat qui, cahin-caha, avait vu le jour  s'est rétréci comme une peau de chagrin. Le processus consensuel s'effrite à la faveur du langage de force. De fait, les éléments actifs qui émergeaient au sein de la société civile et qui faisaient la promotion d'un discours constructif se sont trouvé noyé dans les remous d'une violence constitutionnelle.

Les arrestations surprises opérées dans les rangs de l'opposition ferment desormais les portes du dialogue. Le climat délétère des dix sept années de la présidence de l´ex- colonel de Bamina est maintenant connu. Ce qui l´est moins c´est le schisme interne de son pouvoir qui entache l'idéal du pays dont la devise nationale est « Unité, Travail,Progrès». La derive totalitaire de ce pouvoir est donc un fait mais mettre fin
à cette derive reste une épreuve pour les differentes forces de résistence.

M.Charafadine