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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Makaila

Par Alistair Thomson et Moumine Ngarmbassa

 

N'DJAMENA (Reuters) - L'inquiétude grandit au Tchad quant au sort réservé à plusieurs dirigeants d'opposition arrêtés une semaine plus tôt lors de l'échec de l'attaque rebelle sur N'Djamena.

 

Ces adversaires politiques du président Idriss Déby, dont l'ancien chef de l'Etat Lol Mahamat Choua, ont été interpellés dimanche dernier à leurs domiciles par des hommes armés en tenue militaire.

 

"Nous n'avons pas de nouvelles. Nous n'arrivons pas à savoir où ils sont, ni même s'ils sont en vie", a déclaré à Reuters Mahamat Allahou Taher, porte-parole du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) de Lol.

 

Lol, un parlementaire qui avait dirigé à la fin des années 1970 un gouvernement de transition, souffre d'hypertension, un mal que la détention pourrait aggraver, et de problèmes de vue après une opération de la cataracte, a précisé Taher.

"Ce n'est pas un homme de guerre", a-t-il souligné.

 

L'opposition politique tchadienne est traditionnellement bruyante mais faible par rapport aux chefs militaires qui se sont succédé au pouvoir à N'Djamena. Elle incarne néanmoins les espoirs de démocratisation du pays.

 

Pour le moment, aucune inculpation n'a été prononcée contre les opposants arrêtés, parmi lesquels figurent aussi deux autres députés, Ngarlegy Yorongar, rival malheureux de Déby à la présidentielle de 2001, et l'ancien colonel "sudiste" Abdelkader Wadal Kamougué.

Ibni Oumar Mahamat Saleh, qui dirige une coalition de partis qui s'étaient opposés en 2006 à une réforme constitutionnelle autorisant Déby à briguer un troisième mandat, a également été arrêté.

 

"JE NE M'OCCUPE PAS DE CES DETAILS"

 

Interrogé sur le sort de ses opposants, Déby, arrivé au pouvoir en 1990 à la faveur d'une raid contre N'Djamena lancé à partir de l'est du pays, a répondu: "Moi je suis sur le terrain pour sauver le pays, mais je ne m'occupe pas de ces détails."

L'Assemblée nationale tchadienne, dont le siège a été endommagé par les combats du week-end dernier et les pillages qui ont suivi, a débattu vendredi du sort de ses élus disparus.

 

"Nous avons demandé de rencontrer le gouvernement pour une explication", a déclaré Gamar Sileck, premier vice-président de l'Assemblée et membre du Mouvement patriotique de salut (MPS) de Déby, le parti dominant.

 

"Nous n'avons aucune idée de leurs conditions de détention, nous n'avons aucune idée de là où ils sont. Autant que l'on sache, le Comité international de la Croix-Rouge ne les a pas vus. C'est très inquiétant", a déclaré Reed Brody, de Human Rights Watch.

 

Selon Brody, de nombreux Tchadiens, dont des militants des droits de l'homme en vue, sont passés dans la clandestinité depuis que ces arrestations ont été opérées, de peur d'être à leur tour interpelés.

 

Emmanuel Saleh, le chauffeur de Ngarlegy Yorongar, a raconté que huit hommes en uniformes et chèches kaki étaient venus chercher le parlementaire et l'ont emmené en le traînant par le col. Des témoins de l'arrestation de Lol ont fait un récit analogue.

 

"On a tous peur parce que c'est la douzième fois qu'il a été arrêté et, chaque fois, il a été torturé", a confié le neveu de Yorongar, Mathurin Madjitoloum Mouga N'Dotar.

 

Version française Marc Delteil


 

 

 

 

Juliette AbandoKwe

Citoyenne centrafricaine 

Contre les abus criminels de pouvoir 

Pour une Afrique souveraine

et véritablement indépendante

 

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