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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

Les révélations parues dans La Croix de vendredi sur l’appui militaire apporté par la France à l’armée tchadienne au cours des affrontements des 1er, 2 et 3 février ont suscité une vague de réactions officielles courroucées, mais parfois confuses. « Cela n’a jamais été si clair. Jamais dans l’histoire des relations entre la France et l’Afrique il n’y a eu aussi peu d’intervention de la France dans une situation de crise précise », a affirmé vendredi 8 février Bernard Kouchner.

La dépêche de l’AFP citant les propos du chef de la diplomatie lors d’un déplacement qu’il effectuait en Mauritanie révèle toutefois sa confusion. « Nous ne nous sommes pas portés, avec nos forces spéciales, au secours du président Déby. Mais nous avons rempli scrupuleusement l’accord de coopération technique militaire qui enjoignait de ne pas participer physiquement aux combats », a poursuivi le ministre des affaires étrangères, avant de se reprendre : « qui enjoignait rien du tout, qui ne mentionnait pas qu’on devait participer, ce n’était pas un accord de défense. C’est très clair. C’est ce que nous avons fait. »

Du côté de l’état-major le démenti a été formel : « Aucun soldat français ni aucune force spéciale n’ont été engagés en appui ou en opposition de qui que ce soit, a affirmé le général Christian Baptiste, porte-parole adjoint du ministère de la défense. Les soldats français ont en revanche mené des opérations de protection et d’extraction de ressortissants français et de la communauté internationale, et ont facilité le départ par avion militaire pour ceux qui le souhaitaient. »

 

Un soutien négocié directement entre présidents

Les démentis officiels français semblent avoir convaincu, au moins provisoirement, les États européens devant participer à la force européenne au Tchad, l’Eufor. Réunis vendredi à Bruxelles, les ambassadeurs des Vingt-Sept ont annoncé une relance du déploiement « dès le début de la semaine » qui s’ouvre lundi 11 février. Cette apparente unanimité masque mal les doutes quant à l’impartialité de la France dans le dossier tchadien.

« Si l’un des pays membres de l’Eufor prenait activement part aux combats en mettant des troupes à la disposition d’une des parties, l’UE devrait reconsidérer l’engagement de l’Eufor », avait prévenu, jeudi soir, le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer, tout en soulignant que la France « a assuré qu’elle n’interviendrait pas militairement et n’est donc pas partie prenante à ce conflit ». Les représentants des États membres doivent à nouveau se concerter mardi à Bruxelles.

La Croix précise que le soutien militaire apporté par la France à Idriss Déby a été négocié directement entre ce dernier et Nicolas Sarkozy, très probablement à l’insu de Bernard Kouchner. Sa mise en œuvre a été coordonnée par l’état-major des armées, l’état-major particulier du président de la République et la mission de coopération militaire et de défense de l’ambassade de France à N’Djamena. Cet appui était distinct de l’opération Épervier (déployée au Tchad depuis 1986 et forte de 1 200 hommes), bien que celle-ci compte parmi ses missions le soutien à l’armée nationale tchadienne.

Un commandement en "boucle courte"

« Quand ça a mal tourné, il a fallu réagir très vite, explique un officier proche du dossier, sous le couvert de l’anonymat. À partir du moment où Idriss Déby refusait d’être exfiltré, on a été contraints d’aller au maximum de la coopération. Dès le moment qu’il s’accrochait, on n’avait pas le choix. D’où la mise en place d’un commandement en “boucle courte”. » Selon cette source, des officiers du commandement des opérations spéciales (COS) ont bien « coordonné » la contre-offensive de l’armée tchadienne.

Sur le terrain, des soldats français « ont tiré pour tuer », affirme une autre source militaire, qui ajoute : « Quand des membres du COS ouvrent le feu, ce n’est pas pour effrayer les pigeons. » Selon nos sources, plusieurs facteurs expliqueraient ce soutien, qui se voulait plus discret que les habituelles implications militaires françaises en période de crise au Tchad : crainte de l’installation à N’Djamena d’un gouvernement sous influence islamiste ou simplement susceptible de mettre en cause les intérêts occidentaux au Tchad, à commencer par l’implantation militaire française ; manque d’« alternative » au président en place…

Sur le terrain, quarante-huit heures après avoir instauré un couvre-feu à N’Djamena ainsi que dans le centre et l’est du pays, le gouvernement tchadien a allégé samedi 9 février cette mesure dans la capitale, entièrement contrôlée par l’armée et où la vie reprend un cours presque normal. Pendant ce temps, loin d’avoir regagné leurs bases arrière du Darfour, les rebelles tiennent la ville de Mongo, dans le centre du Tchad. Ils auraient reçu le renfort d’une colonne en provenance de l’Est.

Plus de 200 véhicules pick-up leur appartenant ont été repérés à Mongo et dans les environs. Ils semblaient hier faire route vers le sud. Selon une source militaire, une colonne de l’armée nationale tchadienne (ANT) a quitté vendredi la capitale en direction de l’est.

 

Laurent d'Ersu


 

 

 Juliette AbandoKwe

Citoyenne centrafricaine 

Contre les abus criminels de pouvoir 

Pour une Afrique souveraine

et véritablement indépendante

 

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