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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

Coordination des Partis politiques

pour la Défense de la Constitution

                (CPDC)

                                                             N’Djamena, le 13 février 2008

 

 

                                                                         A

 

                     Son Excellence Monsieur Bernard KOUCHNER,

 

                      Ministre français des Affaires Etrangères,

 

-         Paris-

 

 

Objet : La crise politique au Tchad

 

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Depuis plusieurs années, la Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC) n’a de cesse sollicité les plus hautes autorités françaises pour qu’elles usent de leur influence afin d’aider les Tchadiens à retrouver le chemin de la paix, de la stabilité et du développement.

 

Exception faite de la réponse du Président Jacques CHIRAC au Président LOL MAHAMAT CHOUA appréciant positivement le « Mémorandum en vue d’une meilleure organisation des élections au Tchad », les autorités françaises ont constamment affiché une ligne de soutien inconditionnel et sans faille au régime en place tout en sachant ses options militaristes et ses dérives anti-démocratiques.

 

En dépit des dénégations officielles de circonstance, il est de notoriété publique que le Gouvernement français s’est impliqué dans la crise politique multidimensionnelle tchadienne en apportant tout son appui :

 

- militaire, outrepassant l’Accord de coopération militaire de 1976 qui stipule en son article 4 que les forces françaises ne doivent en « aucun cas participer à des opérations militaires de défense du territoire, de maintien de l’ordre ou du maintien de la légalité 
- diplomatique, enjoignant les pays africains amis de la France à aider un pouvoir en parfait déphasage avec son peuple d’une part, et en entraînant l’Union  européenne et le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour se donner un aval légal international d’autre part.

 

Une telle orientation peut conduire à l’enlisement dans la crise avec pour conséquences :

                                    

   - le délitement de l’Etat ;

 

  - le déni du Droit et de la Justice ;

 

 - la généralisation de la prédation ;

 
 - la confiscation des libertés publiques, les arrestations et les assassinats politiques extrajudiciaires, etc.toutes choses qui constituent par ailleurs une violation grave du consensus national issu de la Conférence Nationale Souveraine.

 

Aujourd’hui, le Tchad a un pied dans le précipice :

 

   - la rébellion loin d’être écrasée s’étend, après le Nord-Est et l’Est, de

  nombreuses régions du centre, du Sud-Est, etc.

 

 - les efforts des forces démocratiques et de la communauté internationale en vue de la relance du processus démocratique en passe d’être réduits à néant ;

 

 - la guerre au Darfour redouble d’intensité avec son cortège d’atrocités ;

- les crises humanitaires font tâche d’huile, atteignant des zones jusque-là  épargnées.

 

La France ne devrait pas contribuer à cette catastrophe à grande échelle. Elle ne peut pas non plus maintenir cette conduite politique génératrice de chaos sans hypothéquer son image et son amitié avec le peuple tchadien.

 

La France ne peut pas se proclamer avocate de l’Afrique et des peuples déshérités, tout en soutenant fermement une situation politique en déliquescence sans considération des droits humains élémentaires.

 

La France, pour être en phase avec sa politique d’amitié avec les peuples et de coopération avec les Etats, politique qui a permis de « sauver le soldat Déby », devrait :

 

1-    Obtenir la libération immédiate et inconditionnelle des Chefs des partis politiques kidnappés par la Garde présidentielle et détenus illégalement.

 

2-    Amener le Gouvernement tchadien de s’engager sans délai dans un processus de dialogue politique afin de définir des mécanismes consensuels susceptibles de restaurer l’Etat.

 

Les partis politiques membres de la CPDC réaffirment leur engagement à la recherche de la paix durable au Tchad et dans la sous région.

 

Ils réitèrent leur disponibilité à apporter leurs contributions déterminées à tous les efforts nationaux et internationaux pertinents.

 

Dans l’attente d’une prompte réaction nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de notre déférente considération.

 

 

 

                                                                 Le Porte parole Adjoint,

 

 

 

                                                          HAMIT MAHAMAT DAHALOB