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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

Après l’annonce avec fracas et tambour battant de la création d’un commandement militaire unifié des trois principaux mouvements de l’opposition politico-militaire à savoir l’UFDD de Mahamat Nouri, l’UFFD-Fondamentale de Abdalwahid Aboud et du RFC de Timane Erdimi, commandement dirigé par le colonel Fizani et secondé de deux adjoints, nous avons assisté à la reprise des hostilités et l’entrée triomphale des forces de résistance nationale dans la capitale tchadienne le samedi 02 février après une rude bataille à Massaguet et Djarmaya. 

Nous tenons à saluer cet acte héroïque et rendons hommage à tous les martyrs tombés sur-le-champ d’honneur tout comme les blessés, les disparus et ceux qui sont faits prisonniers sans toutefois oublier la population civile pour son courage et tous les dégâts et traumatismes qu’elle a subis. Plusieurs questions se posent quant au fonctionnement de ce commandement, sa marge de manœuvre, les moyens dont il dispose et quels sont les véritables rôles des trois principaux responsables ci-dessus cités. Ce sont autant des questions qui méritent des réponses pour apporter une clarification à tous ceux qui soutiennent les forces de résistance nationale et qui aspirent à un vrai changement mais pas une passation de service au sommet de l’Etat comme nous ont toujours habitué nos différents libérateurs. 

A notre avis, ce commandement militaire unifié n’est qu’une union de façade et nous n’avons jamais cessé de dénoncer cette mascarade depuis sa mise en place et l’échec aux portes du palais présidentiel vient de nous donner raison. D’aucuns nous ont accusé de faire le jeu du pouvoir en place en critiquant très tôt ce commandement mais loin de nous d’avoir une quelconque connivence avec le régime clanique, familial et corrompu du Général Présidant mais notre seul souci est de voir les forces de résistance nationale apporter un véritable changement à notre peuple qui aspire à la paix, au progrès et au développement à l’instar des autres peuples de la planète. Il faut placer la lutte dans un contexte national mais pas dans un cadre tribal et familial, et c’est l’impression que nous donnent les trois mouvements dits de « libération ». Et, comme ces trois mouvements sont constitués de part leur structure de manière tribale, nous sommes en droit de nous poser la question de savoir si le peuple tchadien peut attendre quelque chose de positif de la part de cette coalition hétéroclite et la formation de l’ex-FUC ne peut en aucun cas démentir nos propos. 

Cette unité qui avait été imposée par nos parrains nous avait montré ses limites et la preuve en est qu’elle avait été défaite aux portes de N’djaména pour la seule et simple qu’il n y avait aucune coordination entre les différents mouvements composant le FUC et nous venons d’assister une fois de plus à ce scénario catastrophique qui avait coûté la vie à une centaine de jeunes jetés dans la gueule du loup. L’autre question primordiale celle là, est de savoir pourquoi si cette union est sérieuse, elle n’est pas suivie d’un organe politique cohérent définissant les objectifs de la lutte et les actions à mener, une fois arrivées au pouvoir avec un programme politique et un projet de société bien définis. A défaut d’un programme politique et d’un projet de société, nous assistons à la nomination d’un fanfaron au poste de porte-parole des forces de résistance nationale, poste le plus important dans le cadre de la lutte du peuple tchadien pour expliquer à l’opinion nationale et internationale, les objectifs de notre lutte et ce que nous souhaiterions apporter à notre pays et à notre peuple martyrisé par 17 années de pouvoir mafieux et prédateur mis en place par ceux, qui aujourd’hui, prétendent le changer. Ils avaient contribué à la mise en place d’un système mafieux et corrompu où la notion de mérite n’existe pas et ne sont récompensés que les bouffons, les voleurs, les incompétents, les malfrats, les repris de justice, les délinquants et autres, ..


La nomination de Koulamallah comme porte-parole de l’opposition armée jette un discrédit sur l’ensemble des mouvements armés et cela prouve à suffisance que la lutte menée au nom de notre peuple n’est que du leurre et chacun cherche le pouvoir pour lui-même et pour son clan et sa famille mais en aucun cas pour le bien de tous et ce monsieur n’est pas crédible pour porter le flambeau de la lutte car ce  n’est rien d’autre qu’une taupe qui fait un travail formidable pour le compte de Déby comme son ami d’Alwihda un certain Ahmat Yacoub que le frère Tokinon Gong Alphonse avait dénoncé avec des preuves à l’appui. 

Pourtant, ce ne sont pas les cadres qui manquent au sein des forces de résistance nationale ou au niveau de la diaspora tchadienne qui lutte pour un vrai changement au Tchad. Il faut que Abdalwahid Aboud,  Mahamat Nouri et Timane Erdimi et tous les autres qui se proclament « libérateurs » comprennent une fois pour toutes que ce ne sont pas seulement les armes qui resolveront les problèmes de ce pays mais penser à associer dans cette lutte tous ceux qui oeuvrent selon les moyens dont ils disposent pour un Tchad démocratique avec des élections libres et transparentes et mettre « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Il faut associer ces tchadiens qui vous apportent leur soutien même s’ils ne sont pas des arabes, des goranes ou des zaghawas car au Tchad, il n y a pas que ces ethnies là et le Tchad est multiethnique, multiconfessionnel et multiculturel et c’est cette diversité qui fait notre richesse. Nous savons très bien que la nomination de M. Koulamallah ait été imposée par le RFC de Timane Erdimi et cette nomination a soulevé beaucoup des critiques au sein même des forces de résistance nationale tout comme dans le milieu de la diaspora tchadienne. 
Pendant l’offensive des forces de résistance nationale pour la conquête du pouvoir, nous avons assisté à un déficit de communication que ça soit au niveau du terrain comme du côté des représentations à l’extérieur et nous avons assisté à une pagaille indescriptible au niveau de Paris où chacun veut apparaître à la télévision française et se proclamer porte-parole ou représentant des rebelles et cela sans aucun mandat avec des contradictions des uns et des autres. Pour cela, pour qu’on nous prenne au sérieux, il faut qu’on y mette un peu de sérieux dans notre lutte et il est inconcevable de voir des enfants défiler à la télévision pour raconter des âneries mais nous tenons quand même à féliciter Mansour ABBAS pour ses différentes interventions et analyses mais pour le reste, il faut revoir la stratégie de communication pour les représentations à l’extérieur comme celle au niveau du front. Le porte-parole unique de la résistance nationale le sieur Koulamallah, à son entrée à N’djaména, au lieu de se consacrer à la communication et continuer d’informer l’opinion nationale et internationale sur l’après Déby et les intentions réelles de la coalition et ce qu’elle compte faire après la prise au pouvoir, au contraire, ce monsieur a continué à se balader à N’djaména de quartier en quartier pour faire les « samalecks » tout en oubliant la communication. Il n’est pas encore trop tard pour rectifier le tir car il y va de la crédibilité de notre lutte et des attentes de notre peuple. La lutte du peuple tchadien est très importante et sérieuse pour qu’elle soit accaparée par des opportunistes de tout bord et ces gens là, ont fait beaucoup de mal à ce pays et continuent d’en faire même étant dans l’opposition politico-militaire en imposant une personnalité douteuse comme porte-parole. Pour ce qui nous concerne, nous n’avons aucun problème particulier ni avec Koulamallah, ni avec le RFC moins encore avec Timane, Abdalwahid ou Nouri mais nous ne voulons pas que l’histoire se répéta et pour cela, nous ne sommes pas prêts à cautionner quelque chose que nous allions le regretter par la suite. Le seul mérite à mettre au crédit de Déby, c’est de nous avoir fait regretter très tôt Habré. Donc, nous ne voulons pas que nos futurs « libérateurs » nous fassent regretter le Général Président « Umberto ». 

Il est inconcevable de voir un organe militaire sans un organe politique et c’est ce qui a causé notre échec. Donc, il faut que les forces de résistance nationale revoit leur copie et proposer quelque chose de nouveau pour le pays et le peuple tchadien et si les intentions des uns et des autres sont pour un vrai changement alors il faut que Abdelwahid Aboud, Mahamat Nouri et Timane Erdimi doivent accepter de mettre sur pied un organe politique composé de 15 membres seulement, définissant un projet de société cohérent et qui sera dirigé par une personnalité indépendante comme Abakar Tolli, Acheikh Ibn Oumar ou Ali Gadaya dans lequel les trois principaux responsables des trois mouvements seront de conseillers. Il faut associer dans cet organe politique des personnalités de la diaspora tchadienne même si elles n’appartiennent à aucun des trois mouvements et c’est à ce prix là seulement qu’on pourra donner de la crédibilité à notre lutte et chacun se sentira concerner pour apporter sa contribution sinon ça sera un nième échec. Abdelwahid Aboud, Mahamat Nouri et Timane Erdimi rendront un grand service à ce pays s’ils acceptent de mettre l’intérêt de la nation et de notre peuple au-dessus de leur intérêt personnel et le peuple tchadien leur sera reconnaissant et saura les pardonner le moment venu car il est de nature tolérant de part ses traditions et ses mœurs mais il y a des lignes à ne pas franchir car si on explique l’inexplicable alors on excuse l’inexcusable.

 

Abou Zahra Al Mazloum

aradabiheir@yahoo.fr